poésie

Fille de novembre

November Girl by Sam Haskins (1967)
November Girl by Sam Haskins (1967)

Le ciel croule sous l’errance noire
d’un toit infini qui s’enroule
en lierre de pluie
défausse profonde de l’espoir

La fille déroule
sa peau de chagrin
écorchée vive
menu larcin
le cœur vidé
et les mains pleines
d’amour usurier

Lourd dessein
d’un hiver
sans fin
©Perle Vallens

Erotisme

Au musée (3)

Lina_Scheynius
Lina_Scheynius

Je reçois un nouveau message. « Suis-le ».
– Pouvez-vous m’accompagner aux toilettes, je ne me sens pas très bien, je crois que je vais me trouver mal.
Je chancelle et me raccroche à lui. Je lui dis que je ne me sens pas bien, que je vais me trouver mal, que la tête me tourne.
– s’il vous plaît, vite, aux toilettes
Par chance, elles ne sont pas très éloignées, il rechigne un peu mais daigne quitter son poste quelques minutes. Il me soutient, a passé son bras sous mon aisselle. Je  respire avec difficulté, a la façon d’une asthmatique, je semble manquer d’air.
« Allume-le et masturbe toi devant lui » intime un nouveau message.
Il presse le pas, me traînant presque. Je cale mon pas sur le sien. J’implore devant la porte. Qu’il entre avec moi, j’ai peur, j’ai besoin de son aide. Me passer de l’eau sur le visage.
Il hésite puis me fais entrer. Ma tête repose sur son épaule et je m’agrippe à lui. Il ouvre le robinet et passe sa main mouillée sur mon front.
Je déboutonne au niveau de ma poitrine le tissu qui me comprime. Et passe l’eau de mon visage sur ma gorge. Ma main se resserre autour de son bras.
– Je vais faire un malaise. Il faut que je m’allonge.
Je me laisse glisser a ses pieds en frôlant de mon visage son entrejambe. Je m’étends bras en croix, relève mes jambes tremblantes.
– Aidez-moi. Levez.. mes jambes.
Il se rapproche, empoigne mes chevilles et s’arc-boute au dessus de moi. Nous nous regardons en silence quelque longues secondes.
– Plus.. haut. Verticales…
Ma jupe glisse peu à peu le long de mes cuisses. J’attrape ses mollets. Je relève mon bassin et la jupe glisse plus bas. Il doit avoir pleine de vue sur mon entrejambe, il perçoit certainement la probable humidité visible sur le voile transparent de la culotte. Je replie une jambe et pose mon pied nu sur la ceinture de son pantalon, puis sur la boursouflure qui se dessine insensiblement. Je le fixe intensément, en poussant et frottant mon pied à l’intersection de ses jambes et pose une main sur la culotte. Il ne peut plus avoir de doute. J’écarte l’élastique et lui laisse entrevoir ma chatte trempée, dans laquelle disparaît une phalange. J’astique mon clitoris, j’obéis à la demande, j’allume et me masturbe. La tête me tourne vraiment, le plafond devient flou, le visage de l’homme, halluciné, aussi. J’accélère la course de mon doigt et j’explose en plein vol, contre le plafond, le sexe sur le nez du gardien, bouche bée.
©Perle Vallens

Lire ou relire au musée et au musée (2)

poésie

Perle dans la pluie

pluie perles

Boîte de Pandore refermée
remisés les derniers rêves
foulés aux pieds

Chair encapsulée
rien à cirer, cachetée
sans ouvre-boîte
ni boîte-à-lettres
Oblitération sans foi
ni toi

Jeter au silence
les derniers maux
comme aux orties
lacérés
aux barbelés

Jeter au puits
verser à l’oubli
les voyelles tues
de trop aimer
les mots froissés
une boule
sous la peau
une perle
dans la pluie
©Perle Vallens

Erotisme

Billard

billard

Devant la table massive qui mêle le bois lisse et brillant au revêtement vert, elle attend. Jambes tendues, légèrement écartées, jupe à mi cuisses, chemisier boutonné juste sous la naissance des seins, elle fait semblant d’ignorer les regards lourds qu’elle sent sur elle. Encore relativement décente et sage pour le moment, elle a les moyens de garder un certaine contenance, même si le sang bout déjà dans ses veines.
La salle n’est pas pleine, elle n’est pas la seule femme. Elle est en revanche toute seule et focalise sur elle l’attention des hommes, que sans doute inconsciemment elle appelle de ses voeux. Oui, mais non. Elle aime qu’on la regarde et elle est dans le déni à la fois. Non, non, personne ne la regarde. Eux jouent déjà… Ses pensées s’entrechoquent. Elle s’impatiente. Un homme d’une table voisine la frôle, heurte son épaule, s’excuse. Elle esquisse un sourire. Elle aimerait qu’il soit déjà là mais il se fait attendre.
Les boules sont posées devant elle, dans le triangle, les deux queues sur la table. Elle en prend une en main, lisse le bois de la pulpe de son index, la pose à côté d’elle, comme une canne.
D’une marche rapide il franchit enfin le seuil de la salle et se dirige vers elle yeux pétillants, large sourire, pour venir cueillir un baiser, sucer ses lèvres et les mordre au sang. Elle ne parvient à étouffer un couinement aigu.
Il saisit d’une main l’un de ses tétons qu’il pince à travers le chemisier et passe l’autre main sous sa jupe afin de contrôler l’effet produit, celui d’une humidité patente dans une ouverture naissante. Il se saisit de la seconde queue de billard et prend du recul, en pose la pointe dans l’échancrure, puis fait glisser l’embout le long de son ventre jusqu’à l’intersection de ses cuisses, sans la quitter des yeux. Manière de viser l’emplacement du clitoris et d’exercer une pression imperceptible. Et infiniment troublante.
Cette fois, elle est sûre que les groupes d’hommes les plus proches la dévisagent. Elle sent le rouge lui monter aux joues.
– A toi de jouer, dit-il.
Elle ôte le triangle et « casse », en se penchant légèrement au dessus de la table. Le jeu a commencé. Il passe une main sur sa nuque, saisit ses cheveux et abaisse son buste, il observe alentours,contrôle la visibilité de son décolleté. Insuffisant. Il lui demande de déboutonner davantage. Elle devine ce que pourrait être sa prochaine requête : elle devra enlever sa culotte et la poser sur la table. Elle sent des yeux rivés sur elle, elle prend alors son courage à deux mains et fait glisser la culotte, qui atterrit sur la table. Elle essaie de la dissimuler dans un coin. L’impression qu’on ne voit que la dentelle noire, pourtant. Il désigne une boule à jouer à l’autre bout de la table. Il lui demande de s’allonger, jusqu’à poser ses seins sur le tapis vert, en écartant les jambes. Tous les regards mâles braqués sur elle.
A nouveau, elle sent sa main sur son intimité, il la pénètre d’un doigt, collé contre elle. Il fait cela de façon discrète, presqu’invisible mais personne n’est dupe. Elle frémit et son souffle se fait plus court. Elle manque la boule bien entendu.

Actualité·B-Sensory·Erotisme·Nouvelle

La femme chocolat, nouvelle lauréate de B-Sensory/Paradise Boutik

AT-Paradise-Resultat

« L’appel à textes organisé avec la complicité de Paradise Boutik s’est achevé ce lundi 30 octobre par la victoire sans partage de la nouvelle « la femme chocolat » de Perle Vallens. Parmi les nombreuses nouvelles reçues, au total 6  textes ont été choisis pour être publiés aux Editions B.Sensory, vous pouvez dès à présent les retrouver dans la sélection : Paradise Boutik.

Dans sa nouvelle, Perle Vallens nous sert sur un plateau le délicat parallèle entre la cuisine et une histoire d’amour, sensuelle, charnelle, passionnée au sein de la brigade de la cuisine d’un grand restaurant.

Cette nouvelle est à déguster gratuitement et sans modération pendant 1 semaine dans l’application B.Sensory ! »

Cette narration « messy », mêlant plaisirs de la chère et de la chair, se déroule entre une jeune apprentie, commis de cuisine et le second, qui la prend sous son aile, et plus puisqu’affinités…

 

Actualité·B-Sensory·Erotisme·steampunk

Les mystères de Boulogne, volet 5

mysteres-de-boulogne 5

Dans ce cinquième volet des mystères de Boulogne édité chez B-Sensory, la « chaise à voyager » envoie deux protagonistes, Edouard Louandre et Nikola Tesla, à deux périodes différentes, dans Paris. Le premier y fête les funérailles de Victor Hugo à sa façon et le génie serbe retrouve son vieil ami Eugène Fourny, le père de Marguerite, à la veille de l’Exposition Universelle. Un complot anarchiste à déjouer ?
Entre bas-fonds et brillance, Paris sera toujours… Paris !

 » Le scientifique haussa les épaules en se détournant. La maison Fourny commençait à trouver l’homme pénible, en dépit de son génie et de sa vivacité d’esprit. La missive codée avait été acheminée aussitôt et Gaston Barbe l’avait fait déchiffrer par le jeune Fréhel. Ce garçon était décidément très doué. Eugène Fourny y dévoilait les identités de certains personnages, peut-être bien ceux qu’Edouard Louandre avait surpris. Il demandait une surveillance rapprochée. C’était là un élément auquel personne n’avait vraiment songé : le chimiste était en mesure de savoir précisément ce qui se produirait entre la date actuelle et mai 1889, mais il avait, en transmettant ce message, le privilège de modifier les événements à venir ! Les esprits s’échauffaient, les perspectives économiques et politiques étaient énormes, et leur implication allait modifier l’avenir ! Cette révélation fit l’effet d’une bombe et l’effervescence gagna tous les membres de l’organisation. Il était proprement incroyable que personne n’y ait pensé avant. Arthur Bertaud en avait, lui, conscience depuis longtemps et craignait désormais que cette évidence n’ait des conséquences fâcheuses. Qui sait quelles utilisations la « chaise à voyager » pouvaient susciter ? Et quelles en seraient les motivations, hautes idées ou basses pensées, pécuniairement ou égoïstement intéressées ? Il regrettait bien que Gaston Barbe ait partagé avec tous cette fulgurance. De fait, Edouard Louandre entrevoyait d’infinies possibilités,… »

La suite est à lire sur B-Sensory.