
Caviar 77

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…


sous la peau le corps bouge
c’est une méduse qui digère lentement
et expulse son poison si on le touche
Perle Vallens
Un extrait de Ceux qui m’aiment est paru dans Lichen d’août 2022, à retrouver ici.


assemblage à la main des turpitudes
morale basse marée où l’on s’enfonce
comme marécage fument les volutes
de pensées sales vues à la loupe
feuille à feuille dévisagés
sous les tremblements
nos dérives archivées restent
auréoles particulières haut placées
sur le haut de nos crânes
Perle Vallens


pure et féconde
(d’aucuns disent chaste)
mais désirante
pourvoyeuse l’abeille
pour sa colonie glane
denrées célestes
le lait et le miel paradisiaques
laborieuse l’abeille
travaille plus que 35 heures
présente au monde comme
l’homme s’en accommode
mais pas des hydrocarbures
pas des métaux lourds qui pèsent
sur ses conditions de butinage
de stockage des ressources
le meilleur et le pire que la cire
accumule
ubiquiste l’abeille
quand son baiser se pose
partout à la fois
mais ne brise de ses mandibules
aucune mer gelée
Perle Vallens

ma tendresse m’handicape
elle m’est point de côté
elle met point d’honneur à me grandir
mais je vais clopinant sur ma béquille
du coeur ce caillou dans ma chaussure
qui refuse de s’écarter du droit chemin
la droiture ne fait qu’ajouter à l’entaille
dans la peau là où suppure
un reste d’humanité
l’entorse promet le ciel
là où ni la caresse ni le soleil
ne seraient récompense
la pensée est viciée dans l’espace entre
la notion de devoir et un pseudo
instinct maternel
Perle Vallens


Je me défends bien
aux interrogatoires programmés
Je me défile à trois doigts près
Je défie quiconque
au concours interactif de baiser
Tu me dis que tu ne t’appelles pas
quiconque
mais tu es pourtant bien celui qui
opère par voie de sevrage
à cœur ouvert rien d’impossible
Perle Vallens

Ma peau nue trône à terre
règne sur chaque millimètre en contact
l’influx et le feu remontent par les pores
par les heures d’incendie converties en secondes
d’embrasement
Ma peau couve sous la mue
sa lave neuve sa dévoration
d’haleines haletantes et de désirs fleuves
de tous les âges elle porte sa crue
en couronne
Ma peau nue se moque
du carrelage lisse des tommettes froides
de la moquette rêche du lino sale
des sols cirés des enduits suintants
de boues noires
Ma peau nue se vante d’être à sa place sur tout type de revêtement
Pourvu qu’y floque l’ombre portée de ton corps
Pourvu qu’y éclate la prochaine explosion
de ton prochain baiser
Perle Vallens