Vidéo-poème d’après consigne d’écriture de Marine Riguet (Mater Atelier).
Catégorie : poésie
Mes pas dans les tiens, dans Mange tes mots
Second podcast poétique du week-end avec Mange tes mots, sur un extrait de Joséphine Bacon, vous pourrez écouter Mes pas dans les tiens.

Voici la programmation :
Sandy Bory –
Juliette Rose –
Clémence Demay – J’ai plongé mes mains dans la glaise
Laura Lutard – Mon père m’a dit
luvan – Je n’entends plus la rivière
Galatée – Anagama
Margaux Lallemant – Corps collectif
Nagual – La liberté s’écrit avec un O
Perle Vallens – Mes pas dans les tiens
Ginkgo –
Hortense Raynal – J’fais du bruit
Yaz – Ta liberté
Clémentine Duxin – Mes ex m’aiment encore
Jeanne Didier – En profondes heures (Sample : We Watched the End de Mondkopf)
Jas Maeline – Dialogue ou duel
Nour Cadour –
Daréka – Les mains froides
Rêve ou autre réalité dans Poésie SCHLAG
C’est un week-end spécial podcast poétique avec aujourd’hui la diffusion de Rêve ou autre réalité dans Poésie SCHLAG. C’est en live sur l’aétronome, à 16h avec Margaux Lallemant, puis en réécoute sur soundcloud.
Et demain, encore de la poésie à écouter…

Oeil perce

les idées poussent vite en pleine lumière
gagnée par l’empressement à luire
patience de corps
rien encore noirci si ce n’est
ce regard qui perce quelque part
rien ne renonce
©Perle Vallens
Le temps zéro n’existe pas (chronopoème)
Un nouveau (très court) poème, chronopoème sur soundcloud :
Bye bye

Bye bye baby
Bye bye ton air buté, ta brutalité
ta façon de braire sur moi
de me traiter de branleuse
de bouche à pipe
Bye bye les bleus les ecchymoses
tes cours d’estampes sur peau
tes pluies de juron
tes déjections verbales
tes vertes et tes pas mûres
Bye bye tes bruits dégueu
tes dégueulis quand t’as trop bu
tes prises de bec avec le monde
jamais refait jamais repeint
toujours haï (moi la première)
Bye bye ta guerre de tranchée
(dans le vif)
tes coups hauts de boxeur
tes coups bas de sournois
ta castagne tes pains quotidiens
tes arrachages de dent
Bye bye tes mensonges éhontés
tes faux semblants tes faux sourires
tes faux armistices et faux espoirs
tes fausses promesses de faux amis
tes amours fausses
pas de faux départ je te dis
bye bye
bye bye you’re not my baby
anymore
©Perle Vallens
Tchin à ma jeunesse

Tu te souviens de ces soirs d’été
de ces nuits d’insouciance
d’ivresse facile sans alcool
et sans cuite
coulant simple de joie pure
qu’alors nous étions
joyaux bruts non taillés
non rognés par la vie
Tu te souviens cette descente au goulot
de mauvais Champagne
sur le parvis de l’opéra Garnier
dans cette union improbable
ce reflet indéfectible dans les bulles
Nous étions six ou sept effervescents
tous mineurs passablement éméchés
entre les bustes de Rossini et Auber
on osait fredonner Mozart sous la lumière
astrale des lampadaires
Rien ne pouvait nier nos quinze ans
nous étions invincibles alors
nous vidions nos peurs adolescentes
dans la mousse noyées au cul
de la bouteille
nous buvions d’une même bouche
d’une même ardeur le bonheur d’être
jeunes
Nous ne savions pas alors que
la vie s’agence autour d’absences
qu’elle s’affaire autour de nos dénis
de nos déficiences et de nos défaites
Nos réussites se fêtent encore
au Champagne (et au meilleur)
il a beau pétiller il ne goûte
plus tout à fait l’enfance
©Perle Vallens
En corps

le corps mènerait à toi
il y tiendrait
il s’y tiendrait entre or et peaux
il y logerait tout entier
dans son déluge
dans son vagabondage
un corps dans un corps
exulterait sa danse ex
pulserait ses déserts
poussant son avantage
poussant encore un accord
le quatrième
dans la gamme sonore
©Perle Vallens
On marche avec nos morts

On marche avec nos morts
lourds et morts depuis longtemps
On marche avec nos fantôme plantés dans la peau
harpons de mots accrochés à nos lèvres
On sait le fardeau et la peine qu’on a
à porter nos morts sur le dos
leur poids sur nos épaules
la charge de leur histoire
On sait la force qu’il faut et l’endurance
pour résister à les poser là
à les laisser loin de nous
Alors on endosse nos morts et on avance
©Perle Vallens
Mot à la bouche

le mot percute quelque chose
dans la bouche close
verrouillée aux lèvres cousues
de fil blanc
le mot tourne comme une langue
tourne et se retourne
son lit défait de rives basses
les mains ne peuvent rien
extirper rien exécuter qu’une danse
un entre-deux un tremblement
ce qui repose dans le creux
n’est pas le mot
tout au plus son avancée son ombre
une syllabe pourrait rebondir
d’une main à l’autre si la bouche le
crachait
le mot finit par fondre
tout au fond
©Perle Vallens