
vendre la peau de l’oursin
on s’y piquera les doigts
on entendra crépiter les épines
elles ne nous blesseront pas
moins que les écailles les cristaux de résine
le fruit du pin est non comestible
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

vendre la peau de l’oursin
on s’y piquera les doigts
on entendra crépiter les épines
elles ne nous blesseront pas
moins que les écailles les cristaux de résine
le fruit du pin est non comestible
©Perle Vallens

terre rasée terrassée
s’intercale entre deux sections nues
déflorées restées à sec
s’interroge sur ses craquelures
sur ses cratères toujours plus creusés
questionne son point de friction
son point de non retour
de non respect de non sens
de rotation de désynchronisation
il reste une seconde intercalaire
à mi parcours du temps astral
une seconde minuscule pour faire basculer
c’est affaire de décompte
dans le vide sidéral
c’est affaire de marche rapide
dans le mouvement interne
dans le crépitement du noyau liquide
c’est affaire de désordre anthropocène
ne sait qui rendra des comptes
quand les scories couvriront
de cendres jusqu’au soleil noir
©Perle Vallens

déshabillée dans les yeux noirs
des cyclones des désastres
la nudité ne retient rien
nul désert à ciel ouvert
sous l’aisselle
ni feux d’enfer
seulement la terre rouge
de ses ancêtres
©Perle Vallens

Confluence de tes mots à mes lèvres
s’ouvrent sur ton nom
mordu de sa belle mort
entaillé d’un signe d’un silence
mouillé de la pluie de ma bouche
qui le baigne
qui brasse et malaxe
mâche et le saigne
achève dans ses jus
impossible à digérer
ton nom ma plus chère bactérie
prise en amitié colonisée
désigne ma faiblesse
mon désir
petite créature
multirésistante
©Perle Vallens

Le ciel baisse sa vue devenue courte
passe sous la corniche
s’éloigne et se rapproche
Le ciel joue avec nos nerfs et nos yeux
chasseur cherche sa proie loin des nuages
chatouille la terre à l’orée d’un crépuscule qui tarde
Trouée grande comme le sas du jour
le ciel y pénètre par la plus petite ouverture
pour l’élargir
remplace sa houle par plus grande tempête
par furie de vent
Cette violence du ciel ravage sans grand bruit
juste un souffle pour obscurcir
pour s’affranchir du jour
froid et dur tombé entre nos mains
Le ciel blesse sans en avoir conscience
©Perle Vallens


La terre fume loin devant
sa bouche de cent millions d’années
s’ouvre encore aujourd’hui
et laisse échapper son ocre perpétuel
©Perle Vallens

La lumière ne pèse rien
que son poids de réalité augmentable
que sa densité perceptible pour les yeux
Ce qui se voit pèse parfois des tonnes
On ferait disparaître dans l’ombre
cette masse limite non admissible
ou l’on fermerait les yeux
La lumière pèse à peine plus qu’une poussière dans l’œil
à peine une lésion qui entame la pupille
tout au plus une gêne qui fait cligner
rien qu’une escarbille jusqu’à ce que
l’onde décline
Ses particules s’éparpillent diffractent
jusqu’à distance respectable
jusqu’à dissolution suffisante
de tout rayonnement
Seule la nuit connaît le soulagement
Seul le noir sait alléger la lumière
©Perle Vallens

son hypnotique de la truelle
racle lisse terrasse la matière
caresse palisse dans sa lenteur
ce geste sans impatience
tapote rompant le rythme et le charme
tasse essuie reprend l’envoûtement
le voile de ciment à ceinturer l’existence
presse lessive insiste sur la fissure
ce qui s’effrite parsemé de doutes
ce qui se regarde en face
toutes cicatrices confondues
ce qui ricoche d’emblèmes pierreux
de roches qui s’écroulent
sans linteau pour retenir la scission
ce qui ronge le cœur même
au bord de l’épuisement
la fission brutale du noyau
l’éclatement total l’éparpillement fluide
ce qui se répare le trou béant dans la structure
le rafistolage des pistes brouillées
attraction de couches successives
espacements expulsions extrasystoles
©Perle Vallens
