Un peu plus long, ce ciné-poème n°27 sur un extrait du film de Stanley Kubrick, 2001 l’odyssée de l’espace, existenciel voire métaphysique. Je vous en souhaite un bon visionnage !
Catégorie : poésie
Permaculture

flancs familiers
à ma bouche famélique
d’un choc amical à l’aine
j’encaisse
oblongue la caresse
oblitère en fermeture m’obstrue
mon ventre est une permaculture
qui requiert son comptant d’eaux
Perle Vallens
Lectures de la revue Dissonances à l’Ours et la vieille grille (Paris)
Le lancement du dernier numéro de la revue Dissonances aura lieu le vendredi 16 juin à 19h30 en présence de Jean-Marc Flapp, son directeur, et Kader Benamer qui a illustré ce numéro. Y seront données lectures de la part des auteurs et autrices des Silences qui composent la revue, et je lirai Rien (à dire).
L’événement aura lieu à l’Ours et la vieille grille, librairie & bar, 9 rue Larrey à Paris (tout près de la Grande Mosquée).


Ciné-poème 26 : la lumière est une chance
Le court ciné-poème du jour intitulé la lumière est une chance est composé sur un extrait (de la scène finale) de Léon de Luc Besson. Et sur l’introduction musicale d’une chanson de Sting.
Beurre noir

ne réponds pas à la nostalgie
ce qui coule à pic
ou ce qui cogne
ce beurre noir mal cuisiné
façon crème de beauté
façon contour de l’œil
tu touilles tes souvenirs
par habitude
ça racle bec et ongles
toujours vivaces
à l’arrachage
Perle Vallens
Je tombe comme

Je tombe
- comme la plume ses va-et-vient ses balancements ses oscillations dans le vent sa grâce sa légèreté en bascule finale posée au sol
- comme la feuille son décroché son arrachement à la branche son passage des saisons dans la soif brûlée asséchée nue
- comme la pierre lourde d’elle-même grise apesanteur rendue à la terre inerte mais solide encore
- comme la pluie de fine à drue ses hallebardes ses lames coupantes glaciales herbes hachées pétales déchiquetés ce qu’il en reste de la charpie
- comme la tête dure à l’endormissement mais endormie tout de même à l’arrière de la voiture son hochement qui n’en est pas un et sa retombée brutale qu’on dirait décapitée
- comme l’enfant son genou heurté sanguinolent ses pleurs que rien ne semble calmer pas même le bisou qui soigne mais un coup de mercurochrome un leurre une guérison immédiate pour de faux
- comme le cheval qui chute et c’est comme déchoir de son galop natal quand il se redresse avec peine sur ses jambes fébriles frêles si fines que l’on pense qu’il va chuter à nouveau
- comme l’ascenseur sa descente douce au départ 3ème sous-sol celui du parking sombre mais celui du film d’horreur lâché d’en haut d’une tour dont les câbles ont cédé que rien ne peut retenir que celui du secours celui de la prière
- comme l’oisillon qui s’écrase sa chute du nid alors qu’il pensait déjà savoir voler à qui sa mère avait appris ce qu’il faut pour battre des ailes se maintenir avancer dans la vie
- comme le couperet de la parole définitive refusant l’échappatoire sa fin de non recevoir tout aussi irrévocable que celui du silence imposé
- comme un cheveu sur la soupe même pas coupé en quatre mais trop long pour ne pas se sentir de trop pas à ma place unique cheveu sur un crâne glabre
- comme on tombe sur un os et parfois tout un squelette peut-être même le sien
Grandes dents

dents poreuses d’avoir trop mordu
canines requineraient bien encore
grand blanc pleine bouche
jugulaire à usage unique
animal à sang chaud
un charnier entre les molaires
Perle Vallens
Karen Cayrat a lu ceux qui m’aiment pour Pro/p(r)ose
Pro/p(r)ose est une revue littéraire en ligne qui paraît tous les deux mois, le dernier dimanche, et diffuse interviews, recensions d’ouvrages, créations… Y avait déjà été publiés quelques poèmes en novembre 2021.


Sa créatrice, Karen Cayrat, a lu ceux qui m’aiment dans le numéro de mai 2023 mis en ligne hier et en fait un joli retour, une fine observation de ce premier recueil édité chez Tarmac qui fait d’ailleurs l’objet d’un article et une interview de Jean-Claude Goiri, l’éditeur. Est également incluse l’écoute d’un extrait audio sur soundcloud.
Merci beaucoup à Karen pour ce qu’elle écrit, au-delà de la recension de ceux qui m’aiment. Je suis très touchée.



Oeil fermé

ce qui glapit me ressemble
ce qui sort de ma gorge
comme piaillement
l’œil se ferme pour me taire
Perle Vallens
Rien (à dire) dans la revue Dissonances
La revue Dissonances #44 vient de paraître. Je suis heureuse et fière de voir le poème Rien (à dire) dans ce nouveau numéro sur le thème Silences. Vous pouvez le trouver sur le site de la revue ou dans l’une des librairies listées, et notamment à la librairie Orange bleue.


