Emotion·poésie

Papier-chiffon

résille visage froissé

Il a écrit sur le brouillon
un gros bouillon de pensées
des désirs à n’en pas finir
des mots qui disaient trop

Ratures et pliures
chiffonnée-jetée
un sport de poète

Bois l’encre et barre-toi
la trame est usée
les couleurs brouillées
la brillance ternie
d’éternelles rancœurs
ou pire

Chair en désamour
extincteur de plaisir
souvenirs dévorés sous la mousse
les traces comme une chaux
sur la peau, vive

Le stylet ivre
a fini de graver
un trou au buvard
une brûlure au travers
un adieu sans bavure
ni fleur au revers
©Perle Vallens

poésie

Renaître

licking a book

Demander au vent
Chercher dans les arbres
Fouiller sous les feuilles
mortes de trop d’attente

Gratter la poussière
Voler dans les plumes
Courir à l’envers
pour retrouver un sourire

Lécher les murs des livres
Boire, ivre, les lignes
Ouvrir les digues
Feinter à la tranche
au sillon des mots

Dormir si l’on peut
Mourir pour de faux
Ressusciter sans espoir de retour
au troisième jour du troisième jour du troisième jour
©Perle Vallens

Erotisme·poésie

L’heure du repas

dali
A table avec Salvador Dalí

Sauver ma peau
mon corps sur un plateau

Qu’un fou arrache
l’ennui
à coup de hache
Qu’il mâche la chair nue
une magie sous les doigts
des frissons plein la bouche
Qu’il me mange
sans ménagement
Qu’il me réchauffe
entre ses dents
Qu’il lèche les plaies
salées de vertige
Qu’il chasse mes élégies
ronge la mélancolie
Elle ne fera pas de vieux os

Vous en reprendrez bien un morceau ?
©Perle Vallens

poésie

Bleu

oiseau de feu Marc Chagall
Marc Chagall – L’oiseau de feu

Hier, le ciel a été bleu. Parfois voilé, mais bleu. Cela a duré environ 18 mois.
18 mois de ciel bleu cela a de quoi être aveuglant. Comment les yeux peuvent-ils ensuite s’habituer à l’ombre? Comment ne pas se cogner aux murs  ? Comment ne pas hésiter ? Comment ne pas se retrouver à genoux? Comment ne pas ramper ? Comment ne pas vouloir rester allongé à jamais?
Hier, le ciel a été bleu.
©Perle Vallens

Erotisme·poésie

J’écris

MC Escher 1948
Maurits Cornelis Escher

J’écris pour combler la brèche
J’écris en braille pour mieux voir
J’écris et j’agrandis la faille
l’écueil de l’âme
Je fouille au corps
J’affole la feuille où j’écris
pour défaire les mailles
Je mouille encore

Je cueille les larmes
d’un rêve déplié
J’écris pour m’entendre crier
J’écris pour brûler
un homme de paille
J’écris pour me réveiller
d’une vie sans flamme
©Perle Vallens

Emotion·Erotisme·poésie

L’heure du repas

dali
A table avec Salvador Dalí

Sauver ma peau
mon corps sur un plateau

Qu’un fou arrache
l’ennui
à coup de hache
Qu’il mâche la chair nue
une magie sous les doigts
des frissons plein la bouche
Qu’il me mange
sans ménagement
Qu’il me réchauffe
entre ses dents
Qu’il lèche les plaies
salées de vertige
Qu’il chasse mes élégies
ronge la mélancolie
Elle ne fera pas de vieux os

Vous en reprendrez bien un morceau ?
©Perle Vallens

écriture·poésie

Blue Moon

koho shoda
Koho Shoda

C’est un champs à perte de vue. Une vaste étendue un peu sauvage, folle prairie sur une terre fertile, vibrante et chaude. Cela vit dessous, cela fourmille dense. Cela sent l’humus riche et frais, une promesse pour la lumière. Les bourgeons percent sous la croûte épaisse. Fleurs embryonnaires frappées par la grêle des larmes, le sel assassin, la pâle heure grise d’une aube boréale aux reflets de faussaire.
Le cœur n’écoute pas, il refuse les compromissions, il reste prostré. Interdiction d’entrée aux astres. Seule la lune bleue reste aux aguets.
©Perle Vallens