Les injonctions, vous devez, vous ne devez pas selon consigne proposée par François Bon (Tiers Livre) ont donné naissance à ce montage, genre de vidéo-poème express, à la fois hypnotique et répulsif.
Catégorie : prose
Scène ouverte Mange tes Mots au Lou Pascalou
Dimanche 3 mars à partir de 18h30 au Lou Pascalou (Paris), à l’invitation de Mange tes mots, participation à la scène ouverte. Je lirai un texte inédit.
Un sang encore chaud sur Mange tes mots
Dans le prochain épisode de Mange tes mots, il sera question de femmes, d’âge, de cuisine. Ce sera ce soir à partir de 18h00, en écoute ici. Vous y entendrez notamment de ma part Un sang encore chaud.

Ciné-poème 45 : croire aux éternels retours
Direction le Japon pour ce quarante-cinquième ciné-poème, croire aux éternels retours, sur un extrait de La balade de Narayama de Shôhei Imamura.
Se taire

Ce que c’est que se taire, est-ce seulement ne rien dire ?
Celles qui se sont tues, est-ce parce qu’on les a fait se taire ? Aujourd’hui se tairaient-elles encore ?
Elles se taisaient peut-être parce qu’elles avaient de bonnes raisons. Ou peut-être étaient-ce de mauvaises. Bientôt, elles ne se tairont plus.
Nous aussi, comme elles on se taisait. Je me suis longtemps tue. Pourquoi ? Et toi, est-ce que tu te tais aussi ? Ou est-ce que tu parles ? Est-ce que tu oses parler ? Tes lèvres se sont descellées par je ne sais quel miracle. Car la parole est un miracle n’en doute pas. Même si parfois elle est aussi un mirage, un mensonge.
Quand on se tait, la vérité nous mord au sang. Notre vie nous échappe par les veines au lieu de se crier par la bouche. Je le sais car je l’ai vu. J’ai vu celle-ci obligée de se taire quand pleuvait les coups. La parole glissait quelque part en elle mais n’en sortait pas. Elle grossissait comme un cancer à l’intérieur parce qu’elle se taisait. Ça lui faisait comme un goitre, une grosseur. Ça la déformait. Une grimace sur son visage. Le silence n’est pas un apaisement, c’est une congestion.
Perle Vallens
La vieille automobile
La vieille automobile biplace décapotable ses roues si fines qu’on dirait jouet d’enfant et son chauffeur à casquette et belle moustache au-dessus du sourire belle allure dans son costume trois pièces et cravaté élégant présentation impeccable les mains fermes sur le volant véhicule prêt à démarrer dans l’attente d’un signal et son très jeune passager au regard qu’on dirait mélancolique ses cheveux très ras très blonds le col clair d’un vêtement à gros boutons d’où émergent les doigts fléchis paume posée sur la capote repliée quand à l’arrière sur ce qui semble être un siège de service où s’adosse un jeune homme portant veste d’étudiant et casquette tous deux siglés d’un écusson son visage flotte devant le feuillage et branches d’arbres d’un jardin qu’on pense parfaitement entretenu à tel point qu’on en vient à l’évidence du fait justement de ce jardin et l’apparence soignée des passagers du véhicule qu’il s’agit de membres d’une famille bourgeoise aujourd’hui disparue du moins en tant que bourgeois dont subsiste peut-être encore un esprit conservateur voire une âme passéiste chez des descendants sur lesquels plane une ombre de regret ou mélancolie à moins que rien de tout ça
Perle Vallens
(atelier sans ponctuation avec Claude Simon)
Un souvenir dans la revue Miroir


Un poème-souvenir, un souvenir en forme de poème, c’est dans le dernière parution de la revue Miroir, un texte issu des ateliers d’écriture de Laura Vazquez. Ci-dessus le début, le reste à lire ici.
Ciné-poème 44 : camoufler nos lâchetés
Pour ce 44 ème ciné-poème, partons en Italie. Sur un extrait de Mort à Venise de Luchino Visconti, voici camoufler nos lâchetés.
Découragement

Maintenant je ne suis que ça : découragement.
Depuis la cage de mon squelette, le découragement résonne et sa voix est acouphène. Tu gémis, me dit-il. Tu ne fais que gémir, tu ne sais plus que ça. A la place tu devrais taire la douleur. Ta fatigue, donne-la moi, elle me nourrit. Contente-toi de toi. Le vide te restreint, c’est plus facile. Dis-toi que tu n’es rien, ça va passer. Contente-toi de cette patience à vivre car rien n’est jamais résolu. Contente-toi.
Mon découragement me décourage moins vite, moins longtemps si je lui abandonne le choix. Je me mets en veille, en retrait, je fais abstraction.
Tu vois, mon découragement, je gémis moins, c’est pour te faire taire.
Perle Vallens
Ciné-poème 43 : ce qu’on gagne on le perd
Ce nouveau ciné-poème est écrit sur un extrait de Brazil de Terry Gilliam. Il s’intitule ce qu’on gagne on le perd.



