atelier Tiers Livre·écriture·prose

La vieille automobile

La vieille automobile biplace décapotable ses roues si fines qu’on dirait jouet d’enfant et son chauffeur à casquette et belle moustache au-dessus du sourire belle allure dans son costume trois pièces et cravaté élégant présentation impeccable les mains fermes sur le volant véhicule prêt à démarrer dans l’attente d’un signal et son très jeune passager au regard qu’on dirait mélancolique ses cheveux très ras très blonds le col clair d’un vêtement à gros boutons d’où émergent les doigts fléchis paume posée sur la capote repliée quand à l’arrière sur ce qui semble être un siège de service où s’adosse un jeune homme portant veste d’étudiant et casquette tous deux siglés d’un écusson son visage flotte devant le feuillage et branches d’arbres d’un jardin qu’on pense parfaitement entretenu à tel point qu’on en vient à l’évidence du fait justement de ce jardin et l’apparence soignée des passagers du véhicule qu’il s’agit de membres d’une famille bourgeoise aujourd’hui disparue du moins en tant que bourgeois dont subsiste peut-être encore un esprit conservateur voire une âme passéiste chez des descendants sur lesquels plane une ombre de regret ou mélancolie à moins que rien de tout ça
Perle Vallens

(atelier sans ponctuation avec Claude Simon)

ciné-poème·poésie·vidéo-poème

Trébucher sur l’aiR Nu

Après ce chant de caresse, voici Trébucher, une nouvelle création sonore et visuelle pour le site l’aiR Nu/rubrique c’est entendu, un vidéo-poème, et même un ciné-poème puisqu’imagé par un extrait des Temps modernes de Charlie Chaplin sur les sons 39, 49, 65 de la sonothèque du site. c’est très court, ça dure 30 sec et c’est à voir en suivant le lien de l’aiR Nu.

atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·prose

Découragement

Maintenant je ne suis que ça : découragement.
Depuis la cage de mon squelette, le découragement résonne et sa voix est acouphène. Tu gémis, me dit-il. Tu ne fais que gémir, tu ne sais plus que ça. A la place tu devrais taire la douleur. Ta fatigue, donne-la moi, elle me nourrit. Contente-toi de toi. Le vide te restreint, c’est plus facile. Dis-toi que tu n’es rien, ça va passer. Contente-toi de cette patience à vivre car rien n’est jamais résolu. Contente-toi.
Mon découragement me décourage moins vite, moins longtemps si je lui abandonne le choix. Je me mets en veille, en retrait, je fais abstraction.
Tu vois, mon découragement, je gémis moins, c’est pour te faire taire.

Perle Vallens

photo retouchée·poésie

Captcha

Captcha qui fait de moi 4 véhicules à moteur 
ou 3 arbres ou 5 panneaux indicateurs
La couleur de mon identité est rouge comme un camion de pompier
ou bleu comme un ciel sans nuage 
Sélectionnez l’image correcte 
Captcha à valider 
quel réflexe quel effet de lumière contourne le défaut d’authentification
de différenciation d’un humain qui aurait perdu son corps
qui l’aurait égaré entre le pouce préhenseur et l’index qui swipe
Non, je ne suis pas un robot 
Non, je ne suis pas un imposteur numérique
Là où je suis des racines poussent
et le vert devient plus vert que des milliers de pixels
sans oxygène
Perle Vallens