La revue de poésie Lichen a sorti un hors-série « confinement » ce mois d’avril 2020. La nouveauté par rapport à d’habitude réside dans la présence de photographies venant illustrer les poèmes. Signaux de phare a été sélectionné, texte et photo.
Restez (encore un peu) chez vous et prenez soin de vous !
Catégorie : Actualité
Poésie sauvage (réanimer la poésie)

Habiller les vitrines de producteurs, d’artisans, les murs de l’immeuble d’à-côté, de la maison de village, ensauvager la ville de notre poésie…
Slam Dis-moi dix mots – Douleur cash

Universlam est fier de vous présenter la troupe « Dis-moi DIX mondes » qui interprétera un florilège des textes écrits dans le cadre de « Dis moi DIX mots au fil de l’eau», une initiative du ministère de la Culture et de la Communication.
Le jeu, c’est la poésie…orale. Les slameuses et les slameurs se lâchent dans la langue de Molière. Jeux de mots, flots de syllabes, voix douces, tremblantes, fortes et saccadées. Ou quand de simples citoyens font de l’oralité le terreau de leurs élans artistiques.
Le spectacle est suivi par une scène ouverte. Grignotages sur place.
Tel : 01 40 38 87 97
Après l’oralité, la version papier ! Choisir de partir a été retenu parmi les textes reçus et sera édité aux côtés de 39 autres slams.
Hors concours, hors thème mais avec les 10 mots quand même, voici en audio, Douleur cash :
Dis-moi dix mots : A main levée

Le texte A main levée a été retenu aux côtés de 4 autres narrations par l’équipe Anagramme organisatrice du concours « Dis-moi dix mots ». Il sera lu lors la soirée d’inauguration, préambule aux lectures radiophoniques des trois lauréats. Celle-ci aura lieu à la Tête Bleue à Grenoble le jeudi 11 avril 2019 à 19h. Voici les premières lignes de A main levée :
La peau était vierge sous la lumière pâle de la lampe qui éclairait d’un halo soyeux le double sillon des omoplates. Les cheveux noirs, raides, se rangeaient de chaque côté de la nuque, qu’une raie départageait, et retombaient par dessus les épaules. Le dos était parfaitement dégagé, magnifique dans son opale nudité.
La page blanche sur laquelle l’homme s’apprêtait à écrire tremblait légèrement. L’épiderme soulevé de vagues s’apaisa. Il y passa la main pour lisser les dernières ondulations. La caresse arracha un ultime frisson qui redescendit en vibrations le long de la colonne, jusqu’au creux des reins animé d’une petite fossette tout sourire. Les fesses en contrebas, fermes et charnues, ne bougeaient pas.
(…)
©Perle Vallens
Edit « A main levée » s’écoute sur soundcloud
https://soundcloud.com/user-632733430/a-main-levee-perle-vallens
Fissure

Hier, j’étais lovée dans un rêve qui durait et durait. Cela faisait des compresses enveloppantes, des envolées de douceur, un bandage velouté tout autour. C’était chaud, rassurant. Une bulle d’air, légère. Il me semblait flotter, loin de tout, loin du monde, loin de moi.
Hier, en plein rêve, j’ai pactisé avec la réalité, une claque qui te décolle, froide, nette, sans bavure, ni trace. Et la bulle d’air a crevé.
©Perle Vallens
paru dans Revue Méninge #13 « Pacifier ».
« Fissure » et « Dura pax sed pax » dans Revue Méninge #13

Revue Méninge #13 accueille deux textes sur le thèmes « Pacifier » : « Fissure » et « Dura pax sed pax ». A lire en version papier ou en libre accès sur le site de la revue, par là. Coup de coeur pour les textes de Maud Bosser…
« Tout baigne » dans Revue Méninge #12 « Crachement »

Cracher ses mots ou sa foi, sa colère, ses émois, cracher dans la soupe aussi parfois…
« Crachement » est le thème de Revue Méninge #12, à lire en version papier par ici, ou en libre accès sur le site de la revue, par là. « Tout baigne » est le poème sélectionné par l’équipe éditoriale de la revue, aux côtés, entre autres, d’un graphique et sonore texte de Florent Paudeleux, « Déboucher », et d’un très court poème de Delphine Burnod, sans titre.
Un an, beaucoup de dents

Attrape-rêves a déjà un an. Quelques 130 billets, érotisme et surtout poésie, après que l’écriture soit devenue publique, il y a un environ an et demi.
Merci aux revues littéraires, photographes, éditeurs avec lesquels il y a eu quelques premières collaborations. D’autres sont à venir…
Merci surtout aux lecteurs, fidèles ou occasionnels qui passent par ici.
Osez 20 histoires de candaulisme – La Musardine

Vient de paraître chez La Musardine le nouveau recueil de nouvelles de la collection « Osez 20 histoires » sur le thème du candaulisme. J’y signe notamment un récit narré par une femme qui assiste aux ébats de son amant avec une autre femme. Comment ? Pourquoi ? Avec quelles émotions ? Quelle intensité vécue ? C’est ce que l’on découvrira dans Les larmes de Candaule. Le recueil fraîchement édité est disponible ici.
En voici un extrait :
« L’attente fait monter le désir d’habitude mais je me sens fébrile, les mains moites, anxieuse comme rarement. Je gigote sur ma chaise, croise une jambe, puis l’autre, je tire sur mes bas vers le haut, ma jupe vers le bas. La porte s’ouvre enfin. Ils entrent tous deux, ils me scrutent. Lui à peine, il fait dévier son regard vers autre chose, le lit, le sol, le mur, en m’évitant soigneusement. Il semble plus gêné que moi. Elle en revanche, m’observe avec attention et une pointe de désir s’allume dans sa pupille. La situation l’excite ! Elle s’approche avec un chaloupé étudié, une langueur de chatte. Elle m’embrasse. Le velouté de ses lèvres sur ma joue et la douceur de sa voix calment la tempête qui gronde dans mes veines.
– Bonjour, merci de m’avoir invitée et de m’avoir fait confiance. J’espère que tu auras autant de plaisir que nous.
(…) »
Ma langue

Ma langue te parle
quand elle a faim
elle fixe des rendez-vous
des prétextes pour se glisser
dans l’interstice
pour une danse entre tes dents
Tourner sept fois
ma langue
dans ta bouche
y glisser les mots
les aveux des sourds
ta voix en écho
qui traverse l’onde
Y lire le temps qui défile
dans le sens de tes aiguilles
avant la morsure
de ma langue pendue
au bord des lèvres
en errances fébriles
en brèves flottaisons
Bouche cousue
à toi, je tangue
Je vogue dans tes eaux
cela coule en lents flots
en flambeaux
au fond de ma gorge
Ma langue tremble
avant d’en découdre
chairs au coude à coude
bouches soudées
aux bordures indécentes
Ma langue brode
avide sur tes joues
Ma langue dessine
sur ton corps
des histoires à jouir
des portes à ouvrir
des miroirs qui en disent
long
des contes à ne pas dormir
du tout !
Ma langue tendue
en chemin tortueux
en cercles invertis
en lignes continues
en tracés pointilleux
Ma langue dépliée
dévide l’instant
au fil de salive
suit la ligne
du vertige
dévoile
l’aventure profonde
l’évident appel
du ventre
Ma langue commet
un délice d’initiée
Elle connaît l’endroit des désirs
à l’envers de la peau
Elle se sait adroite
collée à ta viande
suspendue à tes rives
quand monte la sève
quand se dresse l’envie
Ma langue brûle
une lave violente
une vague de plomb
qui fond en rivières
qui bave tout le long
en amont de tes rêves
à l’aval de ton nom
Ma langue ne tourne pas
en rond
Ma langue brouille
les pistes
elle fouille et brille
déplisse le sillon
espère le plus lisse
lape ce qui luit
et poursuit l’ascension
Ma langue ne se trompe pas
d’adoration
©Perle Vallens
Lu lors de la Nuit de la lecture érotique à Marseille. A retrouver en voix sur soundcloud.