Merci à Benjamin Milazzo d’avoir sélectionné ce texte pour la revue Miroir, dans le cadre des ateliers d’écriture animés par Laura Vazquez.


Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
Merci à Benjamin Milazzo d’avoir sélectionné ce texte pour la revue Miroir, dans le cadre des ateliers d’écriture animés par Laura Vazquez.


Voici un nouveau vidéo-poème en collaboration avec le compositeur Benjamin Aït-Ali, sur un extrait de la pièce Iter Laternis. C’est la seconde fois, après Ce que la terre dit. Un peu kafkaïen, un peu lynchien… Bon visionnage !
Un peu de magie, comme une embellie, avec Tim Burton en guest star, sur un extrait de Sleepy Hollow, c’est le ciné-pomèe 39 : la magie est partout.

Ecrit et mis en voix/son initialement sur une proposition de Mange tes mots.
Ce nouveau ciné-poème a été réalisé sur un extrait de L’enfer, film inachevé de Henri-Georges Clouzot, c’est également un hommage à Romy Schneider.

On part en colo. On prend le train sans nos parents. Pour certains c’est la première fois. Nous avons un wagon entier. On prend nos aises, on allonge nos jambes.
Par la fenêtre, les paysages défilent. Fumées de cigarette. C’est déjà une transgression. Ça sent l’aventure.
A l’arrivée, l’air a une odeur différente, fantasmée d’embruns. Il sent les vacances. Et la liberté.
D’abord il y a le bâtiment principal. Un manoir mais on dit château. Et puis, quatre ensembles dispersés. Des chalets. Des chambres non mixtes de trois ou quatre lits. Pas de dortoirs. Une vaste salle à vivre, à la fois salle de jeux, de chant, de discussion. Le réfectoire, c’est au château.
Avant le dîner, on assiste à des représentations, des saynètes. Deux personnes grimées, une fillette et un mono. Ils dansent ou disent un dialogue. Ils descendent de la lune. Elle a des yeux bleus, mélancoliques dans la lumière rasante du soir.
La joie revient quand on se met à table. On parle, on rit. La joie revient toujours. La joie, couleur de crépuscule, ce feu dans le ciel d’été. On ne craint jamais de se coucher avec une joie pareille.
Le goûter, on le prend en extérieur, en pleine nature. Pain et chocolat à croquer ou pain et confiture. Simple, parfait pour affamés.
Il y a des guêpes partout. On apprend à les piéger. On apprend à les observer. Et puis lézards. Et puis chauve-souris, une s’est prise dans ses cheveux à elle. Elle crie pleurniche. Ses cheveux roux, bouclés, elle croit qu’on va être obligé de les lui couper.
On suit les criquets et les sauterelles, les coccinelles, on leur court après en plein champ. Des herbes hautes jusqu’aux genoux. Une marée verte. S’y rouler ou y gambader. On est des animaux, nous aussi.
Ce qu’on préfère ce sont les spectacles. Ceux des monos. Ou ceux qu’on fait soi-même. Le préféré, la sorcière de la rue Mouffetard. Le placard à balais, la sorcière-grenouille, tout un bestiaire pour nourrir notre imaginaire d’enfance. Le petit garçon du conte est un barbu à lunettes. Au retour, j’achète le livre. L’histoire restée intacte.
On organise des jeux, des parcours, des chasses au trésor. Il y a des rubans à suivre dans les arbres. Des repères, des indices à deviner. Ici, on tourne. Là, on résout une énigme, on trouve un code secret. A la fin on gagne. Même quand on ne gagne pas, on gagne toujours quand même.
On fait du macramé, de la pyrogravure, des pompons en laine. Tant de possibilités insoupçonnées. Presque de la magie. Ce qui naît de nos mains est insensé. Nos mains ont une vie propre. Elles dansent. L’enfance est une vie dansée.
Perle Vallens
(Paragraphes avec Leslie Kaplan)


(atelier prose & blancs avec Paul Valet)

La nuit déployée lente aile battante
lente de souffle lent de silences contenus de nécessaires ardeurs tues
la nuit ses caresses incertaines dont on ne sait si douce ou mordante
si nous couvre ou nous rejette
dans nos incertitudes
la nuit chasse nos vêtures nous met à nu tellement fragiles
tellement faillibles mal définis ou nourrissons
avant renaissance
la nuit vaste semble descendre et remonter des profondeurs
jusqu’au ventre remue reflue noire et dense
vers l’ossature
la nuit nous brûle ou fait-elle semblant du moins nous consume
la nuit sans effroi mais le coeur gonflé
de percevoir tant de sons infimes microscopiques
la nuit acoustique ses basses fréquences et ses échos
nous tambourinent peau de vibrations
en résonance
la nuit nous danse
elle nous dessine de ses ombres
pas même un mot et tous les sens
en fusion ou en transe
la nuit est la nuit et nous la nuit
sous hypnose
La nuit n’est pas si noire qu’on le dit, elle n’est pas seulement obscurité et trouble, dans l’ombre on décèle si l’on plisse les yeux, une lumière qui décolle les cils, un à un
Perle Vallens
Atelier Mater avec Sandrine Cnudde
C’est sur un extrait du film The Misfits de John Huston que le ciné-poème 37 est composé, la scène des chevaux, ce combat de l’homme et de l’animal… Bon visionnage !
Comme chaque jour 8 du mois, la revue Miroir vient de paraître. Merci à Benjamin Milazzo d’avoir sélectionné 4 textes :





A noter, la revue papier de Miroir, parue cet automne et dont le premier numéro est toujours disponible ici.
