poésie·prose

Froid (bis)

J’ai beau faire, j’ai beau enfiler des fibres bien épaisses, fil de mohair ou de velours, rien ne réchauffe mon cuir trop fin. J’ai beau me couvrir de couches de tissus, de trucs molletonnés, de machins synthétiques, d’amoncellements de cellulose, polyester, acétate ou viscose, je reste frigorifiée. Gelée jusqu’à l’échine. Glacée à l’intérieur, bercée par un glas assassin. Percée d’un courant d’air sous la peau, une trouée dans les veines, que ni soie ni laine n’apaisent. Ton absence déchire tous mes vêtements, y laisse un grand trou noir. Eviscérée, je me consume hors toi, abandonnée par contumace. Je me suis brisée aux blocs de givre qui s’entassent à mesure que j’empile les épaisseurs denses, contisées d’ecchymoses, de lassitude, écrasée par un désert vide, sans horizon. Je ne suis qu’une petite chose à l’épiderme trop lisse, au souffle trop court, à l’estomac trop noué pour survivre à la faim (de toi). Je brûle encore mais dans ma banquise, mon igloo intérieur, je meurs de froid.
Perle Vallens

(publication d’un déjà vieux texte)

Actualité·poésie·prose·recueil·Tarmac éditions

Ceux qui m’aiment aux Editions Tarmac

Aujourd’hui 18 novembre paraît Ceux qui m’aiment, mon premier recueil aux éditions Tarmac. Prose poétique sur le thème des amants évoqués avec sarcasme et tendresse à la fois, dont quelques extraits ont été publiés sur la revue Lichen et sur la revue Labyrinthe[s. Ici, récap de ceux qui aiment ceux qui m’aiment, en revue ou sur les réseaux.
Il est disponible sur le site de l’éditeur ou auprès de votre libraire.

atelier Tiers Livre·écriture·photo couleur·poésie

Ciel d’argile

sans agitation les nuages ne montrent aucun signe d’animosité
sont d’immobiles argiles souples légères d’une clarté ambiguë
flottent en nappes déshabitées dans ce premier bain du jour
d’un gris de poussière pâli et confus comme brouillé
rien ne suinte rien ne perle ne déteint dans le silence
rien ne menace la contention du ciel en suspens
Perle Vallens

photo couleur·poésie

Nos désirs nos brisures

nos soifs taries
entre nos fuites
et ce bruit blanc
au fond des yeux
nos gorges ouvertes
nos cris épars
pillées nos sources
les sangs séchés
entre nos cuisses
se pressent ou s’opposent
nos élans nos envols
rien ne fuse en-deça
des chaos qu’on enferme
ce qui nous brise
en limite des brasiers
apprises et apprenantes
nos désirs restés
intacts mais inertes
sous la peau battue
de vents contraires
Perle Vallens