Mise en voix de deux poèmes parus dans l’anthologie Du corps du poète au corps poétique, celui de Dorothée Coll et le mien. Il a également été publié ce début d’été sur la chaîne youtube de Marilyne Bertoncini qui est à l’origine de l’anthologie. Bonne écoute !
Catégorie : poésie
Ruine
Sur une proposition de Marilyne Bertoncini pour Embarquement poétique sur le thème Runes et Ruines, voici un poème ainsi qu’une photographie illustrant les ruines de l’esprit quand il vacille sous le coup de la vieillesse, des dégénérescences, des maladies comme celle d’Alzheimer…



Recension de peggy m.
Exposition aux Rencontres de la Velouse, derniers jours
Comme l’an passé, j’ai participé cette année avec trois photo-poèmes (budget oblige), encore visible quelques jours à Charly dans le Cher.
Voici les cinq propositions initialemes (dont les 3 photo-poèmes exposés) sur le thème général de l’agriculture, ici poèmes écrits sur des photos de vendange.

Lancement et lectures de Radical(e) à l’EXC


Si quelques exemplaires étaient à disposition sur le stand de Radical(e) au marché de la poésie, notamment en version open art, le lancement du dernier numéro de Radical(e) est prévu pour le 21 septembre à la librairie EXC (Passage Molière, Paris 3ème). On vous donne rendez-vous à 19h00 avec les créatrices de la revue/tract poétique et les autrices pour des lectures de ce dernier numéro, (Radical)esse (où figurent 3 de mes poèmes et 3 photographies également) et du précédent (Radical)ine. Si vous êtes dans les parages, ce sera un plaisir de vous croiser.

Ciné-poèmes, le retour : la route brille
L’été a marqué une pause dans les ciné-poèmes mais les revoici, sans doute plus espacés. Le ciné-poème 51 sur un extrait de close-up d’Abbas Kiarostami s’intitule La route brille. Bon visionnage !
Vue cyclopéenne

Ils vomissent des mots crus et noirs venus avant l’aube
à défaut de leur creuser une tombe
Ils vomissent des images vertes de rage arrachées à leur ventre
à défaut de fouiller dans le sang de leurs veines
Ils vomissent des pensées sans nom des idées blêmes et molles
à défaut de les rougir de leur honte
Ils vomissent les fleurs sans fards de leurs peurs cueillies le matin même
à défaut d’herbes fraîches du courage
qui refusent de pousser sous leurs pas
Ils finiront bien par vomir le cœur nécessaire
pour guider leurs pas sur les bonnes routes
où ils vont claudiquant
ce caillou dans la chaussure
qui les fera vomir aussi et ce sera
comme perdre un orteil
comme pourrir de l’intérieur
comme parler sabir inconnu d’eux-mêmes
Ce sera métamorphose
ce sera monstruosité sur figure humaine
l’œil vomi au milieu du visage comme vue unique
cyclopéenne du monde
Perle Vallens
côté coeur

Dedans l’eau bout
je plonge en moi
un sourire un regard sans gluten
mais la vie ne colle pas assez pour les retenir
La vie manque de sel de sapidité
de concentré intense qui trop vite a tendance
à se diluer
la vie manque de contention autant que d’élasticité
côté /cœur/
Par crainte qu’il devienne tout sec je l’humecte
dans un peu de cyprine je le lubrifie
j’espère en sa porosité
et qu’il brillera encore à la couleur (changeante)
de ses /yeux/
Perle Vallens
les dents du sourire

On s’était diapasonné une dernière fois
le pas sur le pas de l’autre trouver le rythme
de l’ardeur et du désir
On s’était arrangé pour s’agiter dans la moiteur conventionnelle d’un coït qui revient de loin. On s’arrangerait pour plonger davantage, pour prolonger les épithètes et les formes non verbales, les hypothèses plausibles d’amitiés amoureuses. Il y a de quoi parier sur des prolongations horizontales, sur des temporaires qui s’agencent, des potentialités à moyen terme et ça me colle des frissons progressifs, directement programmés à une date ultérieure. Je bloque toute effusion dans l’écluse de mes lèvres. N’empêche, les dents du sourire sont de plomb, d’un bonheur noirci sans savoir de quoi.
Perle Vallens, 21 août
Oui-go, ouija

Ça dit oui, ça dit go mais quelque chose freine dans l’élan qui pèse plus que les bagages sur le quai de gare et dans les bras
qui pèse plus que les jambes elles-mêmes à l’arrêt sur le même quai
et ce rer qui n’arrive pas dont on hésite à préférer qu’il vienne ou ne vienne pas
et si une grève inopinée non souhaitée et non souhaitable mais quand même quelque chose freine le départ
J’ai dit oui j’ai dit go et le train affrété soudain ça fout le cafard alors que l’instant d’avant d’un coup je me sentais prête et pressée de rentrer
et les rails apparus comme un horizon possible à longer du regard dans ce sens qu’on dit bon par excès de méthode coué
à parcourir jusqu’au bon emplacement celui qu’indique
le billet dématérialisé trop souvent éteint dans la lumière trop souvent terne d’un smartphone qui ne reçoit aucun message
Je sais par cœur le trajet mais s’espacent les conditions du retour entièrement dissoutes dans les hypothèses du voyage inverse
bien sûr je reviens bientôt et qu’est ce que ça change
dans cet incontournable devoir rentrer et dans ce vertige de cette salle trop haute de la voiture 7
dans l’instant saisir la rampe pour éviter de chuter
tomber à la renverse est un souvenir ou un rêve
alors qu’est ce que ça change dans cet interminable à moins de sombrer dans le même interminable sommeil et de rêver que je tombe à la renverse
Être renversée c’est oui ou ja dans l’allongement
caressant on en redemande du renversement le corps et la tête à l’envers et ne pas se redresser trop vite mais rester renversée, se laisser traverser par toutes la palette des émotions, comme tout un paysage qui défile sur la vitre d’un train, cet effet d’accélération on sent bien ce que ça fait dans l’échine, la vitesse du train son effet sur l’accélération des émotions, leur circulation dans le sang, leur effet dopant et addictif, on n’imagine pas à quel point on devient accro à la grande vitesse des sentiments.
Ça dit oui, ça dit go mais quelque chose freine dans l’élan qui pèse plus que les bagages sur le quai de gare et dans les bras
qui pèse plus que les jambes elles-mêmes à l’arrêt sur le même quai
et ce rer qui n’arrive pas dont on hésite à préférer qu’il vienne ou ne vienne pas
et si une grève inopinée non souhaitée et non souhaitable mais quand même quelque chose freine le départ
J’ai dit oui-go comme ouija et le train affrété se peuple soudain de fantômes et soudain ça fout le cafard alors que l’instant d’avant d’un coup je me sentais prête et pressée de rentrer
et les rails apparus comme un horizon possible à longer du regard dans ce sens qu’on dit bon par excès de méthode coué
à parcourir jusqu’au bon emplacement celui qu’indique
le billet dématérialisé trop souvent éteint dans la lumière trop souvent terne d’un smartphone qui ne reçoit aucun message
Je sais par cœur le trajet mais s’espacent les conditions du retour entièrement dissoutes dans les hypothèses du voyage inverse
bien sûr je reviens bientôt et qu’est ce que ça change
dans cet incontournable devoir rentrer et dans ce vertige de cette salle trop haute de la voiture 7
dans l’instant saisir la rampe pour éviter de chuter
tomber à la renverse est un souvenir ou un rêve
alors qu’est ce que ça change dans cet interminable à moins de sombrer dans le même interminable sommeil et de rêver que je tombe à la renverse
Être renversée c’est oui ou ja dans l’allongement
caressant on en redemande du renversement le corps et la tête à l’envers et ne pas se redresser trop vite mais rester renversée, se laisser traverser par toutes la palette des émotions, comme tout un paysage qui défile sur la vitre d’un train, cet effet d’accélération on sent bien ce que ça fait dans l’échine, la vitesse du train son effet sur l’accélération des émotions, leur circulation dans le sang, leur effet dopant et addictif, on n’imagine pas à quel point on devient accro à la grande vitesse des sentiments.
Perle Vallens, 22 août



