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Journal de résidence, quatrième jour

Vous m’en mettrez du quatorze et du bon de ce mois, ce franc pur massif qui n’attend pas la quatorzième heure pour dégainer ses chaleurs. 
Je m’évapore dans les pals du ventilo. Et dans les touches effacées du clavier. 
Je laisse un peu de ce moi liquide dans les mots. Un peu de leur humidité et de leur patience faute de temps pour que je flanche. Je suis un peu plus dense moins poisseuse à cause de la neige d’été, mate brume encore ce matin. 

Studieuse journée, fériée (4 jours de pont au diable vauvert, nous voilà quadruplement esseulés. Voir..).
J’avance dans ma narration, dans ma course de fond. Je procède par obstacles, un à un abaissés, par saut de haies. Si je me rétame, je me relève. Je marche ce qu’il faut de temps, de tempêtes anéanties avant métamorphose, avant arrasement du chapitre en cours. Je me dévie, je me dirige dans une autre direction, j’avance en crabe. Je me ralentis pour laisser le moteur refroidir. What else par ces jours caniculaires ? 

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Résidence d’écriture diabolique : jour 3

Éveil avant le soleil. Camions et engins agricoles déjà à pied d’œuvre soulèvent de grands nuages de poussière dans un ciel pâle, préambule à la brume qui gagne l’abord de la résidence. 
L’air est moite d’humidité, il bruine presque. A 7h30, il se dissipe, ne laissant derrière lui qu’un souvenir de fraîcheur vite évanoui. 
Je me laisse distraire par un tracteur qui passe, le cri aigu des grues. Un gros bourdon épris du vertige des hauteurs toque à la moustiquaire, en est quitte pour redescendre. La solution c’est les boules Quies. 

Mon compagnon d’écriture parti en vadrouille hier n’est pas rentré de la nuit. A l’heure du déjeuner (gazpacho andalou, tortilla de pimiento, melon), il me conte l’abrivado auquel il était convié. Les taureaux menés depuis la manade jusqu’aux arènes avant les courses taurines. Et les repas qui ont suivi, évidemment bien arrosés.

Qui va piano etc… C’est sans compter sur les bestioles en tout genre. Mon doigt est un bazooka sur moustique. Et je noierai dans l’alcool tout être ailé et mal intentionné. 
Dis, tu crois que pulvériser ce truc sur mes jambes me sauvera la peau ? 

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Résidence d’écriture, jour 2

Éveil au son double compte triple des oiseaux (je distingue les mouettes) et d’un âne qui chante l’aurore avant le coq plus tardif. Je suis encore embuée des vapeurs de whisky de la veille. On ne sait pas à quel point le whisky a la vapeur tenace et englue le cerveau. Un doliprane devrait taire ces acouphènes internes (grignotages d’insectes xylophages entre les oreilles).
Le café a charge exigeante de me fouetter le lobe frontal avant démarrage de l’ordinateur et de l’écriture ce matin.

Le whisky s’est évaporé finalement, après avoir joué les marteaux piqueurs dans mon crâne. A fini par se débiner dans les veines, s’est écoulé dans le sablier qu’on aurait secoué trop près de la tête. Sang lavé de tout soupçon supplémentaire, j’ai remis de l’ordre à l’intérieur et sur l’écran. 
Ce soir sera sobre et aqueux…

Actualité·Au Diable Vauvert·journal·Prix de la Nouvelle Erotique (PNE)·résidence d'écriture

Un journal d’été

Trois semaines en résidence d’écriture à la Laune, Vauvert, telle est l’une des récompenses en tant que lauréate du Prix de la Nouvelle Erotique. J’y suis accueillie par l’association organisatrice du concours, les Avocats du Diable, au sein du fief des éditions au diable vauvert.
Cette résidence studieuse démarre aujourd’hui. J’y poursuivrai l’écriture d’un roman que j’ai commencé ce printemps.
Je profiterai de chaque fin de journée pour rédiger sous forme de journal mes impressions quotidiennes que je posterai ici.
Je partage cette résidence avec un auteur de romans noirs, ou plutôt thrillers, parfois historiques, dont j’ai lu il y a peu le Manuscrit Robinson : Laurent Whale. Cet écrivain est d’un compagnonnage agréable. Nous avons partagé un premier repas à notre arrivée et nous allons siroter ce soir quelques boissons dans une « guinguette » non loin du lieu de résidence, en bordure du canal du midi.
Voici le poste de travail au sein du studio tout équipé où je vais oeuvrer.

écriture·Mater Atelier·poésie·vidéo·vidéo-poème·You Tube

Je te suis

Je te suis comme je t’ai toujours suivie
depuis le début
comme je te suivrai toujours
je te suis à la trace
je te déploie comme tu ouvres tes ailes
comme tu trouves les courants favorables
(tu t’ouvre aux)
l’air lourd qui te porte
droite courbe sinueuse
tu suivras ta route ligne ou lignée
tu seras celle que l’on suit comme guide
celle qui tient l’os (comme son ombre)
ceux qui t’aiment te suivront
de près
pas à pas
passe-passe ce tour de la vie
à suivre sa destinée
Perle Vallens

Sur consigne de Mélanie Leblanc pour Mater atelier

atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·poésie·prose

Attends !

Attends ! On nous espère comme on manipule 
ailleurs ou ici même c’est le règne de la peur
Attends ! On nous marchera dessus si l’on n’y prend garde
Passons les premiers par le trou de la serrure 
la chatière est encore trop grande pour nous cacher
Attends ! On nous forcera si l’on nous trouve
On nous veut jusqu’à la peau du dos
On nous vomit comme on nous désire 
Nous veules pourtant sans volonté que celle de rester seuls
de rester vivants voyants 
vibratiles de nos envies 
Ou autre chose que ni nous ni eux ne savent 
Perle Vallens

photo n&b·poésie

Décimée

Je suis comme ces arbres centenaires
décimée
par des incendies à répétition
consumée par chaque reprise de feu
j’ai trop brûlé
(jusqu’aux racines)
l’air que je respire suffit à embraser
d’un rien
l’humidité ne suffit pas à l’extinction
celui qui lance ses fausses alertes
celui qui démarre des brasiers
peut tout aussi bien s’attaquer au flanc
pour circonscrire par contre-feux
plus rien pour nourrir la flamme
tout est dans le contrôle (technique imparable)
jusqu’à ce jour où toute tentative de rallumage
se solde par une sécheresse durable
qui croit encore en la combustion spontanée ?
Perle Vallens