
Un voile se déchire
Les nuages se sont tus
juste avant l’orage
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Un voile se déchire
Les nuages se sont tus
juste avant l’orage
©Perle Vallens

Add-moi. Pin-moi.Tweete si tu me likes
Ma life en MP si tu me spam.
Selfie so sex au bout du curseur
cramée l’échancrure éclate en surex
touchée dans le flood
Meet-moi direct. Mon avatar en 3D
Booking now, chambre d’hôtel
et chair irl
Tu y crois à la réalité augmentée
aux pixels ajoutés, à l’amour virtuel
Gamer joue encore
Pulsation de lumière bleue on the cloud
par toutes les fenêtres ouvertes
Tu n’échappes pas au bug
Données invalides d’un cœur hacké
Il ne reste plus qu’à verrouiller
à supprimer les codes d’accès
jusqu’à ce que la mémoire explose
que les mots éclatent
sur la bande passante
Reboot si tu peux
©Perle Vallens

Un clic
un like
une traque éperdue quitte à s’énucléer
des traces du cœur dans l’orbite
à faire déborder tous les racks
Tu peux toujours creuser à même les connexions
trier les marques, les statuts, les amis en échos
accords et désaccords, bribes binaires de fausse humanité
t’offrir une résistance sur un plateau
Qu’est-ce que tu risques ?
Black-listé, une éclipse d’écran noir
pris dans les phares de l’époque
L’organique se perd dans la continuité numérique
Mieux vaut extirper les rêves coincés dans les algorithmes
où restent une respiration, une réalité, une présence vraie
Mieux vaut s’extraire de la virtualité, retrouver le tumulte de la vie
©Perle Vallens

Tricoter la route
un pas dessus un pas dessous
sur un chemin rebrodé de verdure
©Perle Vallens

J’ai remis ma peau
celle d’hiver, celle déchirée
celle qui se détache de moi aux coutures
celle d’ourse mal léchée, de chair invendue
celle qui pelait sur le billot
celle qui pesait si lourd
celle qui n’a jamais bien collé aux os
celle floue effilochée
celle trouée de morsures
de morceaux d’histoires
J’ai remis ma peau pour voir
ce qu’elle vaut
©Perle Vallens

Crocs contre cri
chair contre chuchotement
La chasse était ouverte
La proie était promise
Il suffisait de tendre les mains, d’ouvrir les serres, de refermer les poings
Il suffisait d’un baiser avec les dents
©Perle Vallens

Les souvenirs, les amis, une vie pour demain
des amours en veux-tu en voilà, des histoires sans lendemain
des enfants comme accélérateur de bonheur
des talents de pochette-surprise
des vices et des vertus au bout des doigts
des fleuves longs comme le bras
et des yeux pour pleurer
On n’a rien oublié, c’est commandé depuis longtemps
Tu sais trop bien ce que tu dois à tes parents
Tu n’as plus qu’à cocher dans la liste et attendre au comptoir
La facture, le prix à payer ce sera pour plus tard
On fournit les mouchoirs mais tu y crois
Tout est pesé, ratissé, espéré
Tout est bien emballé, étiqueté, prêt à emporter
Mais il te faudra apprendre à cuisiner
On te l’a dit, la vie ça se mange en entier
comme on ronge son frein
jusqu’à l’os
Tu y gagnes un dentier
des crocs tout neufs pour mordre dedans
quitte à t’y casser les dents
©Perle Vallens

Lige de la main absente, la cherchant dans la brume de l’esprit, dans le brouhaha des mots qui m’encerclent et me cernent de leur absurdité. Je n’écoute pas, je n’entends rien, je vois le geste, je sais les gemmes égarées, j’espère les jeux de jadis. Je marche dans mon couloir, des lignes de doute et d’ardence mêlés, des arpents inquiets en lieu clos, la cour de toutes mes attentes. Le cœur comme seul guide.
Je courrai si je pouvais accélérer le chant des floraisons. Je courrai si je pouvais me rapprocher de la bouche qui étanche. La patience n’est pas l’arme que l’on pense. A son tranchant j’adosse le gel glacé de mon espoir. A son éclat sombre, j’embrasse la lumière noire.
Il fait froid dans l’antichambre du désir.
©Perle Vallens

Combiner la bouche au silence
Un bruit de clés entre les dents
De la colle sur la langue pour retenir les baisers
©Perle Vallens

L’afflux suinte à la plaie
Les pluies ravinent l’âme
ravalent les eaux vives
La sciure dissoute dans les os
dilue la fausse lumière
Les flots s’affolent, s’étoilent
se crispent en rayons oubliés
dessinent un prisme, une auréole
Le soleil brille en surface
laisse la trace des anciens mythes
affleurer au bord des yeux
©Perle Vallens