Les dents, des doigts qui s’avancent à la morsure La langue, ce serpent qui s’enroule, se déroule dans les bouches Ses lèvres refermées sur doigts et serpents devenues porte close, s’ouvriront pour dire toutes les images cachées sous le front Lui bombé d’intelligence sous le cheveu blond, petite broussaille de foin rare, le front comme voûte, avancée sereine du cerveau L’œil, la noyade si l’on n’y prend garde Le menton n’est qu’un avant-poste Le cou, l’anguille qui s’évanouit, qu’on verrait disparaître dans le seau de Francesca L’épaule a la rondeur ferme des fruits d’été soyeux sous la joue Les bras longs déliés de félins Ses mains comme patte de chat, griffes fines à glisser sur les peaux Le poitrail est valeureux ponton pour les poitrines, quelques poils caressants sont l’herbe fraîche du matin Le ventre est oreiller, tu sais, celui des note japonaises, un fouillis, un feu-follet, ou du livre chinois, riche de ces estampes dessinées en imagination sur le souffle, jusqu’au nombril, en creux de mes histoires intimes Ton sexe est arbre fier, veiné d’écorce, dressé au ciel Tes jambes, des lianes pour s’accrocher à ma taille, et tes pieds, des singes immobiles à leur extrémité, sages et obscènes à la fois