Emotion·poésie Star wall 15 septembre 201818 septembre 2018 Perle VallensLaisser un commentaire Etoiles – Georges Méliès (A la conquête du pôle, 1912 © Collection Cinémathèque Méliès) Les étoiles en chapelet dans la houle de la nuit brillent en foule. Elles sillonnent le ciel en longues lanières, en lianes scintillantes. L’armée des vœux s’avance. Elle gronde en nuée silencieuse, en vocalise ronflante, s’accroche au mur en cascade de feu, brise le noir d’éclats lumineux jetés aux âmes. Des rêves et des espoirs. ©Perle Vallens
Erotisme·poésie Cuisinée 12 septembre 201812 septembre 2018 Perle VallensUn commentaire Ruth Bernard – Embryo (1934) Feu follet flamme molle cuisson douce sous l’assiette fils serrés sur la fille poinçonnée à l’ancienne ça brille dur ! Friture d’oeillades avant yeux brouillés ©Perle Vallens
Emotion·poésie Cérulé 10 septembre 201810 septembre 2018 Perle VallensLaisser un commentaire Jaroslav Rossler – autoportrait (Centre Pompidou – Musée national d’art moderne) Ses yeux sont clairs et lumineux, comme la rencontre du ciel et de la mer. Une rencontre d’eau pour s’immerger et nager. Quitte à perdre pied. Un regard insulaire. Un regard qui tremble un peu. Un regard de prière. Un regard qui désarme et repose. Un regard qui reflète. Un regard de mémoire. Un regard de fraîcheur. Un regard que l’on boit à grand trait. Et que l’on mange aussi parfois. Un regard à mastiquer du bout des cils. Un regard de sel et de poivre. Un regard de miel. Un regard umami. Un regard qui pèse et prend appui. Un regard emporte comme une vague, comme un nuage, comme un chant. Un regard qui tranche et traverse l’épiderme. Un regard dans lequel disparaître et s’engloutir toute entière. Des fois je me demande comment sortir de ce regard. ©Perle Vallens
Non classé Echo 8 septembre 20188 septembre 2018 Perle VallensLaisser un commentaire Salvador Dali – The Morphological Echo, 1936 L’écho n’a rien à dire. Pas par timidité, par ennui, par manque d’objet, par manque d’intention et de motivation. Il fait silence jusqu’à ce que quelqu’un parle. Comme tous ceux qui n’ont rien à dire, il répéte à l’envi, de sa grosse voix qui s’amenuise à mesure que plus personne ne l’écoute. A la fin, il murmure quelque chose que l’on a déjà oublié. A la fin, il se tait enfin. A trop répéter, on n’est plus entendu. ©Perle Vallens
Emotion·poésie Ex (nihilo) 6 septembre 20185 septembre 2018 Perle Vallens2 commentaires Raoul Ubac – Penthésilée III (fragment), 1937 Exciser la pensée mot à mot Exister au-delà de soi-même Exiler la mémoire dans un recoin perdu Extirper les fleurs assassines Exhumer les flots de folie douce Exaucer des vœux inconnus Expier la douleur et les doutes Exfolier les peurs et l’absence Exécuter toutes les peines Expirer son dernier souffle amer Exhaler un nouvel air Exulter à nouveau ©Perle Vallens
Emotion·poésie Rêve (1) 2 septembre 20182 septembre 2018 Perle Vallens2 commentaires Les rêves nichent sans pépier les plumes en l’air et les ailes repliées un pied dans le sommeil un autre au loin un souffle plus long s’avance plein phare un salut lointain pour guider dans la nuit un faisceau d’images en nuées floues la migration s’efface aux premières lueurs fonte lente dans les gouttelettes de l’aube ©Perle Vallens
Emotion·nature·poésie Parade d’été 2 septembre 2018 Perle VallensLaisser un commentaire Il passe aux rayons la ligne d’horizon, un fouillis de couleurs. Il sait ce que doit le ciel à la mer. A moins que ce ne soit l’inverse. Et le soleil se tait. Arbitre d’aucune élégance. ©Perle Vallens
Emotion·Erotisme·poésie Temps 26 août 201822 août 2018 Perle VallensLaisser un commentaire Man Ray – Lydia et les mannequins 1932 Temps de latence, dans les draps blancs Temps des errements, des souffles lents Temps de l’attente, fausse nonchalance Temps chancelant, comme un flottement Temps des silences, désirs violents Temps désarmant, tant d’impatience ©Perle Vallens
Emotion·poésie Marathon man 26 août 201821 août 2018 Perle VallensLaisser un commentaire Le liseré du ciel flotte, mobile. La ligne fluide de l’horizon s’allonge, saoule de soleil. La paupière s’ajuste autour de l’oeil, ajoute de la lumière, une trouée pour aller plus loin, partir. Marcher, manger l’amer de la route, sa lenteur à digérer. S’enfoncer dans le sol, plus glaise que sable, zèle d’arpenteur. Lever le pied sous l’allonge vertébrale. Avaler son kilomètre bien frappé. Avancer, se hisser, s’adosser aux nuages. Tisser sa propre corde, sanglé dans ses certitudes. Bien placer ses pas dans les traces de peur de butter, de trébucher. Les parques te relèveront, tôt ou tard pour te montrer la bonne direction. ©Perle Vallens
Emotion·Erotisme Un souvenir 23 août 201823 août 2018 Perle VallensLaisser un commentaire Auguste Rodin – Amour et Psychée Je repense à cet après, dans la fraîcheur des draps blancs. J’ai aimé alors cette sensation de ta force déployée, de ton corps pesant sur le mien, m’immobilisant, m’obligeant à rester collée à toi, dans cette intimité de peaux, de sueur, de fluides en coulures séchées ou encore humides. Nos jambes entremêlées, tes mollets emprisonnant mes cuisses pour que je ne m’enfuis pas, que je reste là, le nez enfoui dans ton ventre, le nez plongeant, fouissant dans ton odeur, les joues caressant les poils. Comme un apaisement entre deux larmes noires en sillons sur mon visage. Parfois, j’y repense comme à un rituel qui adoucirait mes peines, mes doutes et le manque de toi… ©Perle Vallens