Voici une nouvelle courte vidéo sur la chaîne youtube Perle Vallens :
Catégorie : poésie
L’or au toucher

mes mains sont lampe de poche
je m’éclaire au toucher
au jugé au souffle que l’air déplace
dans mes cheveux
filmée au ralenti je me vois double
sur la pellicule gesticulant
je conjure les images qui ont pris
la couleur de la nuit
ce décalage avec le jaune imaginaire
qui court certaines heures
dans une pupille lointaine il bouge
et fait trembler le vacarme du réel
chaque jour je conjugue le verbe naître
logé dans son œuf
et c’est comme écaler la coquille
pour répandre un or auquel on ne croyait plus
©Perle Vallens
Sang noir, livre pauvre
Sur la base d’extraits d’un recueil en cours, j’ai remodelé les mots pour les écrire dans ce livre pauvre. Titre à l’identique (au pochoir) mais mots réagencés donc, manuscrits, encre et aquarelle.
Ma graphie n’est pas assez belle à mon goût pour ce genre de choses. C’était un essai…
Dans Le ventre et l’oreille, L’odeur du sang ne me quitte pas des yeux

La revue Le Ventre et l’Oreille est une revue culturelle d’expressions musicales et culinaires. Elle réunit des articles au fil de l’eau et des numéros thématiques. Le dernier thème en date est « Beurk » et traite de dégoût gustatif, olfactif, visuel, concernant ce qui se cuisine et se mange, ou auditif s’agissant de sons, de musique…
Ici il s’agit d’une voix qui évoque un certain dégoût de la viande, crue notamment, et du sang (serait autant fascination que dégoût..) et se déroule dans l’arrière-boutique d’un boucher, là où ont été prises les photographies qui illustrent la narration et qui sont donc également de moi.
NB le titre est un clin d’oeil à Eschyle, de la citation originale : l’odeur de sang humain ne me quitte pas des yeux.




360°

corps devenu mur
devenu insecte rampant
sur le mur
devenu bouche taiseuse
corps fraise à main nue
son propre pivot
ancrage à vis bien serré
pour éviter les faux pas
passe ses copeaux sous silence
sa force de coupe son taux d’usage
peut rogner la matière jusqu’à l’os
puise dans l’usinage des jambes
sa stabilité son socle
pour une rotation à 360°
pour un geste qui embrasse
corps adhésif sur toute surface
s’accole s’agglomère lisse
égrène son pollen pleine peau
sa pluie de particules touche
l’horizon du monde
©Perle Vallens
Silence bruisse

Gravats

un glissement de terrain dans les mains
le geste tombe sous des tonnes de gravats
sous des trombes d’eau
d’orages
comme si quelqu’un avait déposé là
un désastre
juste sous mon nez
j’y glisserais jusque sous le sable
ou sous la table s’il y en avait une
on laisserait le droit fil de l’instant
on lui préfèrerait l’accident
on passerait un bon moment
de catastrophe
©Perle Vallens
Journey dans Nouveaux Délits
Après Recours au poème, c’est dans la revue Nouveaux Délits que l’on retrouve ce mois-ci des extraits de Journey. En voici la première page, Cathy Garcia ayant eu la gentillesse de publier plusieurs poèmes du recueil.


CHIFOUMI, vidéo-poème
CHIFOUMI est un poème écrit à l’occasion des ateliers de Laura Vazquez, auxquels je participe maintenant régulièrement depuis plus d’un an mais qu’elle a lancé au début du tout premier confinement en 2020.
Je l’ai mis en images et j’en ai fait un très court vidéo-poème visible, comme toujours sur la chaîne youtube Perle Vallens. Il associe des vidéos de météorites, ainsi que de photographies, d’animations et montages photos personnels. J’espère qu’il vous plaira !
Jamais ne neige sur mon visage

voix auto-reverse
long travelling sur la route
ce glapissement des flocons sur la vitre
il neige rarement sur mon front de mère
jamais ne neige sur mon visage
tout glisse sur la passementerie
de mes lèvres cousues mains
tissage bien serré dessus-dessous
ce sourire comme une transhumance
où paissent mes souvenirs
tu vois par transparence
la hauteur de canine qui perce
le jour même c’est la morsure
qui éveille le mieux
©Perle Vallens




