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Nom à la bouche

Confluence de tes mots à mes lèvres
s’ouvrent sur ton nom 
mordu de sa belle mort 
entaillé d’un signe d’un silence 
mouillé de la pluie de ma bouche 
qui le baigne 
qui brasse et malaxe 
mâche et le saigne
achève dans ses jus
impossible à digérer 
ton nom ma plus chère bactérie 
prise en amitié colonisée 
désigne ma faiblesse 
mon désir
petite créature
multirésistante
©Perle Vallens

photo couleur·poésie

Trouée de ciel

Le ciel baisse sa vue devenue courte
passe sous la corniche 
s’éloigne et se rapproche
Le ciel joue avec nos nerfs et nos yeux
chasseur cherche sa proie loin des nuages 
chatouille la terre à l’orée d’un crépuscule qui tarde
Trouée grande comme le sas du jour 
le ciel y pénètre par la plus petite ouverture 
pour l’élargir 
remplace sa houle par plus grande tempête 
par furie de vent
Cette violence du ciel ravage sans grand bruit 
juste un souffle pour obscurcir 
pour s’affranchir du jour 
froid et dur tombé entre nos mains 
Le ciel blesse sans en avoir conscience 
©Perle Vallens

photo n&b·poésie

Ce que la lumière pèse

La lumière ne pèse rien 
que son poids de réalité augmentable 
que sa densité perceptible pour les yeux 
Ce qui se voit pèse parfois des tonnes 
On ferait disparaître dans l’ombre 
cette masse limite non admissible 
ou l’on fermerait les yeux

La lumière pèse à peine plus qu’une poussière dans l’œil 
à peine une lésion qui entame la pupille 
tout au plus une gêne qui fait cligner 
rien qu’une escarbille jusqu’à ce que 
l’onde décline 
Ses particules s’éparpillent diffractent
jusqu’à distance respectable
jusqu’à dissolution suffisante
de tout rayonnement 

Seule la nuit connaît le soulagement 
Seul le noir sait alléger la lumière 
©Perle Vallens

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A la truelle

son hypnotique de la truelle
racle lisse terrasse la matière
caresse palisse dans sa lenteur
ce geste sans impatience
tapote rompant le rythme et le charme
tasse essuie reprend l’envoûtement
le voile de ciment à ceinturer l’existence
presse lessive insiste sur la fissure
ce qui s’effrite parsemé de doutes
ce qui se regarde en face
toutes cicatrices confondues
ce qui ricoche d’emblèmes pierreux
de roches qui s’écroulent
sans linteau pour retenir la scission
ce qui ronge le cœur même
au bord de l’épuisement
la fission brutale du noyau
l’éclatement total l’éparpillement fluide
ce qui se répare le trou béant dans la structure
le rafistolage des pistes brouillées
attraction de couches successives
espacements expulsions extrasystoles
©Perle Vallens

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Silice

Loess silice sols oxydés
Roches maigres dénudées
Nous sommes déliquescence
Nous sommes délitement progressif
Nous sommes tremblement de chair
Nous sommes tressaillement des crêtes
Nous sommes effritement des craies
Écrasés à ras de terre nos corps
terrassés que poudroient nos terreurs
Il est temps déjà atteint par les vents de révolte
Il est temps de se relever de la poussière
Il est plus que temps pour les meilleures volontés
Nous ne savons pas s’il est encore temps pour les délicates attentions
©Perle Vallens