
On sent les pulsations plus fort
à l’estuaire du poignet s’entend cogner
le signal répété de l’influx
son clignotement sourd, obstiné
C’est la fièvre dans l’angle mort
de la veine
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

On sent les pulsations plus fort
à l’estuaire du poignet s’entend cogner
le signal répété de l’influx
son clignotement sourd, obstiné
C’est la fièvre dans l’angle mort
de la veine
©Perle Vallens

Loess silice sols oxydés
Roches maigres dénudées
Nous sommes déliquescence
Nous sommes délitement progressif
Nous sommes tremblement de chair
Nous sommes tressaillement des crêtes
Nous sommes effritement des craies
Écrasés à ras de terre nos corps
terrassés que poudroient nos terreurs
Il est temps déjà atteint par les vents de révolte
Il est temps de se relever de la poussière
Il est plus que temps pour les meilleures volontés
Nous ne savons pas s’il est encore temps pour les délicates attentions
©Perle Vallens

Au corps le corps reconnaissant, dédicataire de lui-même.
Le corps anachronique a des désirs de grandeur qui ne sont plus à sa portée.
Vieilli, blanchi, claudicante consécration de l’âge, corps bêtabloqué en soutien du cœur.
Il durera ce qu’il durera.
Son plein potentiel, humain moins humain mais position méta.
Le corps polymorphe dans son désir d’être est une foule à lui seul.
©Perle Vallens

Plonger la tête sous l’eau. Sans branchies. Sans bruit. Se noyer doucement. Chuter d’un poids. Ajouter un poids à un poids. Celui qu’on jette avec la tête. Celui qu’on lance en alerte. Dedans-dehors, visage à l’avant. A l’avant-scène du jeu de dupe. Visage tombé à plate couture. Écrasement facial.
©Perle Vallens

quelle voie intersidérale
idéale régulation des idées fixes
si l’on faisait tournoyer la tête
comme essoreuse à salade
comme piste aux étoiles
comme toupie vaine
elle naine blanche
sans plus de compagnon stellaire
que de souffle de chaleur de lumière
en perte d’équilibre son cœur mis à nu
en perte de son point de gravité
tomberait à pic son corps noir
rayonnera encore pourtant
©Perle Vallens


Se dit des larmes
Se dit de la désolation
Se dit de l’impuissance
Se dit de l’abandon
Se dit de la peur
Se dit de l’immense tristesse
Se dit du cri comme du silence
Se dit de la lumière noyée dans le rouge
Se dit de l’impossibilité à rester
Se dit de celle à traverser le rivage
Jamais nager ne fut si vain
Jamais rien ne peut échapper
aux flammes qui mangent toujours plus loin
bien au-delà des forêts ravagées
bien au-delà des maisons et des vies
bien au-delà de ce seul pays
Le monde se fait feu
façon de représailles
partie immergée des glaciers
avant fonte totale
©Perle Vallens
soulever la terre lente
au sortir du caveau
écoper les pierres
charrier la lourdeur
tombée en poussières sur les épaules
se frayer un passage
entre les voies possibles
on ne compte que sur soi pour
choisir la meilleure
on tremble dans nos propres mains et
dans les peurs croisées au détour
des murmures sur les bouches
©Perle Vallens

La mort est au pain sec et à l’eau
se serrera la ceinture
La mort ses gorges chaudes
ravalées sans sel ajouté
partagera les mêmes pièges
que la vie
L’incertitude l’attente infligée
toujours les mêmes foules
sans visage
Chaque fois la mort regarde entre ses jambes
et n’y voit que la nuit
©Perle Vallens
