
définir l’heure à laquelle
survient le premier miracle
le zigzag en lisière du jour
ce que le soleil entaille
brutalement
de nuit charbonneuse
éraflée rasée de près
par les premiers rayons
avant balayage des lignes
du désir
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

définir l’heure à laquelle
survient le premier miracle
le zigzag en lisière du jour
ce que le soleil entaille
brutalement
de nuit charbonneuse
éraflée rasée de près
par les premiers rayons
avant balayage des lignes
du désir
©Perle Vallens

Ecoute
Ecoute ce que le ciel convoie
Ecoute ce que le vent te veut
Ce que tu n’entends pas de prime abord
Ce que tu devines dans l’obscurité
dans l’opacité du langage
dans le silence qui oblitère
Ecoute ce que tu ne sais toi-même
prononcer
Ecoute ce qui devrait te guider
Ecoute comment te conduire
à destination
là où les traces retentissent à l’oreille
où les pluies laissent un sillage
au cœur de ta sécheresse
là où tu te laisseras grappiller le cœur
Ecoute si tu n’es pas sourd aux extensions
musicales de l’inaudible
si tu te laisses bercer par la dimension
fleuve du silence
Ecoute car c’est dans le mystère des choses
que tu te trouveras toi-même
©Perle Vallens


Ce dimanche, il est question de couleurs sur le 12ème épisode du podcast poétique Mange tes mots. Partant de la citation de Maya Angelou « Essaie d’être un arc-en-ciel dans le nuage de quelqu’un », nous serons comme chaque fois entre 20 et 30 à évoquer en poésie/écriture slamée ce que nous inspire cet extrait. J’y dirai un poème organique intitulé un arc-en-ciel dans le fond de l’oeil.
Bonne écoute !

exposition transitoire du vivant
là où bestioles visibles à l’œil nu
leurs organes au stéthoscope
vague air humain sous l’animal
ou belles plantes manucurées
vivaces avant la floraison
la saison prochaine échappe
à tout contrôle des saillies
un taux de natalité
oscillant autour de zéro
un drôle de z et deux o
une façon compulsive d’avaler ses proies
de se dévorer les entrailles
on raye la valeur ajoutée du nom
se remplace par cet énième cryptonyme
un pseudo augmenté de sa chair
pleine viande dans ses parenthèses
on sait ce désir qui s’agite en surface
qui fermente par énigme ou par miracle
forme ses bulles à seule fin d’explosion
aucun capteur ne suffit à mesurer
la précision aigue ce vers quoi se tend
l’arc du corps
aucun calibre n’atteint aussi bien sa cible
que l’intensité de l’intention
la chasse est déjà ouverte
©Perle Vallens

On sait bien aboyer
moi aussi je sais
j’aboie sans japper
la bête qui sommeille en moi
si elle se réveille c’est pour
mieux voir
pas pour mordre
©Perle Vallens

je prends ton visage
et je le dirige vers ma nuit sans rêve
ce n’est qu’une image
un cliché numérique qui clignote
depuis l’écran éphémère
de mon smartphone
je ne sais pourquoi il a le mauvais goût
de s’éteindre à la première occasion
dès que j’ai le cœur retourné
dès que je tourne de l’oeil
l’écran cligne
et vacille à ma place
ton visage me cueille en plein tournis
une sorte de fébrilité qui fourmille
au bout des yeux une vague ivresse
je ne suis pas alcoolisée
juste en-visagée
je ne suis pas en cellule
de dégrisement
je me shoote juste
à la lumière bleue
©Perle Vallens

Il y a un trou dans mon ventre
dans le trou il y a un ours
ou un homme
un animal à fourrure
à sang chaud bouche à cran
à crocs et à griffes
à percussion instantanée
un bel outillage pour gestes
froissés à genoux
C’est le souffle
en premier qui saccade
ou la peau qu’on achète trop tôt
qu’on s’arrache bien après
plume et poil aux enchères
ou à l’œil
ce n’est que partie remise
©Perle Vallens
Il est beaucoup question de feu, de flammes en ce moment dans ma poésie.
Voici à nouveau des mots, sur des images… Sur la chaîne youtube Perle Vallens, toujours :

Je plaide coupable de trafic
d’émotions de troc
de sentiments rackettés
Ce n’est pas vraiment une affaire de fric
c’est pour gagner ma croûte hautement inflammable
c’est pour garder mon regard grand augmenté
de toutes les causes perdues dans lesquelles
on verserait une nouvelle version de kérosène
C’est une histoire de feu dans la main
déployé en braises à chaque fois
pour chaque vie tisonner comme on touille
Je les sauve pour plus tard
pour avoir chaud dans mes hivers durables
C’est pour dire du bien au mal du monde
C’est histoire de setup pour cogner à
toutes les portes et qu’à leur tour
elles prennent feu
©Perle Vallens

le cœur fatigué se nourrit du peu
du feu qu’il trouve encore
mangera le soleil dès l’aube
pour se réchauffer
sucera l’eau des mots sans bouger les lèvres
comme une glace qui ne fond pas
qui n’en finit pas de fournir son lot
de possibilités de combinaisons multiples
d’agencement de joies de matières à jouer
je suce te dis-je
jusqu’à l’estompe
©Perle Vallens