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Sur la plage, je
Sur la plage, je rejoins le jour
J’erre dans le jaillissement fragile
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Sur la plage s’écoute sur soundcloud.
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

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Sur la plage, je
Sur la plage, je rejoins le jour
J’erre dans le jaillissement fragile
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Sur la plage s’écoute sur soundcloud.

Ce matin, une fraise est née du croisement des ombres, nourrie de lumière et de la providence, de l’avide faim de la vie. Ce matin, la fraise encore blanche a rougi de l’indécence du soleil. Mise en poche et en plis du ventre, elle a vécu de la terre à la bouche son trajet droit devant sans aucune trêve, destin d’akène entre les dents.
©Perle Vallens
Numéro zéro de la revue numérique Poésiemuziketc, premier opus dédié à « Demain » au sortir du confinement. Quoi, comment… plusieurs poètes, auteurs se sont penchés sur le thème. Reset en fait partie… C’est à lire sur Calaméo.



Les mots furtifs se glissent de la langue à la page, en peu en vrac matinal, désordonné comme les cheveux, en bataille mal rangée. Ils se heurtent dans la bouche endormie entre le café chaud et la tranche mal mâchée. Ils s’amoncellent dans leur bulle entre les lèvres closes, retenus avant l’entrée en scène. Les mots ne retrouvent pas leur place. Ils ne retrouvent pas leur sens.
©Perle Vallens

Lésion dangereuse à l’intérieur.
Avoir encore des tripes pour digérer, une posture d’attaque pour encaisser les coups durs. Avoir de l’estomac pour ravaler l’amer.
Le dissimuler au soleil. La saveur biliaire se chasse sous le sucre des fleurs.
N’en cueillir qu’une. Laisser les autres pour demain.
©Perle Vallens

la poésie est amnésique, elle est le poids de non mémoire, de non identification.
Les mots ne disent rien de compréhensible. Les mots se cherchent juste un chemin à travers la peau. Ils vibrent en percussion que nous percevons de loin, à l’intérieur.
La rage aide à rassembler les mots perdus. Tous les mots en meute regroupés sur le-dessus se mettent parfois à hurler.
Les paroles noyées dans la nuit ne veulent rien dire, juste qu’elles se noient dans la nuit.
©Perle Vallens
Voici une mise en image du texte diffusé initialement sur souncloud, Tatam tatoum, lecture « slamée » après cette variation plus « classique » du même thème.
Edit 18 mai 2020 : cette mise en image a été réalisée à l’appel de Séverine Daucourt, dans le cadre de sa résidence d’écrivain au Cerep Phymantin (Paris 14è). Elle a ainsi réuni 65 lectures de poètes/auteurs/autrices afin de réaliser une « poéthèque », élaborée dans l’urgence et destinée aux élèves/patients du Cerep pour les inciter à maintenir un lien avec la langue, avec la poésie et avec le groupe auquel ils appartiennent. Une façon de pallier les ateliers qu’elle animait pour et avec ces jeunes. La chaîne/poéthèque « A voix haute » est accessible sur youtube.

Les pieds disent l’importance de toucher le sol.
Ils savent prendre appui, connaissent l’impulsion et le besoin de danser.
Les pieds parlent d’air nouveau, d’ailes et d’envol.
Ils ont leurs propres mots qui chantent sous la semelle.
©Perle Vallens

Je rêve d’une vie avec vue sur le ciel mais toujours mes yeux traînent par terre.
De crainte de les perdre, je les range dans ma poche. Je pourrais les mettre dans ma bouche, là où dorment les mots. Peut-être qu’ils y croiseraient le mot ciel. Il est bien plus petit, moins bleu mais cela peut sans doute suffire au début, le mot ciel. C’est peut-être un tremplin ou une échelle. Peut-être que le mot ciel est un mot-clé pour ouvrir le ciel.
©Perle Vallens

Il est possible d’exiger un droit au retrait d’identité pour un délai indéterminé. Peut-être se disperser un peu, se diluer en transparence de soi. Taire ce que l’on est, tarir les sources du nom et de l’origine.
Eventrer les cages d’escalier, en écarter les barreaux. Se retrancher volontaire au fond des forêts.
Seule persistance d’une trace de vie, un souffle anonyme.
Aucune disparition signalée.
©Perle Vallens