atelier Laura Vazquez·écoute audio·poésie·soundcloud

Le paysage de ta peau

Gravure sur bois mi XIX éme Siècle provenant d’une parution du XIX ème Siècle
représentant la carte de tendre d’après Mademoiselle de Scudéry

la peau tiède étale
s’effleure se soulève
elle se déroule sous mes doigts
sans s’éloigner des fleurs
elle ondule sous le vent
planté de plein champs
je vois les vagues qui l’envolent
les stries de frissons
les rides et les ravins
la lente dérive
elle tremble blanche
criblée de percées à vif
une forêt se balance
sur ton bras encerclé
la tension rouge d’un sentier
brûlée à quel degré de
blessures ou de caresses
quel passage de baisers
quelles vibrations sans briser
le courant et les rives
en descente de mes dents
en dictions de mes voies
je me laisse guider
j’ai tombé les voiles
si je vogue sur ton corps
si je me perds en chemin
si je m’absorbe dans tes paysages
si je tombe dans chacun
de tes précipices
je me rattrape à tes cimes
les falaises je les gravis
à la force de mes poignets
j’établis ici mon campement
je glisse ma tête dessous
tout mon être à bouger
en même temps que
le paysage de ta peau
©Perle Vallens

Avec une version audio sur soundcloud

photo n&b·poésie·prose

Bon baiser du soleil

Le soleil dessine des ailes équilatérales s’ouvrant en V vers moi comme bras tendus, écartés pour embrassade. Il force un peu sur ses rayons, tire des droites nettes à travers les arbres et les maisons. Midi est son heure. Le soleil applique des lignes cassantes et aveuglantes, des perpendiculaires à mon corps, des obliques au regard.
Je m’en protège. Les baisers du soleil sont plus dangereux que les tiens.
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

Des ombres

A une certaine heure du jour 
où les ombres ont grandi trop vite
où le ciel s’est aminci jusqu’à la maigreur 
le risque est de renoncer 
d’abandonner sa patience
à même le sol
et délaisser le souffle

L’ombre, cette étreinte de la lumière
qui n’en finit pas de finir 
©Perle Vallens

photo couleur·poésie

Aube

L’aube détachée en lambeau
un bandeau aux cheveux
l’aube desserrée en lien lâche
d’immensité patiente
lentement montée
si hissé les couleurs
en ouverture le ciel de mèche
avec mes cheveux
haut de crâne à découvert

danse du vent
sa frange invisible du dehors
remâche les dedans
toutes créatures confondues
à redresser les mentons
à se lever d’un même allant
à recracher la boule de noir
avalée cette nuit
©Perle Vallens