
Caviar 18

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…


Le cerveau plane au blanc
expérience toute contenue
sa complexité d’organe conducteur
du plaisir animal
Sa machinerie d’invertébré
travaille l’oeil creuse caresse
le réceptacle des photons
jusqu’au cortex
Promesse tenue du jour
filtrée par la lumière
©Perle Vallens
Ce poème est tiré d’un recueil en cours, Carcasse.

la première goutte
froide
trouble fluide
terriblement trompeuse
intarissable
a trahit le mot pluie
a traversé le ciel à plein seaux
à pleines menaces stratosphériques
tombée en trombes
les premières gouttes
froides
périlleuses rectilignes
n’ont prévenu personne
de leur déséquilibre
multipliées au quintuple
n’ont prévenu personne
qu’elles donneraient un spectacle
de mort
©Perle Vallens

Le corps est à particules
à énoncé fixe dès sa naissance
on ne le choisit pas
On bute on tombe dedans d’emblée
on se met en place dans son bassin
on glisse ses yeux dans ses orbites
Il reste toujours des ajustements
Il y a des flottements entre les circulations
et beaucoup d’espace
5 milliards de milliards de milliards d’atomes
et beaucoup de vide quantique
L’inexacte métrique du corps
sa mystique de composite
de mécanique complexe (et sa burette d’huile)
un sacré coup porté à sa vérité
à ses rouages mystérieusement
pleins de vide
©Perle Vallens
Poème tiré d’un recueil en cours, Carcasse

La mort a un drôle de goût. Un goût de viande froide. Un truc fade qui s’accroche au palais.
Elle colle, elle se cuisine mal. Il faut d’abord déloger les poils. Il faut déployer un peu ses ailes, replier sa tête. Sa vilaine tête de mort. Il faut lui parler franc. Elle sait très bien qu’elle est difficile à digérer. A peine mangeable.
On peut trouver d’autres ingrédients pour rehausser un moment final. Trois fois rien pour faire passer. Trois fois pour un rien définitif.
Le trèfle à quatre feuilles par exemple, est un bon exempe. La mort s’en tatoue la poitrine et ça lui fait un trou sur la peau.
Ça fait un peu peur aux enfants. Pourtant on avait confiance dans les trèfles à quatre feuilles. Et on avait confiance dans sa bonne étoile.
©Perle Vallens

Comme son nom l’indique, récapitule ici les parutions en revues littéraires, anthologies de poésie et nouvelles parues chez la Musardine, ainsi bien sûr que le premier prix du concours du Prix de la Nouvelle Erotique 2021 (PNE) organisé par les Avocats du Diable en partenariat avec les éditions Au diable vauvert.
NB je ne cite pas les parutions chez B-Sensory, l’éditeur n’existant plus…





La fureur éteinte est un fauve tapi qu’il serait temps d’éveiller. Mais il dort non stop. Ni agir ni fuir, aucune échappatoire.
On cherche la première consolation venue sur écran. On ouvre et on referme ses mains avec l’espoir d’y trouver quelque chose. Quelque chose à faire. Mais rien.
L’ennui ne sommeille pas, il tenaille, tient la tête entre ses doigts serrés, il la presse, en extrait tout le jus, épuise toute l’énergie en vaine projection. On fait quoi ? On faiblit d’ennui crasse, de feu refroidi.
L’ennui nous berce contre les murs, tisse sa toile gluante, colle nos yeux au vide, cogne les crânes de son trop creux, nous remplit de rien.
L’ennui réfrène et anéantit. Il pèse et nous brise, il nous morcelle, affalés, avachis. Il nous maintient plaqués au canapé, nous empêche, nous amollit. Il nous dessèche, nous réduit au néant.
Cet ennui qui menace reste, s’ancre, s’incruste, persiste et signe notre arrêt de vie.
©Perle Vallens
L’anthologie « Vivant(e)s » des Editions de l’Aigrette vient de paraître avec 32 poètes. J’ai la joie d’y figurer avec le poème inédit Comme ça vient.



déborde ménade
bois ce qu’il reste à boire
tes vertus se purgent
dans la forme quotidienne du ventre
dans le volume gonflé du sang
dans la forme verticale du corps
déjà passé par trépas plusieurs fois
tu t’en fous il te reste neuf vies
©Perle Vallens