
Sur le principe du livre papier Journey, j’ai fait celui-ci, Silence. Il se compose de textes et photos imprimés auxquels j’ai ajouté des éléments à l’encre.
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Sur le principe du livre papier Journey, j’ai fait celui-ci, Silence. Il se compose de textes et photos imprimés auxquels j’ai ajouté des éléments à l’encre.





Silence ou chasteté
entre les deux mes voeux balancent
toujours déséquilibrés
dans mon chaos intérieur
trajets multiples ou voie de garage
je ne choisis rien des allées et venues
de mes doutes de mes peurs
des ombres qui me traversent
des éclaircies qui m’éclaboussent
je ne choisis même pas la direction
que prend mon coeur
©Perle Vallens

ce dépôt de rouille sur la chair
sclérose ou lésions réversibles ou non
rien ne dure que le durcissement
j’assouplis mes lèvres je travaille le baiser à venir
j’élabore le déraillement
dépoitraillée sous lambeaux de tissus
on dit simple appareil
pour la nudité
je préfère le complexe d’un drapé
de jambes autour de mes hanches
avant de dévoyer des mollets pour mieux
m’acquitter de l’emprunt à la jouissance usufruitière
de son regard adjacent
on se débraille toujours mieux devant un œil
©Perle Vallens
Nouvel essai de livre pauvre sur le thème de la virtualité, de l’homme augmenté…






La vie se paie au prix fort
toute taxe prélevée
au sang à la sueur
à la suie laissée sur les mains
à la surface de la peau qui se vend
chairement qui se chasse
à coups de collets de clés de bras
kick’n heartbreak
La vie pose ses pièges
pour qui se pense loup
ou agneau le même péril
la même fin
avec ou sans mâchoires
pour mordre dedans
la vie se charge de nous mettre
tous dans le même sac puis
tire ses jetons au hasard
La vie aime jouer au dé
et à la roulette russe
La vie aime les oxymores
elle trouve ça plus seyant
©Perle Vallens

je sais ce qu’il y a en toi
je sais ce qu’il y a si tu me dis ce qu’il y a en toi
si tu me dis il y a plein de choses que j’aime
des choses que j’aime en toi que j’aimerais en moi
ce préjugé en moi c’est que j’aime ce qu’il y a en toi
ce préjugé c’est ce qui m’amarre à toi
ne se périme pas
ce qui m’accroche avec le temps
peut-être anachronique
peut-être caricatural dans son anachronisme
et dans sa course
il y a l’écriture dans l’amorce dans l’amour
bien ancrée solide dans mes murs
l’écriture dit les gestes l’agitation
l’intention sonore entendue à la voix
quand bien même muette
la voix voulue inerte en visibilité réduite
mais vivante
il y a l’instant-même
il n’est pas encore mémoire
il n’est rien encore qu’un flux binaire
ne se mesure pas à la lumière
se perd dans le trafic web
il faut attraper les messages au vol
filer doux dans le flood pour les attraper au lasso
il faut les enfouir se les fourrer en soi serrés
les laisser reposer en strates sédimentées
les laisser se dessiner dans leur respiration
temps de pose immobile avant la mue
une image se glisse dans une image se glisse dans une image
sans fin
©Perle Vallens
Rendez-vous sur le podcast poétique Mange tes mots ce soir vers 18h pour une série inspirée par Jeanne Benameur. Il y sera sans doute question de grands fonds, de bruits d’eau et de vagues. J’y ai été « Embarquée », tel est le titre du poème que j’y dirai… Bonne écoute!


entre mes jambes vacille
un vieux souvenir ou un rêve de bave
redevenu réalité
nos langues épépinent un fruit oublié
cette confiture qu’on se tartine
on ne sait pas quel nom elle porte
on se lape – top sans écran interposé-
ce baiser étrenné qu’entraîne la morsure
ou est-ce l’inverse dans le choc des dents
dans le trébuchement
on se déracine d’un rien
d’un crachement de doigt
je respire dans ta bouche un mot de trop
qui me ferait expirer
pour un peu le plaisir reviendrait
©Perle Vallens

la tour Eiffel joue
au gendarme et au voleur
(je suis voleur de son feu)
joue au phare piraté à l’ancienne
à l’abordage de nos chevelures
un faisceau flambant neuf
balayage des mèches dans la noirceur
la tour fardée à outrance
lumières vives chasse au noir
rien ne fait défaut
dans le ciel
©Perle Vallens

Je pourrais compter tous les silences
de tous les moments de tous les endroits
mettre la distance dans le souffle
d’une respiration
travailler la patience et mettre le vent
dans ma poche pour mieux les entendre
De tous les silences c’est celui d’un sourire
que je préfère
c’est le silence d’un regard grand ouvert
d’une main levée tendue
le silence d’une main qui caresse
repousse tous nos bruits
disperse loin
toutes nos dissonances
©Perle Vallens