
Garde nues tes pages
mange-moi sur ce lit
je ne suis que de passage
à l’ombre de ta vie
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Garde nues tes pages
mange-moi sur ce lit
je ne suis que de passage
à l’ombre de ta vie
©Perle Vallens

La lumière rouge défile
le long de l’échine
la peau s’éparpille
lisse dans l’oubli
d’une main invisible
le cœur se déplisse
c’est toujours lui
c’est le même fétichisme
sous l’onde de choc
c’est l’asile intime
c’est la larme qui brille
et le sexe qui brûle
Que reste-t-il ?
Franchir l’accidentel
l’immanence du désir
dépasser les zébrures
traverser les lignes
continues du plaisir
©Perle Vallens
En écoute, ainsi que d’autres textes, sur soundloud :
Et réécouter David Bowie… https://www.youtube.com/watch?v=hv7Y7F-Q2KE
Avant dernier de la série steampunk érotique, Les mystères de Boulogne, l’épisode 7 est paru aux éditions B-Sensory et met en scène la journaliste-aventurière Nellie Bly qui se façon totalement imaginaire, rencontre Nikola Tesla juste avant l’inauguration de l’Exposition universelle de 1889 à Paris. L’histoire se poursuit également pour les autres personnages, Edouard Louandre en 1885 et Marguerite Fournier en 1888.

En voici un extrait :
« La jeune femme indécise était tentée d’en savoir davantage mais elle dut se rendre à l’évidence : Nikola Tesla ne dirait rien de plus sur la façon dont il avait voyagé depuis New-York. En revanche, elle s’intéressa de plus près à la situation politique et aux mouvements anarchistes. Elle soutenait les élans féministes, bien sûr, ainsi que les volontés libertaires. L’on prônait en outre la liberté sexuelle outre-Atlantique. La contraception faisait des progrès plus évidents que sur le vieux continent. Il lui avait été difficile de parler avec des hommes et des femmes depuis qu’elle était à Paris des fameuses « capotes anglaises », que l’on trouvait pourtant sous le manteau. Elle en avait acheté elle-même mais l’hypocrisie semblait être davantage de mise à Paris qu’à New-York. À moins, sans doute, de fréquenter certains quartiers… C’est dans l’un de ceux-là qu’elle avait croisé un dénommé Bébert, cicérone* de son état, entre autres multiples petits métiers qu’il exerçait en dilettante. Il connaissait bien les endroits dévergondés, les cabarets à la mode et il guidait, moyennant une somme modique, les amateurs d’émotions fortes dans ces lieux de débauche. La jeune femme lui avait promis un reportage dans un journal new-yorkais, laissant entendre qu’une clientèle fortunée accourrait bientôt les poches pleines d’argent. «

Ai-je cessé de vous aimer ? Non, vous n’avez pas changé et je n’ai pas changé – non plus. Une seule chose a changé : ma concentration névralgique sur vous. Vous n’avez pas cessé d’exister pour moi, j’ai cessé d’exister en vous. Mon heure avec vous s’est achevée, reste mon éternité avec vous. Oh, attardez-vous un peu là-dessus ! En dehors des passions, il y a encore l’immensité. C’est dans l’immensité qu’a lieu désormais notre rencontre.
Marina Tsvetaeva
Ce poème est un nouveau croisement, après celui-ci, entre deux sensibilités, entre la photographie et la poésie. Nouvel essai pour lequel le photographe Levantin a quelque peu retouché la photo initiale, plus douce, afin d’apporter une tension, une âcreté en phase avec le poème. Une collaboration à double sens donc cette fois-ci…


Il n’était pas là l’instant d’avant et maintenant, il prend toute la place. Il occupe tout l’espace.
Il avait quitté ma tête un moment. Je respirais sereinement, regardant loin devant dans la lumière blanche d’après midi. Et je l’ai senti, brusquement, brutalement. Sa tête à l’orée de la trachée, heurtant, cognant à l’huis de ma gorge. Un étau si large, un écho si grand. Lui au fond de ma poitrine, les cheveux chatouillant mes profondeurs, les yeux d’une fixité mobile, roulant dans mes entrailles, sa voix emprisonnée dans ma cage thoracique, les dents cliquetant entre deux côtes. Je me suis mise à suffoquer. L’air ne passait plus. Ni les sanglots. Ni les mots. J’ai voulu crier, lui dire qu’il me tuait mais aucun son n’est sorti.
J’étouffe en silence. Comprimée, si pleine de lui, j’expire, j’explose de l’intérieur.
Opération express requise. Arracher le cordon, vider le liquide dans la cuvette, cracher son propre sang, arracher ses organes. Chirurgie réparatrice d’urgence. Remplacer le cœur, il bat à contre temps. Sans oublier le sexe qui balbutie à contre sens.
©Perle Vallens

Je pose un mot sur l’autre, je les entasse bien serrés pour qu’ils me tiennent chaud. J’empile mes chagrins jusqu’à ce qu’il débordent. Je m’en couvre toute, ensevelie sous les phrases closes, sous les faux semblants et les sentiments masqués, sous les illusions dessillées.
La stèle vacille, menace ma raison qui glisse, lasse, au plus profond de l’amer. J’ignore les larmes de fonds, je m’exile volontaire, je délaisse le sens cassé de la mémoire, du bonheur passé, impossible à oublier.
J’ouvre le sas, presse le pas, graisse le doigt (dans la serrure) mais je suis dans une impasse. J’avance encore, jusqu’à la nasse. Pas encore la noyade, pas encore, pas encore… Mais le silence assourdissant que je ne peux assassiner.
©Perle Vallens

C’est un jeu, avait-il décrété. Un plaisir trouble qui plonge dans les arrières-pensées des coquettes. Le déshabillage et l’enfilage de vêtements est toujours un instant tissé de pudeur, de secrète intimité, de mystères voilés et qui, pourtant, tient de l’effeuillage.
La cabine est un lieu clos, sans porte véritable, sans verrou. D’un geste peut se dévoiler une semi-nudité teintée d’érotisme. Il tient à la fois du cabinet-cabaret où se donne une véritable représentation et du bar louche dans lequel se trament des actes licencieux. Derrière le rideau qui en constitue la seule fermeture, l’espace public du magasin est une tentation d’exhibition. Il suffirait d’entrebâiller la tenture. Il suffirait d’y convier un personnage, à commencer par la vendeuse. D’inviter un ou une inconnue que l’on aurait repéré d’abord, au prétexte d’un assentiment sur un nouveau vêtement, que l’on ajuste offrant à voir un décolleté, une chute de rein sur une robe ouverte. Elle pourrait requérir une aide, que l’on remonte la fermeture éclair, en passant insolemment les doigts entre le tissu et la peau. On jouerait des hanches, on tendrait les fesses, négligemment lissées par la main caressante. « Qu’en pensez-vous ? » La prunelle lancerait ses feux de détresse.
Pour bien faire, avait-il dit, il faudrait qu’elle arrive en premier dans ce lieu de perdition. Avant lui. Qu’elle identifie un ou une, qu’elle l’invite à donner son avis, in situ, avant que lui ne vienne risquer un œil par le pan pas tout à fait refermé du rideau. Voyeur de cette représentation d’un faux huis clos.
Il espérait des attouchements, des mains baladeuses, des frôlements indécents. Il les aurait…
©Perle Vallens

Cela clignote partout autour. Cela en devient aveuglant. C’est comme un avertisseur lumineux, une alerte, un phare dans la nuit.
Plusieurs lumières lointaines ou proches, si vives, si vivantes, ont menacé de s’éteindre, comme ça, brusquement. Il faudrait remplacer les AVCs par des LEDs pour éclairer plus fort, plus loin.
Et moi, pauvre luciole à demi éteinte, suspendue à l’interrupteur. Va-t-il s’éteindre ou s’allumer ? Pour éclairer quelle obscurité devrais-je luire ? Pour qui scintiller à nouveau ? Dans quel regard briller ?
©Perle Vallens

Voici le 6ème volet des Mystères de Boulogne, rebondissements sanglants en 1888, splendeurs et décadence en 1885, intrigues et complots en 1889… Le tout saupoudré d’éros teinté de fantasmagories et d’un zeste de soumission masculine, pour les amateurs du genre… C’est chez B.Sensory bien sûr !
« Le mariage de Louise et d’Anasztaz, son « prince » hongrois, s’organisa rapidement, même s’il fallut deux mois intensifs aux ateliers de couture Worth pour confectionner, dans les temps, la robe d’un jour. Elle était en satin duchesse ivoire, ornée de dentelles et de rubans ; le haut corseté surmontait un jupon orné d’une tournure étourdissante. Une pure merveille ! Marguerite en était presque jalouse, d’autant qu’elle n’avait pas les moyens de s’offrir un tel luxe. Et que son fiancé avait disparu… La jeune femme fut témoin de la cérémonie aux côtés d’un grand échalas taciturne, un autrichien nommé Bahr, ami d’Anasztaz. Front bas et dégarni, œil d’aigle et bec d’oiseau, des mains comme des serres, il se tenait légèrement voûté à côté du futur marié. Louise rayonnait à faire pâlir les vitraux de l’église, à faire damner les Saints sculptés dans le marbre. En génuflexion, elle avait l’air d’un ange, d’une communiante un peu trop richement parée. Elle faisait ainsi illusion, quoi de plus naturel auprès de son mage ! Mais certains savaient bien quelle coquine se dissimulait sous l’étoffe virginale. Juillet fut un mois propice à la gaieté et au farniente, hissés par Louise au rang d’art de vivre. Le voyage de noces était prévu en Tasmanie, Anasztaz avait tout organisé et curieusement, avant même leur rencontre, mais la jeune mariée était bien trop éprise pour y voir une quelconque bizarrerie. (…) »