
Au ballet des arbres se balancent leurs ombres. La peine qu’ils ont ne se voit pas. Ils courbent juste un peu la tête, restent là, bras ballants.
A trop regarder la terre, ils en oublieraient le ciel.
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Au ballet des arbres se balancent leurs ombres. La peine qu’ils ont ne se voit pas. Ils courbent juste un peu la tête, restent là, bras ballants.
A trop regarder la terre, ils en oublieraient le ciel.
©Perle Vallens

Grains à grains peu à peu
le sable s’émiette
la cendre que le soleil a laissé
Le sol s’effrite
s’effondre sous les pas
colle aux basques aux pensées
colmate les mélancolies
une glaise d’été
Amasse la poussière des souvenirs
comme les coquillages morts
les sourires en suspension
entre deux ciels
©Perle Vallens

Là-bas, la poussière saupoudre chaque densité invisible nourrie au sang des saisons. L’ombre se dépose en présure, en brisure de sel sur le caillé du ciel. La forêt s’est refermée à force d’attendre la lente floraison.
Derrière les volets de feuillage, les bouches errent, lèvres à vide, cherchent des baisers noirs dans les bras des arbres.
©Perle Vallens

Gagner l’immense étendue des souvenirs, un grondement des profondeurs.
Se coucher dans l’humeur du temps et la couleur du thé, trembler un peu.
Vaciller au bord de soi avant de sombrer. Oublier. S’oublier.
©Perle Vallens

Le fruit écrasé
d’où coule un jus cru
la grâce des jours d’été
un barbouillage carmin
aux lèvres la morsure
la bouche embrasse
un baiser rouge
un sang de fraise
©Perle Vallens

Brûlé par le soleil, balayé par le vent, grains à grains dispersés, envol de pétales, noircis au crépuscule, soufflés en peluches desséchés, la grâce d’un ciel au duel des yeux, la brisure des brumes craquelées sous les pas.
Combien arpentent encore ces terres ? Combien en reviennent les mains chargées ? Combien parsèment les chemins d’essaims et de semences ? Là où la vie conserve son apparence et la sève dans les veines, la bourbe tassée d’émois et d’années amassée, soulevée par les pieds lourds, la glue colle encore, humide et dense, des amours passées.
©Perle Vallens

Regarder ailleurs pour mieux voir
Se perdre en errances pour se retrouver
Lire dans le ciel toutes les trajectoires
Laisser son regard en exil pour mieux embrasser le monde
Espérer dans la douceur des traces et la douleur des cicatrices
arrachées au tronc des arbres
©Perle Vallens

C’est l’heure naïve où renaît l’idée de demain
où la fleur blanche essuie la lumière
lisse la transparence de ses pétales
devient le miroir lascif des ombres
C’est le moment du silence de l’humus
qui repose entre deux pierres chaudes
de la chaleur du jour
Il faut la retenir entre ses bras
bercer le soleil au crépuscule
saluer les étoiles avant leur extinction
Il faut poser son œil comme une joue
laisser la caresse de l’instant embrasser le soir
une tendresse sur l’oreiller
le message que l’on adresse à la nuit
©Perle Vallens

le suaire de sa bouche
gagne entre mes cuisses
une magie de l’estuaire
©Perle Vallens

A la tranchée des frontières
la ligne de démarcation
entre les rêves et la mort
le silence se fait entendre
de sa voix sourde et longue
de vent dans les dunes
Rattraper le temps est affaire d’audace
courir encore si l’on peut
nager à contre-courant et remonter le fleuve
rabattre ses écailles avant la dernière rivière
avant la dernière rêverie
©Perle Vallens