A l’occasion du Printemps des Poètes, Cairns 30 se compose sur le thème de l’éphémère. Le texte écrit à cette occasion l’a été à l’attention des jeunes lecteurs de la revue. Le temps, ça veut dire quoi pour un enfant, un adolescent ?


Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
A l’occasion du Printemps des Poètes, Cairns 30 se compose sur le thème de l’éphémère. Le texte écrit à cette occasion l’a été à l’attention des jeunes lecteurs de la revue. Le temps, ça veut dire quoi pour un enfant, un adolescent ?



Déchanter Purcell
à l’oreille à la bouche
touche l’air musical
touche l’œil même
son humidité cachée
Lâche Purcell
décompte les armes
sous forme blême
d’enjambements
dans trachée vierge
Purcell avant silence
claque dans ta gorge
son haut vocal
sa chaleur de prodige
son déjà cuit au ventre
Te saisit l’énergie chantée
le sens ancien des tragédies
cette flèche à couleur d’étoile
qui t’atteint exaltée à l’extrême
limite Purcell au cœur
©Perle Vallens
Hommage au compositeur anglais Henry Purcell, en écoute sur soundcloud sur un extrait de The indian queen.

Fuis, froid
ton humeur broie
ce trop blanc
gel à prise rapide
fige trop vite dans les veines
ce que tu laisses à ma peau
bleuie cassante
crisse comme cristaux
me scie en surface
ton souffle gris
m’atteint avec la précision
de mille lames
m’entame ton vent
vif pure glace agglomère
en congères intérieures
m’entaillent gués à découvert
stalactites ou couteaux
ni ne montent ni
ton baiser n’a rien
d’ardent rien mais mord
dedans ma chair
frigide ce givre
que tu sculptes
dans mes entrailles
tes élégies me laissent
de marbre plaquée
dans mon hiver
mon feu finira bien
par te faire fuir
©Perle Vallens

Ciel de marbre
non cérusé
poudreuse du jour
Ciel de cendres
a cassé son gris partout
parsemé des restes de blanc
au dessus de nos têtes
chenues de peupliers
de chênes et d’ifs
le gui des nuages
descendu ras les yeux
en guise de voile
d’hivernage
©Perle Vallens

le désir n’a pas déserté
il se tient aux portes
rangs serrés de pulsations
disent l’éclat de l’histoire
qui cogne encore
qui bute dans mes entrées
qui percute et fait trébucher
balbutie et titube
jusqu’à l’aube
©Perle Vallens

La tête danse sous un chapelet
de cheveux emmêlés
On passe sa main et c’est
comme chercher l’aiguille
dans la botte de nœuds
…
chaque incisive perce
le matin au même endroit
précisément là où il saigne
il faut laisser au jour
le temps de cicatriser
…
la lumière a des pulsions
fait des zooms exprès
des effets stroboscopiques
elle refuse de caresser le sol
à la fin elle se réfugie au ciel
©Perle Vallens
Très heureuse et fière de figurer dans la revue Teste, 44ème du nom, aux côtés de 21 auteur-es. La revue est illustrée par Carole Lataste.
Teste 44 sera présentée à la librairie toulonnaise Le Carré des mots, dimanche 30 janvier à 11h00.
Ce sont deux poèmes de Sang noir, seconde partie du recueil en cours Carcasse, qui ont été sélectionnés pour ce numéro.



aveugle et sourd mon corps
rêve sa virginité d’écorchée vive
peau de vestale brûle
toujours d’un feu qui ne s’éteint
jamais
©Perle Vallens
Nouvel audio aujourd’hui dans le cadre du podcast poésie et slam Mange tes mots (auquel j’ai déjà participé), cette fois-ci sur le thème de la nuit, d’après l’extrait d’Annie Ernaux « Je ne suis pas sorti[e] de ma nuit ».
Le texte s’intitule Nuit pleine.
Je vous souhaite une bonne écoute de tous ces textes !




On se fait des histoires
On prend des mesures qui apaisent
On partirait pour revenir
Il y a des nœuds persistant dans tes cheveux
Il y a des liens fortement tissés jadis
ancrés dans l’esprit du cœur
Le désir est matière à boucherie à sang chaud
L’amour est de mèche te hachera la viande
bonne chasse et bon jus où tu baignes
L’amour est substance sèche
qui te sort par la bouche
©Perle Vallens