à deux on bouillonne mieux on touille les instruments de sa faim (la cuillère est aussi une position) un biscuit porte-bonheur nous promet la joie du jour ce menu premium dans lequel on fourre tous nos désirs réduits en poudre pour mieux se travailler mieux se dissoudre le souffle s’humidifie de nos épuisements Perle Vallens
Le sentiment de disparaître, de devenir transparent, inconsistant, d’une matière souple de glaise invisible, d’une texture molle qu’on enfonce du talon dans le sol, le sentiment de l’enfouissement, de la disparition progressive, non annoncée, mais tue, ignorée d’autrui, le sentiment de devenir autre, de se métamorphoser, de changer de structure moléculaire, de modifier son squelette, de le tordre, de l’essorer, ce sentiment de devenir liquide, une flaque, une goutte d’air dissout dans le vide, ce sentiment d’une transition vers un autre état, de devenir autre chose, un objet peut-être, l’insignifiance même, l’absolu néant ou du moins ce peu, le sentiment du peu, du presque rien, de l’infiniment petit et dérisoire, ce sentiment qu’on tiendrait dans la poche de quelqu’un, ce désir de tenir dans la poche, d’être transporté, ce sentiment de se sentir véhiculé d’un endroit à un autre, de ne compter que pour cette instance du transportable dans le fond d’une poche, tiré, bringuebalé, voyagé, esseulé pourtant, ce sentiment d’être là sans être là, ce sentiment de devenir de plus en plus mince, de plus en plus flou, ce sentiment du seuil franchi, de point de non retour, de l’infini, du presque zéro, ce sentiment du stade d’avant, d’avant tout, d’avant tout le monde, ce sentiment du stade non développé, du stade incertain, du stade informe, diffus, le sentiment du souffle d’air qui s’envole sans jamais retomber. Perle Vallens
Il a décapité toutes les statues du parc de l’hôtel de ville. On a vu les corps de pierre sans rien sur les épaules, des corps coupés ras au niveau du cou. C’était pareil dans tous les parcs de la ville et des villes voisines. Les statues ont perdu une partie de leur ombre. Elles sont comme nues. Plus personne ne les dévisage, plus personne de les regarde dans le blanc de leurs yeux vides. On voit bien qu’il leur manque quelque chose.
Les têtes ont été retrouvées dans le jardin du décapiteur. Toutes empilées les unes sur les autres, elles formaient un muret long de 4 mètres. Personne ne sait comment elles font pour tenir, comment elles ne basculent pas, comment elles ne roulent dans l’herbe. Est-ce qu’elles sont collées entre elles, est-ce qu’il les a attachées, fixées, clouées, vissées ? Après les avoir détachées à la hache. C’est ce que tout le monde se demande : comment elles restent accrochées.
je suis cible mobile divisée mal définie difficile de viser entre les cils un seul regard tire sur la veine et tout se déroule tout ce qui brûle et tout ce qui bruit jusqu’à l’écho de la claque sur le cœur Perle Vallens
Il y a un message d-erreur [It girl][http://www.itgirl.com/itgirl.jpg] pour utilisateur accès dénié (invalide) URL_needs_authorization
ce lien rompu trop brutalement disparition définitive de la #fille effort continu hors champs échappe aux contrôles répétés aux décomptes d-octets sans-visage-reconnu
quelqu’un dit elle-n-a-jamais-existé quelqu’un dit feed-back (thebeast) cleanup-image-only la commande court est en train de courir l’écran clignote bleu #randomly
itgirl non identifiée // fictionnelle // irréelle le personnage diffère de sa fonction ne reste : rien ou silhouette découpée sur les pointillés rien ne se voit clairement ombreschinoises
le ciblage est #erroné le fichier racine reste introuvable rhizômereboot code binaire déficient – arbre vide où naissent les algorithmes ?
scannow sauvegarde du sourire seul dans son format le plus courant de l’img (touche le texte) la fonction fait irruption dans le réel
La l__igne sous tension d’un tercet numérique ce tressaillement électrique ) trop forte chaleur dégagée ( ventilateur interne tourne à-vide restore please
invisibiliser revient à deviner où se coche la tête vierge de tout apriori deviner sous quel @désir se cache le prochain | nom
Deux territoires où le toucher peut exister là où l’existence touche chaque territoire chaque portion d’existence se touche du bord de l’extrême bordure de territoire là où ce qui se touche existe enfin là où ce qui se existe d’espace dans le territoire se touche comme une peau du monde qu’on pèle chaque parcelle de territoire existant dans l’action de toucher ce qui nous touche c’est cette existence là, palpable, le territoire nous délimite dans ces corps qu’il faut toucher qu’il faut toucher enfin pour se sentir exister ce qu’il faudrait c’est toucher les fantômes pour qu’ils existent
Les fantômes sont des existences qui visitent nous visitons chaque existence comme des fantômes chaque fantôme existe à travers notre existence chaque fantôme se visite comme un miroir dans lequel on existe nos existences sont autant de preuves que les fantômes nous visitent chacune de leurs visites nous fait exister davantage, nous fait nous sentir plus vivant car nous visitons la vie et nous existons au-delà de nos fantômes
nos vies brèves respirées dans le sens du poil l’odeur de pierre au cœur la carcasse prise au ruisseau à faire corps au vent (sens-tu ce tressaillement) pente violente de la vie où nous accourrons tous tête baissée de bétail buvant nos poussières nous abreuvant de nos morsures nos coups durs encornés nous encornant l’œil arrondi de lumière ne sait pas d’où surgira la caresse Perle Vallens
il a fallu se réveiller plus tôt pour s’érafler les joues dans l’air tiède dans une semaine nous aurons passé mars et il sera toujours trop tard le soir pour établir une vraie concordance des temps à l’heure du coucher nous marcherons dans des rêves d’été plus vrais que nature peut-être que nous laisserons tomber nos corps par la fenêtre pour voir s’il rebondissent comme les chats nous attendrons la neuvième vie sur nos pattes pour voir si le matelas urbain amortit bien la dernière chute nous attendrons de voir si la fin de l’histoire possède le goût d’une promesse d’infini Perle Vallens