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Parution de Atlas roman puissance 100

Atlas roman puissance 100 est un livre édité par François Bon du Tiers Livre, cent courtes fictions écrites en suivant une consigne d’écriture proposée par l’éditeur et animateur d’ateliers, en hommage collectif à l’Atlas des Régions Naturelles d’Eric Tabuchi et Nelly Monnier.

Au total, 236 pages, avec postface Olivier Hodasava. J’y signe 4 courts textes de fiction : La lettre (extrait ci-dessous), Luna Park, A perte de vue et Les rois du monde. Le livre est en pré-commande, puis en vente sur la librairie en ligne du Tiers Livre.

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Ciné-poème 6 : séquelles du jour

C’est avec David Lynch que nous poursuivons la série vidéo inspirée du cinéma, avec le début du film Blue Velvet et un ciné-poème n°6 intitulé séquelles du jour. Si la musique de ce film compte, le prochain épisode sera lui aussi marqué par une musique qui signe le film. Et retour au noir et blanc… En attendant, je vous souhaite bonne exploration des séquelles lynchiennes :

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Lecture de ceux qui m’aiment à la librairie Orange Bleue

Vendredi prochain aura lieu une rencontre-lecture de poésie à la Librairie Orange Bleue (Orange, Vaucluse) autour des éditions Tarmac avec deux des dernières parutions de l’éditeur. Je lirai, aux côtés du poète Olivier Bastide, des extraits de ceux qui m’aiment, recueil paru en novembre dernier, ainsi que d’autres textes publiés ici, ou encore des inédits tirés d’une nouvelle série intitulée Solo.
Rendez-vous le 3 février à 19h00 donc, si vous êtes dans le coin, je serais ravie de vous y rencontrer.

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La nuit d’avant

C’est le souffle le premier qui se modifie et la sensation en creux d’un trac, d’une excitation. Je sais que certains sont malades avant un voyage, c’est une sorte d’angoisse. Ce n’est pas mon cas mais quelque chose remue au ventre, qui s’emballera quelques minutes avant l’heure prévue du départ. C’est infime d’abord, ourdit son galop à venir, se laisse le temps, mince dans la carapace de l’attente. Puis, ça se déploie, dans la largeur, dans la hauteur du buste. Une manière de longitude et de latitude de l’idée de voyage qui grandit le long du sternum, vient se loger dans la poitrine, cogner au coeur. Ca caresse la part d’insomnie, avant de prendre pied dans le sommeil, par à coups. Les cernes, c’est pour demain, et l’estomac qu’il faudra dénouer.
Perle Vallens

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Nuits de la lecture : j’ai peur

Les nuits de la lecture ont lieu cette année du 19 au 21 janvier 2023, sur le thème de la peur. A cette occasion, j’ai créé un nouveau vidéo-poème, également disponible en écoute seule sur soundcloud.
Il s’intitule « j’ai peur ». Et vous, de quoi avez-vous peur ?

De nombreux événements se déroulent autour de chez vous, tous recensés sur le site dédié. Une occasion de découvrir ou redécouvrir des auteurs célèbres ou d’autres, moins connus.

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Voyage imaginaire

J’ai pris l’avion pour Angkor, la cité aux centaines de temples. Sur 200 kilomètres carrés percés d’ombre et de lumières, je me demande combien on en dénombre, et combien d’anges. Ta Prohm, Ek Phnom, Wat Ek Phnom, Ta Som, Angkor Vat, Kbal Spean, Bayon et ses 216 têtes de Boudha. Déjà par le hublot je les imagine tours hérissées de feuillages ou palais flottants. Et c’est déjà un paradis semé, écoumène sous la jungle, mordus et rongés de lianes. Le faste entortillé de plantes grimpantes.
J’ai sillonné 58 kilomètres de canaux et de digues, croisé des dizaines de douves et de réservoirs. J’ai longé la rivière aux mille lingas. J’ai marché sur les dalles-miroirs serties d’anciens dieux qui se reflétaient dans les flaques. J’ai vu des larmes de lotus, de romduol et de nénuphars dans la rivière Sangkae. J’ai vu la plaine inondée et des murailles s’élever dans des lacs. Sur les traces de Pierre Loti, j’ai rêvé de démons et de mythes, de rois disparus. Avec lui, j’ai vu au fond des forêts du Siam, (…) l’étoile du soir se lever sur les grandes ruines d’Angkor. J’ai vu des figuiers étrangler des statues, des portes prisonnières de racines. J’ai vu des éléphants de pierre terrassés par des arbres. J’ai vu carnivores et phalliques, des fleurs arrachées aux talus, des rochers dévorés de légendes dans les odeurs d’humus. J’ai vu le grès et la brique picorés de mousse. J’ai vu pâlis par le temps des murs de latérite caressés par Shiva, ces ravissements d’apsaras.
Perle Vallens

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Vous avez un message

Vous avez un message.
Je pense que c’est un feu qui ravagera ma journée.
Je pense que sous la semelle un pas gît dans l’attente. Un pied s’agite sur le départ.
Le message serait un drapeau à damier qui s’abaisse avant la course. Alors on s’élance dans le jour tout gonflé d’un nouveau souffle.
J’en ai reçu de ces envois brefs mais vivifiants, de ces airs océaniques, de ces coups de vent qui sonnent l’éveil. J’en ai reçu de ces fragments de prières, de ces frôlements, de ces fleuves qui calligraphient le désir.
Je sais que le sens risque de s’échapper à l’ouverture du message, qu’il me faut le capturer. C’est une proie. Un animal à dépecer.
Il y aura peut-être un alphabet caché, peut-être secret, qu’il me faudra déchiffrer avant de pouvoir répondre.
Je n’aurai pas les mots.
Ce sont peut-être des miettes qui colleront plus tard à mes lèvres.
Elles remueront doucement à la surface des choses.
Il y a un message qui se perd entre les lignes. Si je le trouve, je le mange.
Je l’enlève de son écorce de phrases toutes faites, d’expressions toutes prêtes. J’aime bien dénuder les messages en les prenant par la tête. Je les secoue juste un peu. Parfois en sort une bête vive. Parfois une férocité. Ou un défaut de langage qui accroche la bouche quand on le prononce, qui racle les chairs. On se demande si ce n’est pas une erreur.
Hier j’ai reçu un message qui m’a laissé un goût de cendres. Il m’a semblé vide. Les lettres comme mortes. Il m’a baigné de suie, je me suis sentie salie. Je l’ai refermé pour éviter ce trop de noir dans les yeux.
Perle Vallens