
Caviar 21

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…


Se dit des larmes
Se dit de la désolation
Se dit de l’impuissance
Se dit de l’abandon
Se dit de la peur
Se dit de l’immense tristesse
Se dit du cri comme du silence
Se dit de la lumière noyée dans le rouge
Se dit de l’impossibilité à rester
Se dit de celle à traverser le rivage
Jamais nager ne fut si vain
Jamais rien ne peut échapper
aux flammes qui mangent toujours plus loin
bien au-delà des forêts ravagées
bien au-delà des maisons et des vies
bien au-delà de ce seul pays
Le monde se fait feu
façon de représailles
partie immergée des glaciers
avant fonte totale
©Perle Vallens
soulever la terre lente
au sortir du caveau
écoper les pierres
charrier la lourdeur
tombée en poussières sur les épaules
se frayer un passage
entre les voies possibles
on ne compte que sur soi pour
choisir la meilleure
on tremble dans nos propres mains et
dans les peurs croisées au détour
des murmures sur les bouches
©Perle Vallens

La mort est au pain sec et à l’eau
se serrera la ceinture
La mort ses gorges chaudes
ravalées sans sel ajouté
partagera les mêmes pièges
que la vie
L’incertitude l’attente infligée
toujours les mêmes foules
sans visage
Chaque fois la mort regarde entre ses jambes
et n’y voit que la nuit
©Perle Vallens

Ce premier livre est en fait un livre de photographies sur l’enfance empreint de poésie et annoncé hier sur mon autre blog. J’en reprends ici la présentation.
Les choses de l’enfance ne meurent jamais totalement.
Chaque jeu, chaque découverte nous nourrit, nous construit dans
notre vie d’adulte. Nous grandissons avec elle.
Nous passons les épreuves de la vie, nous passons les âges mais
l’enfance nous accompagne, enfouie. C’est un paysage intime qui
s’élabore et se regarde pas strates et qui fait de nous notre propre
archéologue…
Ainsi débute ce petit livre de photographies sur l’enfance, dont le format s’accorde si bien avec la thématique. 130×130 et 64 photos en noir et blanc pour rythmer l’enfance, 64 carrés d’embellie pour la faire rimer avec la joie qui perdure, bien au-delà. Puissent-elles être le conducteur vers vos propres souvenirs, vers votre propre joie.
Le livre est édité aux éditions Jacques Flament et disponible ici. Il peut aussi se commander chez votre libraire.
En voici un aperçu, feuilleté…


Chair tiède autour
une torche faite femme
brûle depuis l’intérieur
faite brasier ou soleil
par temps de lune
une brume chaude à envahir
les désirs froids
©Perle Vallens

motif favori
le vent nous dit de nous abaisser
pour mieux voir d’en bas
les bras devenus buissons
devenus lambeaux durs
devenus tentatives de naufrage
une brutalité d’ouverture pour embrasser le ciel
une perspective de plus dans le ruissellement
motif à repeindre aux couleurs qui ne mènent nulle part
motif à préférer la lumière d’orage
à friser la mélancolie
à rafler toutes les mises
finalement
motif à refleurir
©Perle Vallens
