écriture·Inktober·poésie·prose

Inktober 2023 (5 par 5, 1)

Comme chaque année, Inktober en version textuelle est de retour par ici. Voici les mots officiels (j’opte généralement pour une traduction, plus rarement, je conserve le mot anglais).

1/10 rêve
objectif affiché dans le demi-sommeil
d’une prise de pouvoir sur soi-même
à la mesure du plaisir que le manque concrétise
ce qui escamote c’est le rêve qui coupe court
à la conversation du corps
PV

2/10 araignée
dans le cocon du cerveau
ce qui suce la moelle
ce sont deux araignées
au plafond
PV

3/10 chemin
le nerf de la poésie actionné 
arc électrique jusqu’aux pieds 
c’est chemin de mots qui fait avancer 
sur la voie du monde 
PV

4/10 esquive
j’arrive au bout et ce qui s’écrit s’effrite 
d’une fin comme une esquive 
le point final : un effondrement 
PV

5/10 carte
La carte s’articule hors champ 
s’accompagne d’un inévitable recul
la géométrie des lieux se comprend mieux 
par le corps
PV

Actualité·écoute audio·collectif·Mange tes mots·poésie·podcast·prose

L’amour, ses quatre vérités sur Mange tes mots

Mange tes mots était au Poetik Bazar pour une session d’atelier et scène ouverte. L’épisode enregistré aux Halles de Schaerbeek le 24 septembre 2023 est diffusé sur Radio Campus Bruxelles (92.1) aujourd’hui à 18h00, en écoute ici : www.buzzsprout.com/1709377.
La version podcastée sera suivi d’un partage sur les plateformes Mange tes mots  à 18h30, ce même samedi. Une playlist comme une constellation, qui abrite à la fois les textes aimés de l’appel à texte consacré à bell hooks, et les participations à l’atelier d’écriture mené au Poetik Bazar le 22 septembre 2023. Elle inclut notamment ma proposition l’amour, ses quatre vérités, aux côtés d’autres textes. Très bonne écoute !

En voici l’écoute sur soundcloud :

atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·prose

Chien et loup

Ça commence entre chien et loup, ce moment où la lumière s’émousse doucement. L’ombre bleue survient progressivement. Elle envahit d’abord la terre, les arbres. Elle se dessine en nappes, en nébuleuse un peu floue qui recouvre ce qu’il reste à voir. C’est le moment où les yeux se plissent pour distinguer encore quelque chose dans l’obscurité. Pour s’habituer au noir. Elle s’avance à son rythme, s’étend, se répand. Elle repeint. S’éternise. Le paysage se brouille dessous, puis disparaît. Toujours ce mouvement lent, comme ralenti, suspendu, surprend par sa radicalité. 
On dit qu’elle tombe mais c’est faux, la nuit noie.
Perle Vallens