


Deux poèmes sur le thème du sport/The Olympics paru dans la Revue Cabaret, écrits il y a 3 ou 4 ans déjà…
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…



Deux poèmes sur le thème du sport/The Olympics paru dans la Revue Cabaret, écrits il y a 3 ou 4 ans déjà…

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décortiquée
Capture d’écran
langue crue
écartelée
Quatre a quatre
l’escadron
bras arqués
couleur corail
plaquée chair
embarquée
Corps déhanché
percuté plein fouet
une brève aria
à la trachée
éparpillée
à travers chant
Coeur croisé
au bord des lèvres
mort précaire
chuchote rose
entre les cuisses
pression précise
A quel prix
à quel cri
caresser
l’idée du plaisir
le désir en
streaming
©Perle Vallens

Quelque part dans le corps
brûle grand bruit de sabot
comme un cheval rendu
fou par la flamme
Le feu marche en elle
Le brasier court bleu
gros bouillon l’animal
qu’on étrille
©Perle Vallens

La forêt est un corps. Un corps nu et rêche, rustique et fort, solide comme la souche première qui le fit forêt.
La forêt est un être autonome et autosuffisant.
La forêt n’a besoin de personne pour vivre.
Tous les animaux restent sur place, drive-in et déjeuner sur le pouce.
La forêt recycle elle-même ses déchets. Toute branche morte tombe, tout animal mort finira par s’enterrer de lui-même.
Tout ce qui grouille et fouille la terre retourne à la terre.
Tous les arbres poussent dans le même sens en se nourrissant de la même chose. De là, du bas, de l’intérieur du sol vient la vie. Et du ciel aussi. C’est pourquoi tous les arbres regardent dans la même direction. Ils attendent l’eau qui étanchera leur soif. C’est pourquoi ils s’étirent et poussent si haut. Il se dit qu’ils dansent avant l’orage, agitant leurs feuillages. C’est la danse de la pluie.
©Perle Vallens

Lente celle qui s’allège au soleil
toute sa lenteur comme seul éclat
l’étreinte de l’air est un appel
lent de perles éparpillées
lueurs pleine peau
dépliée de la caresse
épluchée dans la chaleur
celle qui s’alite à l’ombre
des amers
celle qui s’écosse dans
la lenteur
©Perle Vallens

Bénir l’eau qui lave les yeux
Dévider le fil et découdre les paupières
pour faire pousser un regard sous la rangée de cils
Insouciance au front libéré de ses pierres
la trace à suivre est celle précise de la vision
L’acuité assise sur la selle de l’attention
ne faiblit pas au plus fort du galop
©Perle Vallens

Renaître de chaque pluie
Dévaler les vallées
entre chaque rang de pierre tombée
entre chaque rive de chaque lit
Courir le jour comme la nuit
dans la clarté de l’eau
Chanter parfois doucement
le cristallin entre les cuisses
Passer à travers champs
à travers voix
Sentir l’aube se refléter sur la peau
Pâlir sur le flot des chairs
Gagner à gros bouillons l’estuaire
Aller jusqu’à la mer
©Perle Vallens
Montage photo-vidéo (pas de moi, du net, avec du BB et MM dedans entre autres), poème sur la beauté et ses écueils, musique de Claude Debussy. Bon visionnage, bonne écoute !

Je vole des mots, je les mets dans ma bouche, je les mange encore mous, je les mâche, je les étire, je les allonge. Je les garde longtemps, je goûte le jus qui jaillit de leur son, j’agace les consonnes au passage, j’avale les voyelles, tant pis pour elles.
Les mots, je les torture un peu pour qu’ils parlent. Je les triture et les trifouille. Je les enroule au bout de la langue, je les fourre en boule, je les funambule sur le fil de salive. Ils se font mousser, ils font des bulles.
Les mots, je les moule dans mes mains, je les modèle à ma façon, je les mélange, je les empile. J’en fais une tour, une forteresse, des murs pour me protéger de l’extérieur. Je les tricote en écharpe, en laine âge pur, en agneau vierge pour soigner ma gorge.
Les mots, je les remue avant qu’ils ne meurent.
©Perle Vallens