photo n&b·poésie·prose

Meilleur aperçu

Nous avons élargi tant d’épaules et tant de cœurs
et tout ça sans les mains

Nous avons uni des langues foisonnées
sans amalgame ni fusion
sans même un doigt sur les lèvres pour ne rien taire des mots à venir

Nous avons levé les yeux depuis l’écart entre la ligne de fuite et l’espace qu’occupent les pieds
leur ancrage dans le sol

Nous avons ouvert des voies des clameurs
de nouveaux cycles
l’éclaircie comme éclairage d’un réel possible
des accalmies attendues

Nous avons soulevé le vent
pour un meilleur aperçu de la vie

Perle Vallens


(poème minute, Le parvis, esplanade de Beaubourg, Paris, écrit le 1er janvier 2024)

poésie

pousser la porte

J’entre dans 2024 comme un enfant trépignant opiniatre
un enfant gâté avide de vie pure de vivacité
d’intenses balancements entre je et nous
d’ivresse sans gueule de bois du jour d’après

j’entre dans janvier comme un déjà vu pourtant
déjà ressassé tant de débuts qui ressemblaient à des premières fois
mais visage fake de nouveauté de repartages d’images instagrammées

tant de fois déjà ce décompte des jours
l’agenda vide au fond du ventre
et le cœur battant ses semaines au galop
éperonner comme on épelle chaque lettre de l’attente
et de l’espoir resté intact

Perle Vallens

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Absence

Rien ne frotte
Aucune étincelle d’aucun silex
aucune flamme ne naît des braises déjà soufflées
Le feu est là quelque part mais ne se réveille pas pour faire brûler
et ce qui ne brûle pas s’éteint

Rien ne murmure rien ne chante
la voix a disparu
la bouche de la voix a disparu
le visage de la bouche de la voix a disparu
Il n’y a plus de vent assez fort pour la porter

Il n’y a plus de marée pour me nourrir
plus de lumière pour me guider
dans l’horizon plus de montagnes à escalader
tout est plat à perte de vue

Il n’y a plus de chemin où poser mes pas
la route prévue a été coupée
chercher revient à ne pas trouver
se pencher dans le vide revient à tomber

Perle Vallens

photo n&b·poésie

je, l’étranger

sur un horizon bas de gamme
nous défleurissons
précocement tombés dans l’âge adulte
des joues débordées par le désir
la langueur et la mélancolie
la morsure du dimanche soir
promotion sur les lendemains qui déchantent
deux jours pour le prix d’un qui vaille la peine
c’est comme dire un tiens vaut mieux que deux tu l’auras
nous cumulons les mauvais choix par crainte
de ce qui crépite au fond d’un lit
c’est le caractère d’urgence
irréversible
ce qui démange nous jouera des tours
ce qui se digère mal au fond c’est le prix à payer
d’une sueur inconnue
cet autre je qui nous est étranger
Perle Vallens

Actualité·série photographique

Toutes les séries photographiques, ou presque

Dans la perspective de regrouper textes et photos sur la même interface, à savoir ici, j’ai regroupé presque toutes les séries et les thèmes photographiques accessibles dans l’onglet déroulant accessible depuis la page d’accueil (voir la capture ci-dessous) ainsi que via Perle Vallens Photographie puis cette page. Un peu de rangement avant suppression de l’espace initialement dédié à la seule photographie.