Voici un nouveau vidéo-poème en collaboration avec le compositeur Benjamin Aït-Ali, sur un extrait de la pièce Iter Laternis. C’est la seconde fois, après Ce que la terre dit. Un peu kafkaïen, un peu lynchien… Bon visionnage !
Catégorie : poésie
Du nouveau dans le Jeudi des mots
Il s’agit cette fin d’année dans le Jeudi des mots d’aborder le corps du poète, depuis le corps des mots, où comment dans le corps nous vient la poésie, quel instant de douleur ou de plaisir, quel instant de grâce ? J’apporte mon grain de sel avec une photographie « arrangée » et un poème.






Point médian

les mots reculent brefs
nous (re)coiffent
au poteau
raie sur le côté
du · médian
semble équipage sauvage
ébouriffé
signe comme lettre en supplément
est os à un chien
sans garantie de morsure
s battant quartiers comme campagne
de fustigation
enfumés nous sommes
de ne plus savoir manier
la langue va trop vite pour nous
disent-ils
comment la rattraper
sans s’essouffler
Perle Vallens
Trajet habituel

Rédigé d’après Danielle Collobert
Ciné-poème 39 : la magie est partout
Un peu de magie, comme une embellie, avec Tim Burton en guest star, sur un extrait de Sleepy Hollow, c’est le ciné-pomèe 39 : la magie est partout.
La terre tremble

Ecoutez
C’est la terre
qui tremble et craque
C’est l’écorce terrestre
qui rompt se morcelle se détache
C’est la carcasse décentrée folle
qui s’ébranle et s’engouffre
C’est la masse considérable
qui s’éventre brusquement arrachée à elle-même
par on ne sait quelle force centrifuge
C’est l’effondrement de falaises infranchissables
qui se brisent sous leur propre poids
C’est la partie centrale des glaciers
qui se fracture leur fonte progressive
où le sérac s’écroule
C’est le fracas des corps solides
qui s’entrechoquent
corps devenus mous sans forme
devenus flottement dans l’onde disloquée du monde
C’est l’abîme insalubre d’ombres instables
qui dévore et avale toute chose
C’est l’éclat rauque et métallique
qui foudroie la peau grasse et douce et souple de la terre ensanglantée
C’est la chair vive défaite ravalée au rang de cadavre
qui nourrit la terre et s’en nourrit
C’est la trace des blessures la couche crevassée
qui découpe cicatrices le long des fissures
tant de membres amputés qui finissent par repousser
au rythme d’une course comme une prière
que rien ne parvient à terrasser
Perle Vallens
Lucioles

j’avais des lucioles dans mes os
luisants
des ouvertures sans charnières
dans les jambes
des mains me poussaient partout
puis d’épuisement
mes yeux sont tombés blancs
de mon visage dépressurisé
d’habitude je les ramasse
je les recouds comme le sourire
rembobiné
pour mieux enregistrer les messages
à lire sur les lèvres à l’aveugle
à l’ouverture le cil n‘avait toujours pas
de réponse à donner
Perle Vallens
Patchée

ta bouche
patch sur ma bouche
effet placebo
ou giclée de vie brute
mes lèvres se couchent en travers
chienne d’ivresse
la chaleur se chante
le fourmillement gagne le torse
par la trachée
mon corps se rappe sur ton tempo
c’est la rythmique qui fait la durée
(dure ou douce)
sur mes doigts je dompte
heat parade
décompte selon directives
selon dérives
organes indigènes ou corps
étranger
Perle Vallens
Ciné-poème 38 : Etincellement
Ce nouveau ciné-poème a été réalisé sur un extrait de L’enfer, film inachevé de Henri-Georges Clouzot, c’est également un hommage à Romy Schneider.
Il y a des yeux


(atelier prose & blancs avec Paul Valet)