Frotte l’air, aigrette comme élytre, froissée sa force de fin de saison, pétales grippés, secs, écrasés de vent, une craie bercée ou un fusain, un bruissement de fanaison.
Perle Vallens
Illustration :John Singer Sargent, Dans les oliviers à Capri, détail (exposition actuellement au musée d’Orsay)
des rives d’une pluie intacte non encore coulée mimer le bruit des vagues et celui d’avant l’orage sons lourds passent lentement de l’air à la menace le souffle danse sa valse au fond du ventre nourrir le vide en attendant le battage du tonnerre le cœur tambourine par avance la rage est un mot impossible à prononcer la bouche ouverte chercher un autre langage dans l’espace entre le silence et l’oubli elle s’essaie à l’absence le doigt sur la gâchette de l’infiniment pour se donner une contenance l’eau roule sa sueur jusque dans ses mains elle se laissera chavirer par la pluie
Ce nouveau vidéo-poème est né d’une rencontre à Arles avec la photographeFlorence Moniquet et en particulier une de ses photograhies qui m’a propulsée dans l’univers durassien. Avec mon amour pour Marguerite Duras, voici un montage en hommage à l’autrice, son amour pour la mer, personnage récurrent de son oeuvre textuelle et cinématographique. Avec aussi en écho une pièce écrite dans le cadre de sa thèse de recherche-création par Camille Protar, doctorante à l’université d’Avignon.
Le vidéo-poème associe une de mes captations vidéos en mer Méditerrannée (et une photo de la lune au début), un texte écrit et mis en voix, des extraits audio (cut up son) de Marguerite Duras et une photographie de Florence Moniquet. Bon visionnage !
le corps en transit au fond d’une voix blanche mate aphonie d’une cellulose sans acide ventre enfermé dans voix fantôme qui m’enfile comme un gant la voix est une surface sans vide elle ne m’endommagera pas elle me mangera me gobera tout rond
Perle Vallens
Micro vidéo sur un court texte (et autoportrait/génération d’ondes sonores) dit par une voix synthétique et non la mienne. Partagé sur instagram pour les 100 jours d’écriture (jour 95)
parcourir la distance de là le verger à reculons les branches tordues sèches cassées qu’on devra égaliser à la cerne de l’arbre reconnaître défi cience la morsure pas la sienne l’appauvrissement de mes vieillards secs en étancher la soif repousser l’échéance d’un prochain coup de soleil hydrater par l’eau de pluie acide quand bien même creuse l’écor ce fragilisée un serment prononcé m’engage d’une promesse faite sur le vert sur le vif les mots à ren flouer je sais la repousse lente l’entêtement à vivre jusqu’à la feuille tendre Perle Vallens
Possession est un texte écrit et mis en voix/son intialement pour Mange tes mots sur la thématique « monstre intérieur » et d’après une de Ronelda Kamfer « je donne des petits noms à mes démons et je les traite bien ». Une partie du texte (sans le « design sonore ») a été utilisée sur le dernier ciné-poème.
Le pas vers l’apesanteur en guise de joie intarissable pour tatouer le principe de consolation sur la peau
d’abord la défriper frapper du sceau d’une jeunesse aussi éternelle qu’improbable
je triche donc je suis avec moi-même ma meilleure ennemie qu’importe la force illégitime du fleuve nommé désir ou son absence
le souffle persiste au-delà du sourire esquisse l’esquive de la mort d’un signe qui s’apparente à l’amour la façon la moins mièvre mais la plus provisoire de nous maintenir en vie
Dans le cadre de l’exposition « Sous les pavés les arbres » organisé par le collectif foehn, j’aurais le plaisir d’exposer un poème, visible durant la durée de l’exposition du 12 septembre au 31 octobre 2025 au centre Wangari à Paris. Le 12 septembre, durant le vernissage, quelques textes seront lus (je ne pourrai malheureusement pas y être).
Fœhn est un collectif d’écopoésie fondé en 2024 par les poètes.ses Dorsène (Vroum), Florian Bardou (Lunatique), Selim-a Atallah Chettaoui (10 pages au carré, La contre allée) et l’artiste visuelle Zohra Mrad. Leurs activités se déclinent sous deux formes : d’une part une micro-revue imprimée d’une vingtaine de pages et de l’autre, des événements pluridisciplinaires, mêlant arts, poésie et sciences humaines et sociales, qui en sont le prolongement performé. Ils envisagent leur activité événementielle, au-delà de la poésie, comme un dispositif d’art social permettant de créer des espaces de création, de rencontres et de transmission autour des thématiques écologiques, dans une démarche intersectionnelle.