photo couleur·poésie

Photosensible

Capteurs photosensibles opérationnels
ce qui s’imprime sur ta peau est toujours
un supplément de désir
ce flux transmis en continu méconnaît
la rigueur comptable des bases de données
mais réagit forcément aux filtres
qu’impose la vie
tu sociabilises et c’est déjà pas mal
l’effacement te parle de la lumière
et c’est toujours une façon de te parler
des autres
Perle Vallens

Actualité·écoute audio·Mange tes mots·poésie·podcast·prose

Retrouver l’enfance dans Mange tes mots

Ce soir a lieu le nouvel épisode du podcast Mange tes mots sur une citation d’Aurélie Olivier, c’est en écoute à partir de 18h00. Je participe avec une grande fidélité, amitié et reconnaissance à ses deux créatrices, Galatée et Gingko. J’adore me laisser emmener par la voix de Galatée qui guide l’ensemble des épisodes, d’un texte à l’autre. J’y retrouve des voix aimées et d’autres à découvrir et toujours beaucoup de plaisir à l’écoute. Je vous en souhaite autant que j’en éprouverai.

J’ai eu l’occasion d’assister à leur dernière scène ouverte de poésie il y a peu au Lou Pascalou à Paris et c’était très agréable, accueillant, bienveillant, un peu comme une famille… Et là encore, Galatée en maîtresse de cérémonie.

Actualité·lecture·poésie·Revue littéraire & fanzine

Lectures de la revue Dissonances à l’Ours et la vieille grille (Paris)

Le lancement du dernier numéro de la revue Dissonances aura lieu le vendredi 16 juin à 19h30 en présence de Jean-Marc Flapp, son directeur, et Kader Benamer qui a illustré ce numéro. Y seront données lectures de la part des auteurs et autrices des Silences qui composent la revue, et je lirai Rien (à dire).
L’événement aura lieu à l’Ours et la vieille grille, librairie & bar, 9 rue Larrey à Paris (tout près de la Grande Mosquée).

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Je tombe comme

Je tombe

  • comme la plume ses va-et-vient ses balancements ses oscillations dans le vent sa grâce sa légèreté en bascule finale posée au sol
  • comme la feuille son décroché son arrachement à la branche son passage des saisons dans la soif brûlée asséchée nue
  • comme la pierre lourde d’elle-même grise apesanteur rendue à la terre inerte mais solide encore
  • comme la pluie de fine à drue ses hallebardes ses lames coupantes glaciales herbes hachées pétales déchiquetés ce qu’il en reste de la charpie
  • comme la tête dure à l’endormissement mais endormie tout de même à l’arrière de la voiture son hochement qui n’en est pas un et sa retombée brutale qu’on dirait décapitée
  • comme l’enfant son genou heurté sanguinolent ses pleurs que rien ne semble calmer pas même le bisou qui soigne mais un coup de mercurochrome un leurre une guérison immédiate pour de faux
  • comme le cheval qui chute et c’est comme déchoir de son galop natal quand il se redresse avec peine sur ses jambes fébriles frêles si fines que l’on pense qu’il va chuter à nouveau
  • comme l’ascenseur sa descente douce au départ 3ème sous-sol celui du parking sombre mais celui du film d’horreur lâché d’en haut d’une tour dont les câbles ont cédé que rien ne peut retenir que celui du secours celui de la prière
  • comme l’oisillon qui s’écrase sa chute du nid alors qu’il pensait déjà savoir voler à qui sa mère avait appris ce qu’il faut pour battre des ailes se maintenir avancer dans la vie
  • comme le couperet de la parole définitive refusant l’échappatoire sa fin de non recevoir tout aussi irrévocable que celui du silence imposé
  • comme un cheveu sur la soupe même pas coupé en quatre mais trop long pour ne pas se sentir de trop pas à ma place unique cheveu sur un crâne glabre
  • comme on tombe sur un os et parfois tout un squelette peut-être même le sien