écriture·Mater Atelier·photo couleur·poésie

Caresse d’écorce

Photo Prax lou – Modèle Perle Vallens

Là, ce qui siffle c’est lui déjà
sous le vent
ce qui craque sous les pas
l’aiguille par le chas de mes poumons
et sa voix ventriloque par mes lèvres
j’aspire le même air
l’arbre sa lente oraison
son appel à renaissance
feuillaison de jeunes pousses
je sais du vert fluo sa force
sa fraîcheur accrochée au limbe foliaire
l’éparse anatomie la vivace au ciel
aère ma boîte crânienne
à ma main accrochée sa chamade
l’écorce bat dans son crissement
éreinté de centenaire
parle son langage muet des pinèdes
que je bois comme le mot premier
adossé à ma bouche
vers lui j’avance et je me colle
ma source ventre à terre
meuble de ses racines longues
leur lente progression souterraine
sinueux d’insectes et de rampants
par ses interstices la sève
la saveur de résine me bascule
à ma tête enfouie la sienne envolée
hisse toujours plus haut
le tronc à la caresse
sa persistance
ma refloraison
Perle Vallens

Actualité·écoute audio·Mange tes mots·poésie·podcast·prose

Un peu de verdure dans Mange tes mots

Ce soir s’écoute un nouve épisode de Mange tes mots, le podcast poétique, sur un extrait de l’iranienne Forough Farrokhzad « Je plante mes mains dans le jardin/Et je sais, je sais, je sais, je vais verdir ». Un peu de verdure donc dans les mots qui y seront distillés et dans les miens, puisque tel est le titre du texte que vous pourrez entendre. Rendez-vous à 18h00 et bonne écoute !

photo couleur·poésie

Fondu au noir

la nuit sécable
en strates étage
au corps
son vestibule trop long
d’ogresse  
la nuit ramasse-étoiles 
fondue ralentie s’efface
sa pellicule à prise rapide figée
dans son noir 
se dévide vertébrale
la nuit poids mort
de caresse molle
son pesant d’or son silence lourd
sur mes paupières
la nuit sa matière sèche
sa densité ses profondeurs
ce déplacement d’air
d’obscurité
ce trou noir qui nous aspire
tombée dedans
comme lorsque j’étais
petite
Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·avatar·poésie·prose

pixelisée

Je me télécharge. Trois fois je me lis dans le métavers.  Le scintillement est lumière bleue, clignote, murmure. Ici la paupière s’azure et se fripe. Le clavier chasse ses codes, le rayonnement au bout des doigts s’évapore, l’ongle s’incarne. C’est un rappel à l’ordre. Elle émet des signaux. Je reste à bonne distance de mon avatar. Il pleure non stop. Il ne s’y retrouve pas. Elle m’a perdue. Le réel s’est dissout, il a coulé à pic. Il a plu sans discontinuer dans cette poche d’air qui pulse. Il cherche et fouille à la recherche d’une vérité, d’une identité véritable. Il ploie. Il s’est égaré une fois de plus. Nous sommes à la merci et nous ne disons rien. Nous ne savons plus si nous existons vraiment. Au-delà est la vie.

Perle Vallens