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Mesurer l’angoisse

Elle respire à peine. Apnée qu’elle contrôle d’on ne sait quelle partie du corps. S’il s’agit d’interdire toute émotion trop vive de la submerger. Les efforts qu’elle fait pour lisser la barre à son front, ne rien laisser paraître du stress qui la dévore. L’œil s’inquiète et roule vers les autres, sans les regarder directement, mais fugace, par en-dessous, jauge la concurrence. Elle-même se sent dévisagée. Des regards dans son dos la contournent, des regards pointillés ou insistants, qui sondent, évaluent, statuent, critiques dards d’insectes qui la pénètrent et diffusent leur venin, accroissent son angoisse. Debout, elle passe d’un pied sur l’autre, mais le mouvement deviné est interne, oscille entre l’estomac et le cœur. Le mouvement est percussion contre ses parois, sa peau invisible dans son survêtement noir, son collant invisible dessous et seulement l’ouverture devant, par où l’on voit le justaucorps, par où les battements irréguliers, par où le frissonnement instable, la chair de poule qui n’est pas de froid. Mais son ventre triche et lui remonte à la bouche. Ses lèvres se pincent pour éviter à l’air d’entrer et sortir. Exclure qu’il la contamine. Moins que les muscles, l’intérieur tout entier en tension, les organes figés dans leur eaux, leurs tissus, cette sclérose quand les membres s’efforcent de se délier, de se laisser aller à leur souplesse naturelle, relâchés. Elle attend, fébrile, l’entrée en scène, se demande quels seront les exercices imposés, combien ils seront pour la juger. Est-ce que les autres seront meilleurs qu’elle ? Est-ce qu’elle a ses chances ? Ce passage de haie du concours la tord sans la briser, quelque chose se retient encore. Mais cette légère morsure lui mange la gorge, ce pincement continu à ses tempes. Pour tromper le monde, se donner une contenance, elle fait craquer ses articulations, sa façon sonore d’habiter l’espace, de se sentir pleine de cette atmosphère qu’elle déplace, viciée de l’anxiété et lourde de ses déserts. Elle se cambre à l’extrême, son dos arqué, ployé, elle envisage le plafond comme une récompense, un refuge possible.
Perle Vallens

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Texte et photographie dans Résonances

Écrire un texte en résonance avec une photographie, tel est le principe de cet ouvrage collectif édité par Jacques Flament pour lequel je participe à nouveau. Cette fois c’est sur l’une de mes propres photographies que j’ai écrit, une de celles du livre sur l’enfance publié par le même éditeur, Que jeunesse se passe.

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Toile de nuit dans Poésie SCHLAG


Ce 3ème opus du podcast poétique SCHLAG, créé par Margaux Lallemant sur le thème La nuit est un tableau, sera diffusé en direct ce soir à 20h00 à l’Aétronome, sur le site ou irl si vous être du côté de Saint Etienne. Il accueillera le texte Toile de nuit.

Edit 9 mai 2023 : après le direct du 27 avril, le podcast est désormais sur soundcloud. Bonne écoute !

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Forêt d’ocres

Déjà les nuages éparpillés au ciel, cotonneux, flottant, semblant en suspension, immobiles aplats fous sur le ciel impeccablement bleu. En deçà, les roches rondes, bosselées, doucement érodées, teintées dans la masse de jaune, de rouge, de grenat et de mauve, s’enflent et se défilent. Dans le loin, elles se hissent, émergent en surplomb des résineux. Elles accrochent des mousses et des lichens, s’ombragent des branches qui s’appesantissent, ployant et qui leur dessinent des visages dentelés. Là, clapote une flaque orange. Ici, craque une écorce d’arbre. C’est le son fluet, vivace d’une forêt d’ocre.
Perle Vallens

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Un peu de verdure dans Mange tes mots

Ce soir s’écoute un nouve épisode de Mange tes mots, le podcast poétique, sur un extrait de l’iranienne Forough Farrokhzad « Je plante mes mains dans le jardin/Et je sais, je sais, je sais, je vais verdir ». Un peu de verdure donc dans les mots qui y seront distillés et dans les miens, puisque tel est le titre du texte que vous pourrez entendre. Rendez-vous à 18h00 et bonne écoute !