corps·photo n&b·poésie

Fêlures

Corps est matière à fêlures
matière à failles ouvertes
à geysers fumants à frottements
matières liquides et vapeurs
ses eaux de surface
ses peaux en fusion
Corps est matière à brûlures
matière à intoxication
inhalation soumise à addiction
matière à hyperventilation
matière à risque
hautement inflammable
fortement vulnérable
en cas d’incendie
©Perle Vallens

(recueil Carcasse)

atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·poésie

Le ciel fait silence

Le ciel de gravats ne parle pas
fait la gueule faut croire
fait la grève
se déglingue sans rien dire
se désagrège tout doucement
sonnerait son propre glas
tombe bas d’épaule sur mon dos
des aigreurs de bile
un ton grave un air morne
aucune récolte à la clé
aucun éclair blanc
aucun cri porté par le vent
dans la voûte haute
aucun orage à déclarer
à ses frontières ni en dehors
calme plat dans ses entrées
triste à pleurer qu’il ne pleure pas

Le ciel a choisi la saison muette
a rangé ses miettes sous la nappe
a balayé devant sa porte
a traversé sans regarder
sans m’adresser la parole
aucune prière n’a été prononcée
à l’heure des promesses
aucun petit profit
aucun premier baiser
aucune prison ouverte
il garde toutes ses fenêtres
fermées son noir de grimace
tout ce gris d’avance la poussière
parsemée sur ma tête brûlée
rien ne passe d’encre de fuite
entre mes bras ma faute se lit
dans le plus sombre des lits
de rivière morte

Toi tu le sais,
le ciel fait silence
©Perle Vallens

atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·poésie·prose

Le chemin

Je vais dans la vie d’un pas fracturé, d’un pied bot, la jambe boiteuse de ne savoir où se poser.
Je croise des âmes blessées, des lambeaux de vent qui me percutent de leurs mouvements trop amples, de leurs gestes arrachés à la terre.
Avec mon corps crashé par tant de collisions je continue de marcher.
Nous continuons tous d’avancer sur le chemin.
Tous en apnée devant et derrière ce qui nous sert de boussole.
Nous allons à l’aveugle, nos yeux bridés de solitaires, nos yeux couturés d’erreurs d’aiguillage, de coups de ciseaux si anciens qu’ils ont rouillés, nos yeux de fer rongé par le temps.
Nous avons tous des mains trop grandes d’ogres faméliques, nos dents déchaussées dansant seules dans nos bouches.
Nous ouvrons encore nos gueules vides, bêtes affamées en quête d’un loup, d’une meute. C’est à qui trouvera la couverture chaude de l’humanité pour s’en couvrir. A qui les draps propres de l’amour pour se vautrer.
Il se dit qu’à défaut d’un agneau, nous pourrions nous nourrir de rivières, nous pourrions nous vêtir de forêts.
Et parsemer de nos os les routes pour montrer la voie empruntée à l’avenir, celle à suivre des yeux avant de la nommer.
Nous poursuivons tous, c’est le parcours imposé de l’escape game jusqu’à son terme (joueur ne joue pas encore), jusqu’à dernier souffle, la respiration courte de l’oiseau.
©Perle Vallens

Actualité·anthologie de poésie·collectif·Editions des Iles·poésie

Anthologie Voix des îles

En février 2020, appel à poésie était lancé par l’association Indocîles.
L’anthologie à laquelle il a donné naissance vient de paraître, aux Editions des îles, regroupant pas moins de 65 poètes ! Citons pêle-mêle, Eric Poindron, Eric Costan (qui fait partie de l’association), Guylaine Monnier, Milène Tournier, Amélie Guyot… J’y figure avec deux de mes poèmes : Credo et L’art du rien.
L’anthologie est disponible en suivant le lien.