Erotisme·poésie

Hemerocallis vulva

hemerocallis vulva PV

C’est le pétale qu’affole le souffle
l’insolent sillon du vent
une jalousie sans pareille
pour la vibration volatile
des ailes d’un papillon

Origami déplissé à la peau déliée
lys d’un jour dans les plis du soleil
brille d’abondance au seuil lisse
du lent tissage des songes
qu’un pistil acquiesce
fugace esquisse, la saillie d’un sourire
©Perle Vallens

Actualité·Emotion·poésie·Revue littéraire & fanzine

« Tout baigne » dans Revue Méninge #12 « Crachement »

revue méninge 12
Cracher ses mots ou sa foi, sa colère, ses émois, cracher dans la soupe aussi parfois…
« Crachement » est le thème de Revue Méninge #12, à lire en version papier par ici, ou en libre accès sur le site de la revue, par là. « Tout baigne » est le poème sélectionné par l’équipe éditoriale de la revue, aux côtés, entre autres, d’un graphique et sonore texte de Florent Paudeleux, « Déboucher », et d’un très court poème de Delphine Burnod, sans titre.

Emotion·poésie

Histoire d’exister

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Jean Moral (sans titre surimpression de visages 1926)

On peut implorer le ciel, implorer n’importe quel amour, tous les sangs du monde, chaque plaie ouverte, chaque arbre de chaque forêt, chaque caillou sous la boue, chaque graine en terre, chaque pas dans les siens.

On peut prononcer des mots comme un dépucelage de bouche, des boursoufflures comme un claquement, un crachement, une fuite, qui éclatent en phrases lasses, sans cesse répétées.
On ne le sait pas assez mais les mots ont un coût. Et ils ont un goût aussi, parfois doux-amer sur la langue, parfois une persistance rance, des morceaux qui ne passent pas et restent coincés entre les dents, qui s’avalent par mégarde et restent bloqués dans la gorge.

On peut faire face à la glace, s’y mirer, s’y noyer. Y voir les aimés et les haïs. Passer au-delà du miroir. Voir autre chose, un autre, une autre, des autres. Plus loin, plus haut, jusqu’au vertige. Compter les traits et les cicatrices, vérifier les profils, ne pas se ressembler et finalement s’ignorer. En venir à douter de sa propre existence.
©Perle Vallens

Emotion·poésie

Attendre

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Claude Cahun – autoportrait 1932

Attendre comme on attend la pluie après un soleil trop ardent
Espérer la fraîcheur vide après la brûlure cuisante
Remiser les mains dans les tiroirs du lendemain
Remettre en eaux l’émergence des poussières
Laisser la nuit à la nuit, avant l’aube
Saturer tous les plis et manger les cernes
Taire la victoire aux vents du monde
Marcher dans les pas de l’absent
Museler la morsure impatiente
Cracher plus loin que les aiguilles
Effacer la trace du temps
Regarder par-delà les collines
Chasser les nuages immobiles
S’asseoir au bord du labyrinthe
Crever l’œil du cyclone
Monter fol à l’échafaud
Ouvrir toutes les portes
Trembler de se taire
Combler le silence
Ecraser les peurs
Briser les vitres
Ravaler l’âme
Et attendre
encore
©Perle Vallens

Erotisme·poésie

Bibliophile

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Mon sexe se rappelle la main
et le chemin emprunté
l’histoire racontée
la peau sous la paume
et les doigts repliés

Au seuil ouvert
libère d’un geste
le lierre qui court
longe la courbe
chuchote encore
en longues plaintes
éclaire le halo d’un râle

C’est un livre ouvert
qui ne dit ses mots
qu’à l’oreille
Il a sa propre langue
Il faut l’entendre pour le croire
©Perle Vallens

écriture·Emotion·poésie

Il y a

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Heinz Hajek-Halke (sans titre – 1928)

Il y a du rouge et du blanc dans la pénombre.
Il y a du plaisir et de la douleur tour à tour mêlés.
Il y a des os qui tremblent, de la peau qui chante.
Il y a des nerfs qui frissonnent, de la chair qui palpite.
Il y a des morsures dans mes baisers, des griffures dans mes caresses.
Il y a des songes dans mes cris, des mots dans mes silences.
Il y a des offrandes sous voile, des aveux bien cachés
Il y a des espoirs dans mes yeux levés, des secrets derrière mes paupières closes
Il y a des hiers ivres et des demains à boire. Encore.
©Perle Vallens