
S’il ne reste rien à bêcher
la chair meuble ou morte
aux cheveux blanchis
les convulsions d’hiver
cil contre cil, sein contre sein
ratisser large rapporter à manger
et sur la berge de quoi tenir
jusqu’à la saison prochaine
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

S’il ne reste rien à bêcher
la chair meuble ou morte
aux cheveux blanchis
les convulsions d’hiver
cil contre cil, sein contre sein
ratisser large rapporter à manger
et sur la berge de quoi tenir
jusqu’à la saison prochaine
©Perle Vallens

Chassée, chérie, ployée, je m’y emploie mais j’ignore, je ne sais plus. Je m’y essaye, je m’y assois. Je m’y suis essoufflée, ralentie, avec mes bras trop courts, à pendre par la fenêtre, à perdre même les mains. A perdre conscience, à s’assembler, à se disperser dans la voix qui revient en rafales. Le rebours est retors, à réhabiliter les nuits et les jours. L’amorce de plus, un semblant, un sursaut, et passent et repassent à la suite les images. Un scintillement serait à bonne distance, un enracinement, une renaissance.
©Perle Vallens

Faire quelque chose ou ne rien faire qui ne serait de l’ordre du sacrifice
d’une résistance au doute s’offrir sa propre résilience
juste le silence pour réparer trois pièces essentielles
trois éléments en remerciement d’une gestation
le geste où manque le combustible
ce qu’il y a d’impossible à comprendre
le besoin de consolation ou l’endormissement
s’engourdir dans la froidure des choses
dans la clarté nouvelle le bruit dans la neige
le craquement des mots sous les pas
©Perle Vallens

Il y a de l’inattendu quelque part. Il y a de l’inatteignable. On attend d’être surpris.
On s’était assoupi, on dormait. On s’attendait à être réveillé par l’inattendu. On était bloqué par l’inaction. On nous avait coupé les mains. On nous avait allongé pour attendre mieux. On nous l’avait promis, le mieux. On ne voyait toujours rien venir. Ni la promesse, ni l’inattendu.
Restait l’inatteignable.
©Perle Vallens

Mains sales, mains basses
mains impressionnistes par petites touches
par touchers très à cheval sur les convenances
qui se chantent comme complaintes
mains de complaisance
mains de faveurs brèves
mains travailleuses si on leur demande
l’effet de l’usage blessées aux jointures
de trop de mots encrés
de trop de doigts montrant le chemin
mains bavardes plus qu’on ne pense
©Perle Vallens

L’empiècement de la lumière
à la déchirure
dans l’assemblage du jour
Poser un doigt dessus
retourner l’ongle
le geste posé
sur l’horizon
Elle s’effiloche à travers
c’est une percée pure
une perception possible
de l’espace élargi
Frayer avec
toutes les frayeurs
avec les effondrements
avec la fêlure qui
s’accroche encore
au cœur
©Perle Vallens

Nul alignement mais éparpillement du regard. Où l’oeil se courbe.
La lumière brûle le givre. Elle le ronge à sa première occasion matinale. Elle traverse le vivant, c’est sa raison d’être.
La lumière rue, tire à vue, vire au rose, solarise, explose, exulte. C’est là qu’elle trouve sa pleine page. C’est là qu’elle ouvre la peau, sur nos os rougis. C’est là qu’elle laisse chaque souvenir d’ombre disparaître.
Le scintillement fond, humide nudité, le reste d’une nuit blanche.
©Perle Vallens
Montage photo, animation, texte et cut-up son inspiré du poème les bras de Vincent Es-Sadeq. Photographies, dessins/animation et texte de Perle Vallens.

Déjà l’aube bâille, déjà le bleu règne au-dessus
Toujours l’arbre veille sous le ciel
Des signes descendent sur nous, dessinent
un scintillement sur les lèvres
Une présence survient sur le seuil inondé
d’une lumière que nous n’attendions plus
©Perle Vallens

Mon œil ne voit que d’un côté. Mon côté ne voit que d’un œil. Le bon côté pour le mauvais oeil. Mauvaise humeur dégringole de mauvais oeil. Mauvaise augure pour gravir la côte du jour. Mauvaise foi pour croire que la nuit ne tombera pas du mauvais côté.
©Perle Vallens