Attrape-rêves a déjà un an. Quelques 130 billets, érotisme et surtout poésie, après que l’écriture soit devenue publique, il y a un environ an et demi.
Merci aux revues littéraires, photographes, éditeurs avec lesquels il y a eu quelques premières collaborations. D’autres sont à venir…
Merci surtout aux lecteurs, fidèles ou occasionnels qui passent par ici.
Jean Moral (sans titre surimpression de visages 1926)
On peut implorer le ciel, implorer n’importe quel amour, tous les sangs du monde, chaque plaie ouverte, chaque arbre de chaque forêt, chaque caillou sous la boue, chaque graine en terre, chaque pas dans les siens.
On peut prononcer des mots comme un dépucelage de bouche, des boursoufflures comme un claquement, un crachement, une fuite, qui éclatent en phrases lasses, sans cesse répétées.
On ne le sait pas assez mais les mots ont un coût. Et ils ont un goût aussi, parfois doux-amer sur la langue, parfois une persistance rance, des morceaux qui ne passent pas et restent coincés entre les dents, qui s’avalent par mégarde et restent bloqués dans la gorge.
S’il te plaît, dessine moi un mouton
un « bah bah black ship » avec une grande langue bêlante entre mes cuisses
un mange-ortie noir d’encre, un broute-tout entêtant
S’il te plaît, dessine moi des mains et des mains
qui s’agitent et pénètrent et devinent plus loin
que le bout de leurs doigts
S’il te plaît, dessine moi une ascension
une orbite lunaire, une fusée, un spoutnik
pour visiter mon ciel étoilé
S’il te plaît, dessine moi un truc à moteur
un balai magique, une brosse électrique
une léche-frite pour viande embrochée