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Quelques textes dans Miroir

Chaque 8 du mois paraît la revue en ligne Miroir suite aux ateliers d’écriture proposés en ligne par Laura Vazquez. J’en ai déjà parlé ici et tous les textes écrits dans ce cadre sont tagués « atelier Laura Vazquez », vous pouvez donc les retrouver aisément.
Ce mois-ci, ce sont Racine, Cœur de ville et Mots dire que Benjamin Milazzo, responsable de la revue avec Laura, a sélectionné pour le Miroir du jour. Vous pouvez lire ici tous mes textes parus sur la revue.

montage photo·photo n&b·poésie

Ouija

Les mots planent au dessus de la tête 
entre deux lacunes qui semblent des silences 
en profitent pour voler des impressions erronées
impriment des souvenirs qui s’affichent sur le côté pile  
se déroulent en couleur leur défilé à fendre le cerveau 
Au début agréables à regarder
puis deviennent une imposture insupportable
un genre de plagiat ce déjà vu qui gêne
qui dérange le présupposé du passé
ce qu’on pensait bien rangé
A un moment ils deviennent une menace  
une suffocation brusque
une façon de prononcer ouija
sans fantôme pour remonter jusqu’à la bouche
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

Escarbilles

rassir sa peau de bête
rompre le jeûne à mordiller
cet épiderme amorphe
qui refuse de se réveiller
se réfugie dans l’imperceptible
dans l’imperméable terminaison
avant la perte définitive des muscles
se définit comme déficiente
la traversée des nerfs se fait
sans contrepartie
sans contrefaçon émotionnelle
se fait inertie des viandes
à bras (recourbés) le corps
la contention triste des chairs

il faut secouer les marées
tressaillir la vague son retour
à vif pluie fine sur les hanches
tu touches au but et c’est brutal
on en met partout
on disperse tous nos vœux
on espace nos (bonnes) volontés
les escarbilles glissent
tout droit dans ton œil
du feu à saisir en guise
de rêve éveillé
©Perle Vallens

Modèle photo·photo couleur·poésie

Dendrophile

modèle Perle Vallens – photographe Prax Lou

La main arbustive feuillette le vert
la verticalité tendue vers le ciel
tâte la nudité l’entre-deux du tronc
applique le symbole à la stabilité du torse
en tension le long du pseudo-thorax
exosquelette d’insecte branlant sur ses deux jambes
risque de casse toujours possible
d’une ossature trop frêle
pour être humaine
toujours crisse entre deux pas
toujours écarquillée l’estampe entre les cuisses
et le sourire de l’iliaque se brise
la fossette du coccyx à moins d’un baiser
sincère dans le bas des fesses

Arbre n’est pas pénis si stature phallique
j’attaque sa cime pour faire comme si
entrefeuille ses espaces vierges
sa verdeur déjà d’hier
suce l’écorce à défaut du fruit
pense l’à venir le sortir droit des branches
sa sève en dépose du suint
en caresse des aisselles
son tressaillement de feuilles
panse sa blessure son ouverture
ses fluides pleine gorge à boire
son jus de plein été
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

Par la gorge

image pieuse instable
creusée profonde ne se refuse rien
ma gorge fume du gaz
de la cuisinière
avec fort risque d’explosion
ma gorge en feu est souffle rendu
air pour air sans privation
ma gorge est épopée ou sanctuaire
tous montés sur leurs grands chevaux
tous chemins de pèlerinage
ma gorge se parcourt à fortes prières
à grandes enjambées sans aucun
ménagement des langues
©Perle Vallens