tendon froissé de vieil élastique – tiraillé se travaille en longueur surtout pas en force – s’exercer à la souplesse là où le muscle cesse – ne sait comment tout ça reprend sa forme initiale – comment se reconstitue le puzzle – comment parle le squelette – onomatopées ou rugissements – osselets se jouent de l’esprit – là où nerf tendus à l’extrême – où la douleur où le plaisir quand l’un chasse l’autre – si la morsure de la peau – la laisse lâche sur la chair – chiennerie le corps Perle Vallens
Cet été est paru une anthologie aux éditions Oxybia, Mots de PaiX et d’Espérance, en partenariat avec le Jeudi des mots, dans lequel est paru un poème sur le thème des mots de paix.
J’ai beau faire, j’ai beau enfiler des fibres bien épaisses, fil de mohair ou de velours, rien ne réchauffe mon cuir trop fin. J’ai beau me couvrir de couches de tissus, de trucs molletonnés, de machins synthétiques, d’amoncellements de cellulose, polyester, acétate ou viscose, je reste frigorifiée. Gelée jusqu’à l’échine. Glacée à l’intérieur, bercée par un glas assassin. Percée d’un courant d’air sous la peau, une trouée dans les veines, que ni soie ni laine n’apaisent. Ton absence déchire tous mes vêtements, y laisse un grand trou noir. Eviscérée, je me consume hors toi, abandonnée par contumace. Je me suis brisée aux blocs de givre qui s’entassent à mesure que j’empile les épaisseurs denses, contisées d’ecchymoses, de lassitude, écrasée par un désert vide, sans horizon. Je ne suis qu’une petite chose à l’épiderme trop lisse, au souffle trop court, à l’estomac trop noué pour survivre à la faim (de toi). Je brûle encore mais dans ma banquise, mon igloo intérieur, je meurs de froid. Perle Vallens
l’un visage maigre sans feuillages l’autre décapité ceux qui poussent au trottoir nos vœux joyeux enguirlandés quasi morts le froid ne les atteint plus leurs aiguilles d’âge précoce tomberont blêmes déjà secs déjà crevés cadavres sans guerre avant que nous nous embrassions sous un gui factice Perle Vallens
De retour dans le podcast poétique Mange tes mots avec un enregistrement intitulé Le cri, inspiré d’extraits d’un texte de Monique Wittig, ci-dessous. Rendez-vous aujourd’hui pour l’écoute, ici ou sur spotify.
sans agitation les nuages ne montrent aucun signe d’animosité sont d’immobiles argiles souples légères d’une clarté ambiguë flottent en nappes déshabitées dans ce premier bain du jour d’un gris de poussière pâli et confus comme brouillé rien ne suinte rien ne perle ne déteint dans le silence rien ne menace la contention du ciel en suspens Perle Vallens