atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·poésie

Eclaboussée

je me dirige à la baguette
je ne me passe rien
posture droite rigide du corps
et de l’âme verticalité
impeccable
je parque tout un troupeau
au garde-à-vous
dans mon ventre
toute vie contenue
rien ne dépasse
le vent souffle à travers sans rien déranger

il ne manquerait plus que ça
une tempête un tsunami
qui gronderait tout au fond
qui organiserait sa propre fronde
se lève descend en toi – même –
brise les ponants supprime le nord
ce grand désordre ourdi
cet affolement dans les flux
dans le flot qui jaillit
tout t’échappe tu ne gagnes plus rien
à empêcher

je me laisse ravager submergée par
quelque chose que je ne connais pas
la vague peut-être
de la vie
déferle devenue typhon
là où j’étouffais
mes poumons explosent
d’un rire inconnu
dans le gras du corps
un ras-de-marée
abrase l’horizon
et lance une lumière
douce elle coule
à mes pieds
je suis inondée
je patauge dans la joie
éclaboussée
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

Lierre

Je ne confonds pas vitesse et précipitation
la végétation me mange des poux sur la tête
je me laisser envahir par le lierre
qui oblitère mes joues joyeuses et fraîches
mes joues de matin mal rasé
je me laisse envahir par l’étrangeté de la situation
par le jeu des plantes qui ne se lasse jamais
de grimper leur libre circulation
ruissellement par le bas de celles herbacées
qui veulent bien de moi parmi elles
belle fleur ou semi fanée
et cette voix de sémaphore
haute dans ma nuit
©Perle Vallens

photo couleur·poésie

Geste ou non geste

Je suis la seule jauge
de mes bons et mauvais jugements
là où se loge et se déloge la part du feu
retranchée dans la partie la plus fine
la plus effilée d’une imagerie
sans réelle origine sans conformité
avec ce que l’on attend des autres
ou ce que les autres attendent de nous

la réponse adéquate n’existe pas
on élimine ce qui gêne de façon
plus ou moins radicale
on justifie ses gestes ou ses absences de gestes
on déroge à nos règles de non imposition des mains
on digère mal ses échecs
on finirait par faire place nette
de toutes nos utopies

l’esprit se cogne tôt ou tard au corps
à ses frontières illusoires
la porosité de la peau sa perméabilité
on sait où l’essentiel traverse
sans regarder
on sait ce qu’on risque alors
l’accident bête
comme un juste retour des choses
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

Petite

je suis petite par nature
l’armure creusée dans la roche
dure et tendre de l’amour
trouvé sous le pas anthracite
sous la pression du pouce
sa pulpe jaunie de chaleur
sur mon visage mâché
Je suis une petite nature
une prise au vent brise ténue
prise par devant par surprise
comme soulevée de terre
de très forte amplitude
au ciel promise repliée
sur elle-même la petite
que parsème poudreuse la lumière
ivre sa poussière s’étincelle
grain à grain ses arguments
valent certains discours
fluides folâtres sur moi flottent
leur souffle me couronne
ceinturée au millimètre
soudainement reine
©Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·poésie

Ecoute

Ecoute
Ecoute ce que le ciel convoie
Ecoute ce que le vent te veut
Ce que tu n’entends pas de prime abord
Ce que tu devines dans l’obscurité
dans l’opacité du langage
dans le silence qui oblitère
Ecoute ce que tu ne sais toi-même
prononcer
Ecoute ce qui devrait te guider
Ecoute comment te conduire
à destination
là où les traces retentissent à l’oreille
où les pluies laissent un sillage
au cœur de ta sécheresse
là où tu te laisseras grappiller le cœur
Ecoute si tu n’es pas sourd aux extensions
musicales de l’inaudible
si tu te laisses bercer par la dimension
fleuve du silence
Ecoute car c’est dans le mystère des choses
que tu te trouveras toi-même
©Perle Vallens

Actualité·écoute audio·Mange tes mots·poésie·podcast

De la couleur dans Mange tes mots

Ce dimanche, il est question de couleurs sur le 12ème épisode du podcast poétique Mange tes mots. Partant de la citation de Maya Angelou « Essaie d’être un arc-en-ciel dans le nuage de quelqu’un », nous serons comme chaque fois entre 20 et 30 à évoquer en poésie/écriture slamée ce que nous inspire cet extrait. J’y dirai un poème organique intitulé un arc-en-ciel dans le fond de l’oeil.
Bonne écoute !

photo couleur·poésie

Bestioles

exposition transitoire du vivant
là où bestioles visibles à l’œil nu
leurs organes au stéthoscope
vague air humain sous l’animal
ou belles plantes manucurées
vivaces avant la floraison

la saison prochaine échappe
à tout contrôle des saillies
un taux de natalité
oscillant autour de zéro
un drôle de z et deux o
une façon compulsive d’avaler ses proies
de se dévorer les entrailles

on raye la valeur ajoutée du nom
se remplace par cet énième cryptonyme 
un pseudo augmenté de sa chair 
pleine viande dans ses parenthèses
on sait ce désir qui s’agite en surface
qui fermente par énigme ou par miracle
forme ses bulles à seule fin d’explosion

aucun capteur ne suffit à mesurer 
la précision aigue ce vers quoi se tend
l’arc du corps
aucun calibre n’atteint aussi bien sa cible
que l’intensité de l’intention
la chasse est déjà ouverte
©Perle Vallens