Actualité·écopoétique·exposition·poésie

Exposition d’un poème avec le collectif foehn au centre Wangari à Paris

Dans le cadre de l’exposition « Sous les pavés les arbres » organisé par le collectif foehn, j’aurais le plaisir d’exposer un poème, visible durant la durée de l’exposition du 12 septembre au 31 octobre 2025 au centre Wangari à Paris. Le 12 septembre, durant le vernissage, quelques textes seront lus (je ne pourrai malheureusement pas y être).

Fœhn est un collectif d’écopoésie fondé en 2024 par les poètes.ses Dorsène (Vroum), Florian Bardou (Lunatique), Selim-a Atallah Chettaoui (10 pages au carré, La contre allée) et l’artiste visuelle Zohra Mrad. Leurs activités se déclinent sous deux formes : d’une part une micro-revue imprimée d’une vingtaine de pages et de l’autre, des événements pluridisciplinaires, mêlant arts, poésie et sciences humaines et sociales, qui en sont le prolongement performé. Ils envisagent leur activité événementielle, au-delà de la poésie, comme un dispositif d’art social permettant de créer des espaces de création, de rencontres et de transmission autour des thématiques écologiques, dans une démarche intersectionnelle.

Actualité·lecture·poésie

Scène ouverte du Stade poétique à Aubagne le 13 septembre

Reprise des scène ouvertes (ça faisait longtemps), la première aura lieu le 13 septembre à Aubagne à la librairie Les furtifs, après l’atelier d’écriture, début des lectures et performances à 16h30. J’y lirai des poèmes inédits sur le thème de l’arbre, dont des extraits d’un texte à paraître prochainement en revue. A suivre…

atelier Laura Vazquez·écopoétique·écriture·photo n&b·poésie

la peau des plantes

On dirait qu’elles se taisent
mais c’est qu’on ne les entend pas

Écoutez
Elles glissent
progressives dans le silence

il n’y a que la distance sous nos pas
un grand espace tout autour
un ciel

Ecoutez
La terre respire encore
elle rebrousse calcinée
les racines frémissantes
le sol relate une histoire
à laquelle nous croyons

Ecoutez bien
pour retenir les mouvements cachés
dans l’immobilité

Leur souvenir repousse fragile
dans nos veines
tiges hautes nous atteignent
de plein fouet

Ecoutez toujours
le déjà là des apparences
le dessous révèle leurs vies

inventaire
d’ombres
dépliées

plissé se fripe un pétale
dans l’air froissé

Ecoutez la pleine peau des plantes

Perle Vallens

100 jours·écriture·photo couleur·poésie

Fin de saison

Le soleil a perdu un peu de son arrogance
son feu brûlant de bouche sauvage a laissé la place
à une indolence de fin de saison
monté droit au-dessus des jeux de massacre humains
étale sa monarchie absolue sur nos épaules à fines bretelles décalquées
rayonne comme un roi céleste sur son monde et nous minuscules
essuyons nos fronts des dernières suées d’été
Regarde : le crépuscule caractériel
résiste encore de ses rayons plus frais pour nous garder
dans son emprise mystérieuse mi chienne mi louve
sa gueule béante se referme avec les heures effilochées
je sais qu’on en perd le fil chaque jour des minutes tombées
dans l’escarcelle de l’automne à venir

Perle Vallens

#100 jours d’écriture, jour 71

atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·prose

Vieillissement

Je me vois vieillir.

Je vois d’autres visages vieillissant. 

J’en vois sur les sentiers de campagne et entre les feuillages des forêts. 

J’en vois sur les trottoirs et dans les surfaces vitrées des villes, des reflets de rides dans les vitrines, des regards fatigués. 

Je vois des gens qui peinent à marcher. Je vois leur peau fripée, comme écorce craquelée, leur chevelure rêche, leur crâne dégarni. Les feuilles mortes à leur pied. 

Tout le monde vieillit, les arbres aussi, leurs branches sèches, leur tronc tordu, toujours debout, certains sont très âgés, bien plus que moi. 

Les plantes vieillissent, celles qui durent une saison et les vivaces qui s’enfouissent en terre, s’y reposent avant renaissance. 

J’aimerais bien moi aussi renaître. Ce sursaut d’énergie qu’un être parfois nous apporte. 

Je m’allonge sur le rocher sans âge chauffé à blanc dans la lumière d’été. Je me serre contre ce chêne, ses hanches larges, sa solidité, sa solitude. Je me couche dans les herbes qu’on dit mauvaises et c’est un réconfort. 

Nos peaux nous trahissent. Nos articulations, nos muscles, nos organes fragiles nous lâchent et la vie nous essouffle. Le vieillissement du corps nous blesse. 

Toi aussi tu vieillis. Et toi. Et toi. Tous nous vieillissons, tandis que d’autres naissent. 

Perle Vallens