atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·poésie

Stroboscopique

La tête danse sous un chapelet
de cheveux emmêlés
On passe sa main et c’est
comme chercher l’aiguille
dans la botte de nœuds


chaque incisive perce
le matin au même endroit
précisément là où il saigne
il faut laisser au jour
le temps de cicatriser



la lumière a des pulsions
fait des zooms exprès
des effets stroboscopiques
elle refuse de caresser le sol
à la fin elle se réfugie au ciel

©Perle Vallens

Actualité·poésie·Revue littéraire & fanzine

Extrait de Sang noir (Carcasse) dans Teste 44

Très heureuse et fière de figurer dans la revue Teste, 44ème du nom, aux côtés de 21 auteur-es. La revue est illustrée par Carole Lataste.
Teste 44 sera présentée à la librairie toulonnaise Le Carré des mots, dimanche 30 janvier à 11h00.
Ce sont deux poèmes de Sang noir, seconde partie du recueil en cours Carcasse, qui ont été sélectionnés pour ce numéro.

photo couleur·poésie

Par la bouche

On se fait des histoires 
On prend des mesures qui apaisent
On partirait pour revenir 
Il y a des nœuds persistant dans tes cheveux 
Il y a des liens fortement tissés jadis 
ancrés dans l’esprit du cœur 
Le désir est matière à boucherie à sang chaud 
L’amour est de mèche te hachera la viande
bonne chasse et bon jus où tu baignes
L’amour est substance sèche
qui te sort par la bouche
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

L’eau des mots

Je ne compte plus les mots dans mes poches 
sous les yeux 
Je les maquille d’un peu de lumière 
d’eau de chaleur manquante 
le mascara serait silence pour souligner
ourlés déroulés je triche c’est un fait 
travestis salivés je corrige leur mâche 
Je change leur taux d’humidité pour plus fluides
plus fondants j’agis sur leur tendreté 
Personne ne dit combien compte 
l’hygrométrie des mots sur la qualité
de leur chair 
©Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·poésie

là où je vais

là où je vais tu peux venir aussi
là où je vais on peut tous aller
aller à l’ouverture à la porosité
à se remplir dans les creux
à se déverser en vagues successives vers
à se répandre en ondes concentriques
en ondes radio et lumière
en voix diverses parfois subversives
et ce n’est pas grave
et toi aussi tu peux te disperser
dans tous les axes sans gps
tous les azimuts tous les désordres
du monde tous les horizons
se diffuser sans se répertorier
loin des censures et des souffles inversés
des courants contraires
la force qu’il faut tu peux la puiser
en toi-même ou dans les autres
cela te tire vers l’avant pour mieux traverser
sans regarder mais voir ce qui s’écoute
toucher ce qui s’entend
c’est l’invisible qui te tire le mieux
qui te vit cette source vibrante
en toi ce feu ces flots ondulatoires
toi aussi tu te laisseras dévorer et recracher
par les visages par les énigmes
qui nous devancent sans frapper à la porte
n’avertissent pas mais surgissent à l’improviste
et c’est là dans ce cœur battant des effets de surprise
que tu trouveras de quoi chérir de quoi chanter
toi aussi
©Perle Vallens