si l’un a les ailes coupées
PV

PV
PV
dans la cavité buccale claque
et vient se coller
sa partie la plus charnue au palais
érectile pour énoncer : la langue
PV
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…


parfois cracher ne suffit pas
haut seuil de violence s’il faut faire le mur
passer de l’autre côté
se laisser choir
la glisse ça me connaît
c’est une histoire de tempérance
d’acceptation
s’amincir
se rabattre vers son centre
fermer les yeux ou les baisser
se taire ou se terrer
ne revient pas tout à fait au même
tôt ou tard je relève ma tête
bien campée sur la nuque
sans craindre la décapitation
Perle Vallens
Ce nouveau ciné-poème, le geste, est réalisé sur un extrait du film de Chantal Akerman : Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles.
11/10 errer
dans le crâne erre un lac
avec vie intégrée
remuante
avec vérité crue des organes
avec vue sur la chambre intérieure
rien de calme en somme
PV
12/10 épicé
inévitable silence
en ébullition
tenace dans ses frénésies
ses saturations de bouches
ses fébrilités épicées
décisives
PV
13/10 montée
il y a dans l’entêtement à désirer une
vanne rétive que l’on ouvre contre son gré
une vérité caduque qui nous enivre
et provoque la montée des eaux
PV
14/10 château
la langue bée devant le manque
tour tronquée du château
dont les douves jadis pleines
sont aujourd’hui exangues
PV

15/10 poignard
ses croyances sur parole
sont amputations au poignard
ce moignon replié sous l’os hagard
hésitant du pied
PV

Ce numéro de la revue Dissonances sur le thème toxique abrite à la fois un poème, toxicatio, (sélectionné de façon anonyme comme toujours par l’équipe de la revue) et un texte pour la rubrique Di(s)gression, carte blanche sur un domaine autre que la littérature, à la demande de Jean-Marc Flapp, chef d’orchestre de la revue. En l’occurrence, La cuisine, c’est de l’art ! Comme son titre l’indique, un propos sur la dimension artistique, et non seulement artisanale, technique, scientifique, à travers les chefs-artistes et leur sensibilité.
Vous pouvez acquérir ce numéro de Dissonances ici ou dès demain (en nocturne) et tout le week-end au Salon de la revue à Paris.
Je vous dis à samedi 19h30 pour une lecture de toxicatio, à L’Ours et la vieille grille à Paris.



Ce photo-poème a été exposé au festival Charly en août/septembre 2023.
6/10 doré
le doré de l’idole est un vertige
un mensonge d’identité
où perce pantone pisseux
pour qui gratte le revêtement
PV
7/10 goutte
La fatigue déposée en gouttes
sur le corps anesthésié
noyé l’œil ploie au seuil du sommeil
la narcose est un désert
PV
8/10 crapaud
Se dévide de son fiel
tout entier contenu dans sa gorge
son goitre de crapaud
qu’on voudrait racler
de son acrimonie
PV
9/10 rebond
selfies s’envoient en sauf-conduits
swipés façon de s’accorder
sur nos rebonds d’après chutes
quoiqu’on en dise l’image se brouille
dans les remous
PV

10/10 fortune
le cœur vous prie d’agréer
l’expression de son aptitude émotionnelle
demeurée intacte
et ajouterait en post-scriptum
contre mauvaise fortune etc
PV
Le dernier épisode de Miroir est très riche, l’est encore plus la revue papier d’après 3 des consignes proposées par Laura Vazquez. Elle est éditée par Captive Editions sous la houlette de Benjamin Milazzo qui fait un travail de compilation formidable chaque mois déjà sur la revue numérique. Je ne figure pas hélas au sommaire mais la maquette est belle et le choix de textes promet de l’émotion, des mots puissants. On peut l’acquérir ici.
En revanche, on peut trouver un de mes écrits en ligne.


Et la revue papier :


Il aura suffit de percer profond, d’extraire un peu de matière, de lever les remblais nécessaires. Un corps en creux pour abriter le vide. L’excavation était assez grande pour laisser pénétrer jusqu’à l’absence.
Perle Vallens
Comme chaque année, Inktober en version textuelle est de retour par ici. Voici les mots officiels (j’opte généralement pour une traduction, plus rarement, je conserve le mot anglais).

1/10 rêve
objectif affiché dans le demi-sommeil
d’une prise de pouvoir sur soi-même
à la mesure du plaisir que le manque concrétise
ce qui escamote c’est le rêve qui coupe court
à la conversation du corps
PV
2/10 araignée
dans le cocon du cerveau
ce qui suce la moelle
ce sont deux araignées
au plafond
PV
3/10 chemin
le nerf de la poésie actionné
arc électrique jusqu’aux pieds
c’est chemin de mots qui fait avancer
sur la voie du monde
PV
4/10 esquive
j’arrive au bout et ce qui s’écrit s’effrite
d’une fin comme une esquive
le point final : un effondrement
PV
5/10 carte
La carte s’articule hors champ
s’accompagne d’un inévitable recul
la géométrie des lieux se comprend mieux
par le corps
PV