
Jouer à chat du bout de la langue
minuscule râpe à miauler les mots
sur la peau à rebondir tête contre tête
comme balle au prisonnier consentant
enfermé sous ma griffe
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Jouer à chat du bout de la langue
minuscule râpe à miauler les mots
sur la peau à rebondir tête contre tête
comme balle au prisonnier consentant
enfermé sous ma griffe
©Perle Vallens

quelques particules de Kafka
remontent périodiquement à ma surface
elles flottent sur mes yeux avant métamorphose
leur mutation donne parfois lieu à mélancolie
ou culpabilité soudaines à grossissements optiques
à fourmillements encéphaliques
leur mutation donne parfois lieu à poèmes
©Perle Vallens

Remettre les choses à leur place
Remettre la mémoire à sa place
au juste endroit tout près de l’oreille interne
trouver la juste stabilité pour ne pas basculer
entre l’ombre et l’ombre
la lumière comme rampe
d’accès comme accueil favorable
la lumière ouvre ses bras
travaille son écart pour ne pas s’écourter
dépliée pleine face
ampliative
©Perle Vallens

là où je vais tu peux venir aussi
là où je vais on peut tous aller
aller à l’ouverture à la porosité
à se remplir dans les creux
à se déverser en vagues successives vers
à se répandre en ondes concentriques
en ondes radio et lumière
en voix diverses parfois subversives
et ce n’est pas grave
et toi aussi tu peux te disperser
dans tous les axes sans gps
tous les azimuts tous les désordres
du monde tous les horizons
se diffuser sans se répertorier
loin des censures et des souffles inversés
des courants contraires
la force qu’il faut tu peux la puiser
en toi-même ou dans les autres
cela te tire vers l’avant pour mieux traverser
sans regarder mais voir ce qui s’écoute
toucher ce qui s’entend
c’est l’invisible qui te tire le mieux
qui te vit cette source vibrante
en toi ce feu ces flots ondulatoires
toi aussi tu te laisseras dévorer et recracher
par les visages par les énigmes
qui nous devancent sans frapper à la porte
n’avertissent pas mais surgissent à l’improviste
et c’est là dans ce cœur battant des effets de surprise
que tu trouveras de quoi chérir de quoi chanter
toi aussi
©Perle Vallens

c’est là qu’il me pose un lapin
bien au fond de la gorge
patte qui gratte ce qui me ronge
du coup je ne dis rien
j’ai trop peur que la fourrure
me quitte pour un sanglot
pour l’instant elle me tient chaud
même si elle m’étouffe
c’est lui le premier qui pourrait
lever un lièvre mais je l’oblige à se taire
il se venge en me coupant la parole
je me demande si c’est le lapin blanc d’Alice
qui s’est engouffré parce que j’ai
l’impression de glisser à l’intérieur
de moi-même
©Perle Vallens
Christophe Condello est un poète québécois, auteur de plusieurs recueils et qui tient blog. Il y poste sa poésie et met en lumière de nombreux auteurs, surtout de poésie.
Très heureuse de lire qu’il apprécie ce que j’écris, j’ai partagé avec lui quelques poèmes inédits tirés du volet « sang noir » du recueil Carcasse (toujours en cours d’écriture) ainsi qu’une photographie non encore publiée autour de l’homme minéral, qu’il a donc publiés sur son blog.
Merci beaucoup, Christophe !


certaine ramure de certains bras
certains ramages comme bruissement d’ailes
comme rumeur portée par le vent
certain socle comme déraciné
cette souche aux rejets encore vivace
cet homme dont je tombe
comme d’un arbre
©Perle Vallens


De cette passerelle brumeuse qui surplombe
une rivière inconnue (qui n’est pas la Seine)
un cours d’eau sombre d’hiver
me revient celle éclatante
de bouquets de jeunes gens
de bribes étudiantes
de pleine joie jusqu’au bord
de cet air d’été
léger sans conséquence
ni certitude que souffle coupé
ce n’est pas le soleil acéré
mais la lame de tes pas
quelle autre évidence
que sang qui déborde
ce n’est pas le fleuve
si ce n’est dans mes veines
si c’est pour défaillir
serait-ce dans tes bras
qu’enfin la bouche cueille
la première salive la saveur
de tes lèvres
que j’avais déjà bues
(mais seulement en rêve)
aveuglée je devine
ton désir à la voix
©Perle Vallens

sauter les jours impairs
les rations de nourriture
la dispersion des draps
leur bifurcation sous l’aisselle
leur disparition progressive
au ras des lèvres
les draps sont lever de rideau
tu relèves un peu de mousse
dans le paysage
tu ouvres les yeux sur
la plaine lisse du corps
la mort est humide
surtout en hiver
©Perle Vallens