

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…



dans la nuit, rien, le calme, la quiétude
et puis d’un coup le rouge envahit tout
dans le blanc de l’œil se tend et repeint les murs
couleur sang
une fulgurance
la mâchoire de fer d’un animal s’est refermé sur moi
ses dents ne se comptent pas elles son des dizaines elles sont indénombrables
elles sont mobiles et se déplacent sans que je sache où à l’avance
elles s’assemblent en un point précis pour mieux mordre
plus en profondeur
elles ne veulent pas lâcher ma chair ce qu’elles veulent : la déchiqueter
elles sont affamées
elles en veulent à mes muscles
comme quelque chose de lent et d’incisif à la fois
qui se tortille et me tord dans l’indéfini
quelque chose qui me triture
m’emprisonne entre quelques millimètre de parties molles
depuis la cage s’élève en ondes en ailes froissées
irradiation d’un oiseau malade qui progresse par à-coups
ses secousses résonne de sa déraison
quelque chose me contraint plaquée à terre
et me ceinture de son emprise de sa brûlure
ce qui flotte n’est rien d’autre qu’un feu qui me ronge
un feu déjà vu qui revient à la charge
Perle Vallens
Pour ce 49ème ciné-poème, une pensée particulière à Emma, ma libraire et amie, avec cet extrait du film Les prédateurs (the hunger) de Tony Scott, avec Catherine Deneuve et David Bowie, Forever and ever… Le titre du ciné-poème est : ce que cache le baiser.

Le nom est paru hier dans la revue Miroir, qui regroupe chaque mois quelques textes écrits durant les ateliers d’écriture animés par Laura Vazquez. Merci à Benjamin Milazzo !

Rappelle toi, tu étais là toi aussi
tes yeux étaient là, ils ont vu
ras les cils ce qui s’infiltrait d’insupportable
tes yeux n’ont rien dit de l’effroi
ils sont restés silencieux
Je sais très bien pourquoi et je vais te le dire
la pluie du déni les a lavés
chacun des deux yeux visibles
et de tous les autres yeux
de ceux qu’on a à même la peau
ou sur le bout de la langue
chacun a chassé l’image passée sous silence
le reflet visible et invisible chaque effet de nos désertions
nos yeux à tous restés intouchables
Toi et moi tirons au sort nos regards
captifs des illusions
quelque chose chante dans le nerf optique
quelque chose qui berce
que fait germer la lumière
et ça nous pousse à l’intérieur nous sort par les yeux
et c’est une clarification soudaine
chaque situation nouvelle
couchée dans le regard jusqu’à l’éveil
jusqu’à sa révélation nécessitera un relevé de paupière
Es-tu conscient de ce que tes yeux emprisonnent ?
Perle Vallens
Je vous donne rendez-vous le jeudi 16 mai à 19h00 à la librairie Orange Bleue, pour la présentation et une lecture de peggy m., récit choral et poétique paru aux éditions la place. Je serai heureuse de vous y retrouver, d’échanger et de répondre à vos questions au sujet de l’écriture de ce livre inspiré d’un fait divers.

Extrait d’un mini recueil intitulé Appel d’air, deux poèmes à lire dans la revue en ligne Lichen.



Certaines personnes se sont interrogées sur la photographie de couverture (signée Perle Vallens) de peggy m., elle n’est pas gratuite, sans signification. Sa raison d’être se dévoile dans le récit.
L’oyat (ammophila arenaria), également nommé jonc des dunes ou roseau des sables est une plante vivace qui pousse en terrain sablonneux grâce à un système racinaire très profond. Elle joue un rôle important dans la formation et la fixation des dunes. Elle a aussi son rôle à jouer dans peggy m.
Au dessus, des herbes sauvages, joncs des dunes, roseaux des sables.
Autrement dit la vie.


peggy m. récit choral et poétique est arrivé !
peggy m. est une adolescente dont la vie bascule après sa rencontre sur Internet d’une autre peggy m. morte vingt ans plus tôt.
Inspiré d’un fait divers, il y est question d’identité, d’enfance perdue, de peur, de joie et de malheur, de jeunes filles qui croisent le méchant loup du conte, de monstres, de fantôme, … sur fond d’addiction aux écrans.
Paru aux Editions laplace il peut être commandé et acheté dans votre librairie, à la librairie Wallonie Bruxelles ou sur son site (qui peut également vous l’envoyer), dans toutes les librairies de France et de Belgique, ou encore sur le site des éditions la place.
En vente également bien sûr et en lecture le jeudi 16 mai à 19h00 à la librairie Orange bleue.
peggy m. a encore été présentée à la médiathèque d’Aigues-Mortes (aux côtés d’autres de mes livres) le 21 mai et sera en dédicace au marché de la poésie le samedi 22 juin à 16h00 sur le stand de la librairie Wallonie Bruxelles qui a la gentillesse de m’accueillir à cette occasion.
80 pages /12×17 / 13 €
feuilletons ensemble…

Bouche camouflage au bord du rouge un message caché tient dans une seule phrase
sauras-tu le déchiffrer de tes propres mots mis bout à bout suffisamment de longueur pour ceindre le tour de ma taille
cherche ma bouche de midi comme trésor sans piste balisée comme zénith d’un désir à répétition qu’on se repasse de main en main qu’on se répète électrique
ma bouche scannée à ta bouche renouvelle son paysage en revisite de courtoisie en partage de parties communes d’une langue à l’autre faire l’état des lieux
d’une virgule changer la ponctuation rallonger la longueur de la phrase ajuster la logique du plaisir
le baiser désigne les lèvres comme principe d’action réciproque et osmotiques les salives échangées
Perle Vallens