Naïade est un montage photographique devenu vidéo-poème, réalisé à partir de photographies d’un shooting déjà ancien avec Lara/FlosVoluptasdesbois, et de vidéos encore plus anciennes de lumières sur un plan d’eau à proximité de chez moi.
Catégorie : poésie
Acharnement thérapeutique

j’entretiens des relations
anonymes sous couvert d’identité difficile
à conjuguer
calquée sur leurs noms factices
tous mes prétextes sont bons pour entretenir
un irréel de compétition
jusqu’à la nausée
jusqu’à vider ma bouche trop pleine de théories
qui alimentent les rumeurs
d’évasions humorales
je flanche sur des épaules
mal consolidées
je vais en voies d’acharnement thérapeutique
eux déchantent d’avoir conquis trop vite
leur droit du sol
ces maladies du cœur mal soignées
Perle Vallens
Un photo-poème des Rencontres de la Velouse
Voici l’un des photo-poèmes d’une série de 5, qui seront présentés lors des Rencontres estivales de la Velouse à Charly (aux côtés de deux autres séries de photo-poèmes, de deux poèmes graphiques et de quatre vidéo-poèmes). Si vous êtes dans le Cher en août, passez-y !

Bruits blancs

ce tralala de bruits blancs
de faux cris de vrais effets spéciaux
garantis 100% percussion
oubli progressif du corps
un peu de rouge sur la pellicule
un peu marbrée le temps de perdre
la notion de
le temps de perdre son temps
le scénario ne se renouvelle pas
ce qui se loge dans le ventre
se laisse distancer balancelle
où mes feuillages florissants
mes froufrous de peau
les seules prisons choisies
se frottent à la hanche
ce qui pointe de fruit
rien de défendu ou tout
je me déchire en deux mais rien
ne me remplit
Perle Vallens
Ciné-poème 31 : noyade recommandée
Assez court, ce nouveau ciné-poème, noyade recommandée, sur un extrait du film de Krzysztof Kieślowski, Trois couleurs : bleu. Bonne séance !
Rencontres Estivales de la Velouse/festival Charly


Les Rencontres Estivales de la Velouse se dérouleront du 18 au 20 août 2023 à Charly (Cher). Trois jours de performances, scènes ouvertes, siestes poétiques, ateliers… autour de la musique, la danse, le théâtre, la poésie, la photographie…
Y seront exposées plusieurs oeuvres à partir du 10 août en extérieur et dans une éphémère maison de la poésie en partenariat avec La Péninsule – maison de la poésie du Cotentin.
Je n’y serai pas physiquement mais y seront présentés plusieurs de mes vidéo-poèmes, photo-poèmes/poèmes graphiques, aux côtés d’artistes, poétesses et performeuses : Maud Thiria, Hortense Raynal, Guylaine Monnier, Milène Tournier, Corinne Le Lepvrier, Elisa Darnal, Adeline Miermont-Giustinati et Lo Moulis.
Tuberculée

quelque chose a germé
et je
effilochée en filaments
ne sais pas comment ce tubercule
s’est ramifié en profondeur
en tranchées longues
enracinées
truc moche tiraille chair
que je ne peux arracher
personne ne nous dit que l’amour
est un alien
Perle Vallens
Ciné-poème 30 : à travers les ombres
C’est déjà le trentième ciné-poème et c’est sur un extrait de la Belle et la Bête de Jean Cocteau que je vous présente à travers les ombres.
Peau froissée

Une foule

Sur les talus, dans les prairies, il y a un enchevêtrement végétal qui s’enracine, s’agrandit, conquiert. Dans le vert il y a foule.
Celle qui envahit terrains vagues et bord de route, là où le sol se donne trop de peine et s’épuise.
Celle qui rampe, se ramifie, rhizome n’est pas poison pour révéler la gravité d’une terre trop limoneuse.
Celle qui vole, ses aigrettes parsemée par champs, s’essaime et se reproduit plus vite que le vent qui les entraîne.
Celle qui se plante épineuse dans la pulpe du doigt mais inflorescences bleutées, capitules et ombelles, disséminent ses charmes à grande distance.
Celle qui court par stolons rases campagnes illuminées de son or.
Celle qui se propage, ligneuse, vigueur de jeunes plantules jaillissantes, aiguillonnent acérées les chairs griffées rougies de leur sang et du jus de son fruit d’été.
Celle qui lancéolée, ses feuilles en rosettes, disperse ses graines aux oiseaux, et son mucilage dans les gorges.
Celle qui se hisse à l’assaut, grimpante assidue, ses attraits rosés et mellifères.
Celle qui, ses feuilles basales, pétiolées, sa progression pionnière en bordure des fossés, assure la procure de la glèbe.
Celle qui goûte les friches, fructifie de cœurs renversés ou petites bourses de qualité hémostatique.
Celle qui éclate ses capsules, se disperse en sous-bois, son port tapissant s’ombrageant, rougeâtre, et sa saveur, sure.
Celle qui s’étale, s’enfourrage, le sort garanti au nombre de folioles, dentées, la morsure du destin pour capturer la bonne fortune.
Perle Vallens