S’il te plaît, dessine moi un mouton
un « bah bah black ship » avec une grande langue bêlante entre mes cuisses
un mange-ortie noir d’encre, un broute-tout entêtant
S’il te plaît, dessine moi des mains et des mains
qui s’agitent et pénètrent et devinent plus loin
que le bout de leurs doigts
S’il te plaît, dessine moi une ascension
une orbite lunaire, une fusée, un spoutnik
pour visiter mon ciel étoilé
S’il te plaît, dessine moi un truc à moteur
un balai magique, une brosse électrique
une léche-frite pour viande embrochée
L’amour est un tyran, un ogre qui dévore la chair et le sang, qui réclame sa part chaque jour, qui puise dans la veine bleue son flot d’émotions, qui épuise en rançons quotidiennes. Il mord et émiette, il parsème ses cailloux, il en met partout. Un leitmotiv qui agace les nerfs, les met à vif. Une seule image, une chaîne, une geôle, sans répit. Un sourire, un regard, une sangle tellement serrée.